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Dix petits nègres, publié en 1939, est probablement le plus célèbre des romans policiers écrits par Agatha Christie.
Il est connu, en anglais, sous deux titres différents : Ten Little Niggers (version britannique, conforme au titre de la chanson de 1869) et Ten Little Indians (version américaine, calquée sur le titre de la chanson de 1868, et par ailleurs jugée plus « politiquement correcte »).
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Huit personnes d'horizons très différents sont invitées par un mystérieux personnage, à venir séjourner dans une villa située dans l'île du Nègre, perdue au bord de la côte du Devon. Elles n'y retrouvent pas leur hôte, mais seulement un couple de domestiques qui, pas plus que les invités, ne connaît le ou la mystérieux (se) A. N. O'Nyme. S'ensuit une série de dix meurtres apparemment inexplicables, tous calqués sur une célèbre comptine anglaise (Ten Little Niggers). L'explication sera finalement donnée par une confession écrite par l'assassin et jetée dans une bouteille à la mer.
Dans la version théâtrale, seuls huit meurtres sont commis, les deux derniers petits nègres/indiens parvenant à survivre au plan machiavélique de l'assassin, dessinant ainsi une fin « heureuse ».
Voir aussi l'article anglais en:Nursery rhyme
Agatha Christie, qui devait utiliser à plusieurs reprises les contraintes liées aux nursery rhymes (comptines) dans ses romans, en fit usage pour la première fois dans Dix petits nègres, en calquant de manière étroite chacun des meurtres sur l'un des vers de la comptine.
Elle réutilisera cette technique l'année suivante, dans le roman Un, deux, trois... (One, Two, Buckle My Shoe), de manière assez libre et parfois humoristique, puis en 1942 dans le roman Cinq petits cochons (Five Little Pigs) et dans quelques autres œuvres ultérieures.
Elle se basa, pour écrire son roman, sur une chanson écrite en 1869 par Frank Green, Ten Little Niggers, qui était elle-même l'adaptation anglaise d'une autre chanson américaine écrite en 1868 par Septimus Winner, Ten Little Indians. Elle modifia simplement le dernier vers de la chanson pour les besoins de son intrigue criminelle (dans le roman), tout en revenant aux paroles originales pour la version théâtrale.
Dix petits nègres s'en furent dîner,
L'un d'eux but à s'en étrangler
– n'en resta plus que neuf.
Neuf petits nègres se couchèrent à minuit,
L'un d'eux à jamais s'endormit
– n'en resta plus que huit.
Huit petits nègres dans le Devon étaient allés,
L'un d'eux voulut y demeurer
– n'en resta plus que sept.
Sept petits nègres fendirent du petit bois,
En deux l'un se coupa ma foi
– n'en resta plus que six.
Six petits nègres rêvassaient au rucher,
Une abeille l'un d'eux a piqué
– n'en resta plus que cinq.
Cinq petits nègres étaient avocats à la cour,
L'un d'eux finit en haute cour
– n'en resta plus que quatre.
Quatre petits nègres se baignèrent au matin,
Poisson d'avril goba l'un – n'en resta plus que trois.
Trois petits nègres s'en allèrent au zoo,
Un ours de l'un fit la peau
– n'en resta plus que deux.
Deux petits nègres se dorèrent au soleil,
L'un d'eux devint vermeil
– n'en resta donc plus qu'un.
Un petit nègre se retrouva tout esseulé,
Se pendre il s'en est allé
– n'en resta plus... du tout.
Chanson écrite en 1869 par Frank Green, sur une musique de Mark Mason, pour le chanteur G.W. « Pony » Moore.
Ten little nigger boys went out to dine;
One choked his little self, and then there were nine.
Nine little nigger boys sat up very late;
One overslept himself, and then there were eight.
Eight little nigger boys traveling in Devon;
One said he'd stay there, and then there were seven.
Seven little nigger boys chopping up sticks;
One chopped himself in half, and then there were six.
Six little nigger boys playing with a hive;
A bumble-bee stung one, and then there were five.
Five little nigger boys going in for law;
One got in chancery, and then there were four.
Four little nigger boys going out to sea;
A red herring swallowed one, and then there were three.
Three little nigger boys walking in the zoo;
A big bear hugged one, and then there were two.
Two little nigger boys sitting in the sun;
One got frizzled up, and then there was one.
One little nigger boys living all alone;
He got married, and then there were none.
Agatha Christie, pour les besoins de son roman, transforma l'histoire du dernier petit nègre :
Chanson de Septimus Winner, parolier américain résidant à Philadelphie, publiée en juillet 1868 à Londres.
Ten little Injuns standin' in a line,
One toddled home and then there were nine;
Nine little Injuns swingin' on a gate,
One tumbled off and then there were eight.
Eight little Injuns gayest under heav'n,
One went to sleep and then there were seven;
Seven little Injuns cutting up their tricks,
One broke his neck and then there were six.
Six little Injuns kickin' all alive,
One kick'd the bucket and then there were five;
Five little Injuns on a cellar door,
One tumbled in and then there were four.
Four little Injuns up on a spree,
One he got fuddled and then there were three;
Three little Injuns out in a canoe,
One tumbled overboard and then there were two.
Two little Injuns foolin' with a gun,
One shot t'other and then there was one;
One little Injuns livin' all alone,
He got married and then there were none.
Note : toutes les rééditions françaises du roman ont conservé le titre Dix petits nègres.


