École des mines de Nancy
Appelée autrefois École nationale supérieure de la métallurgie et de l'industrie des mines, elle est fondée en 1919.
Réforme de Bertrand Schwartz
La notoriété de l'école prend un virage avec une réforme lancée par son directeur Bertrand Schwartz (frère de
Laurent Schwartz). Celui-ci avait adressé un questionnaire à des
centaines d'industriels leur demandant : « Quelles connaissances souhaitez-vous trouver chez un ingénieur sortant d'une
grande école de catégorie A ? ». Le dépouillement du questionnaire laisse entendre qu'un cursus de huit ans d'études
n'y suffirait pas.
Il envoie alors un autre questionnaire : « Quelles sont les disciplines qui rendraient un ingénieur
inutilisable pour vous s'il ne les maîtrisait pas ? ». La liste devient bien plus raisonnable, et - ainsi
réduite - permet d'ajouter de nouveaux cours qui ne sont pas encore présents à l'époque dans les autres grandes écoles
généralistes. Ce seront d'abord les statistiques, puis l'informatique : Jean-François
Abramatic, qui sera président du World Wide Web
Consortium, est un ancien élève des Mines de Nancy.
L'enseignement comprend également des cours de méthodologie, ainsi que d' expression orale et
corporelle.
La méthode
La méthode d'enseignement est également révolutionnée :
- les élèves doivent apprendre à apprendre, et la meilleure façon d'y arriver est de leur demander d'arriver
en amphi... en sachant déjà le cours, qu'ils auront dû lire et assimiler au préalable!
- Quand ils arrivent en amphi, le professeur est là pour répondre à leurs questions, s'il y en a. S'il n'y a pas de questions,
c'est que tout le monde est censé avoir compris : ils sont alors soumis à un test (anonyme) écrit auquel ils doivent
répondre de suite. Le dépouillement donnera au professeur un feedback sur ce qu'on réellement compris les élèves, et leurs erreurs éventuellement corrigées en commun à
l'amphi suivant. Le professeur peut également, à sa discrétion, imposer un test du même genre, nomitatif ou anonyme, quand il le
désire. Ensuite commence le cours proprement dit, qui est en fait surtout une synthèse clarifiant les points importants
qu'il fallait comprendre.
- Les élèves passent alors en petits groupes de 10 à 12 personnes, avec un assistant, pour effectuer des exercices
d'assimilation.
- Une séance de synthèse a parfois lieu à nouveau en amphi après ces travaux en petit groupe.
Au terme des trois ans d'études, non seulement les élèves n'ont plus d'appréhension à travailler seuls dans un livre, mais on
constate que certains ne supportent même plus les cours magistraux à l'ancienne, qui leur paraissent une perte de temps.
Anciens élèves
- Alain Geismar, qui fut un
des chefs de file du mouvement de Mai 1968. Remarquons que le système d'abandon des
cours magistraux qu'il préconisait pour l'Université correspondait exactement à celui mis en place par
la réforme Schwartz. Seul hic de ce système : il était presque dix fois plus coûteux par étudiant qu'une formation
scientifique universitaire classique. Il revenait en effet à 150 000 F par an et par étudiant en 1971.
- Jean-Claude Trichet, gouverneur de la Banque centrale européenne.
- Kofi Yamgnane, secrétaire
d'État à l'intégration en France sous François
Mitterrand
- Ishac Ould Ragel, secrétaire d'État à l'exploitation des Mines, République islamique de Mauritanie.
Voir aussi
Liens externes

