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Docteur Folamour (Dr. Strangelove or: How I Learned to Stop Worrying and Love the Bomb) est un film réalisé par Stanley Kubrick, sorti au cinéma en 1964. Le sous-titre présent dans la version originale signifie « Comment j'ai appris à ne plus m'inquiéter et à aimer la bombe ».
Docteur Folamour est adapté du roman de Peter George, Red Alert publié en 1958.
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L'histoire se déroule en pleine période de la guerre froide. Le général américain Jack D. Ripper (Sterling Hayden), frappé de folie paranoïaque, décide d’envoyer ses B-52 frapper l’URSS. Le Président des États-Unis (Peter Sellers), réussit à le faire venir dans la salle souterraine de commandement stratégique. Un débat s’engage alors entre les tenants des différentes options politiques et militaires qui s’offrent au Président. Il utilise même le téléphone rouge. La seule possibilité est de fournir aux soviétiques les positions des avions, afin qu’ils les détruisent. Tous sont abattus, sauf un. L’ambassadeur de l’URSS, convoqué afin de témoigner de la bonne foi du président américain, mentionne l’existence d’un système secret de défense qui déclencherait l’holocauste nucléaire en cas d’attaque de l’URSS.
On consulte alors le Dr Folamour (Strangelove en anglais), transfuge du régime nazi, nostalgique et psychopathe. Pendant ce temps, l’équipage du B-52 mènera sa mission vers son terme, certain du bien-fondé de l’ordre qu’il a reçu, malgré toutes les difficultés qu’il ne manquera pas de rencontrer.
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On remarque la performance de Peter Sellers, qui incarne dans ce film un officier britannique flegmatique, le Président des États-Unis d'Amérique, et le terrible Dr Folamour.
Plusieurs scènes particulièrement réjouissantes sont à remarquer : la conversation au téléphone rouge, où le président essaie avec toute la diplomatie possible de faire comprendre à son homologue soviétique, réveillé en pleine nuit, et apparemment ivre, la gravité de la situation ; la scène où Peter Sellers, officier britannique, essaie d’empêcher sans grand succès le général Jack D. Ripper (littéralement « Jack l'éventreur »!) de tirer à la mitrailleuse sur des soldats compatriotes venus le chercher, et qu’il a pris pour des russes envahissant sa base… Enfin, la scène où le commandant de bord du B-52 lit par l'interphone à son équipage les consignes et leur fait vérifier le contenu de leur trousse de survie, où l'on trouve ausi bien des préservatifs, qu'une bible miniature. On reste admiratif autant qu’atterré devant l’opiniâtreté de ces aviateurs à remplir leur mission.
Stanley Kubrick nourrit avec ce film un propos qui lui semble cher : la dénonciation de l’absurdité criminelle des projets et des réalisations du complexe militaro-industriel au pouvoir aux USA. Le recyclage par les États-Unis (et l’URSS, et la France) des scientifiques ayant œuvré (et souvent adhéré) au régime nazi n’est pas une invention (voir Wernher von Braun, par exemple), et Kubrick nous le rappelle également, avec une outrance comique. Le titre original en anglais est à lui seul d’un cynisme qui fait frémir.
Lors de sa sortie en salles, la tension entre USA et URSS avait baissé, rendant le fim d’une actualité moins brûlante. Ce film est à rapprocher de « Point limite » de Sydney Lumet, filmé la même année, et que Kubrick a fait racheter par Columbia Pictures afin de ne l’exploiter qu’en 1964, après la sortie de Dr Folamour.


