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Économie du Nord-Pas-de-Calais

Nord-Pas-de-Calais

Depuis 1945, la région est confrontée à de graves difficultés structurelles et à une crise économique et sociale aiguë. Des trois grands secteurs qui étaient les piliers de son économie, charbon, acier, textile, seuls les deux derniers existent encore. La dernière mine de la région a été fermée en décembre 1990 et la sidérurgie a été déplacée de la Sambre et du Valenciennois sur la côte à Dunkerque pour utiliser le minerai apporté des antipodes. La pétrochimie y est aussi installée. Le textile est devenu très spécialisé, automatisé et lié à la vente par correspondance.

Le secteur secondaire n'occupe plus que 33,8 % de la population active (28,9 % pour la France). Son raccordement à l'Europe du Nord-Ouest lui permet toutefois de bénéficier des retombées économiques de la mise en service du tunnel sous la Manche et des LGV (TGV). Le chômage décroît depuis quelques années ; ce chiffre reste toutefois supérieur de 4 points au taux national (environ 10%).

Sommaire

Agriculture

Les industries, l'urbanisation et les autres contraintes n'ont pas étouffé l'agriculture (71% de la surface de la région). Le nombre d'exploitants est en constante diminution, ce qui permet d'assurer une forte productivité (avec un certain risque de fragilité cependant). Elle représente 3,9% de la production nationale. Il y a plusieurs types d'exploitations comme l'élevage laitier (Avesnois, Boulonnais, Thiérache), les zones de polyculture intensive avec élevage industriel (Flandre) ou encore les zones de grande culture céréalière et betteravière (Artois, Cambrésis). Les cultures légumières (endives, pois, pommes de terre) constituent aussi une source de revenus notable. La proximité de la mer du Nord a suscité l'essor d'une pêche industrielle concentrée à Boulogne, premier port français pour le volume des débarquements et premier centre de transformation du poisson.
Néanmoins, l'agriculture et la pêche souffrent de la concurrence des producteurs belges et néerlandais voisins.

Chiffre

Industrie

La désindustrialisation recouvre des réalités très diverses. Auparavant produite à partir du charbon, l'électricité provient aujourd'hui pour 80% de la centrale nucléaire de Gravelines. Introduite en 1970, l'industrie automobile compte une dizaine d'usines modernes. De nouveaux secteurs se sont développés, comme la construction électronique (Bull) et la plasturgie. Ce mouvement de « réindustrialisation », en partie spontané, a été très fortement aidé par des fonds structurels notamment de l'Union Européenne. La multiplication des friches industrielles (10 000 ha) et la difficulté de supprimer les terrils traduisent le problème économique de la région. L'industrie ferroviaire (une cinquantaine d'entreprises comme Alstom à Petite-Forêt, Bombardier à Crespin, Arbel Fauvet Rail à Douai représentant environ 6 500 emplois directs ou indirects, notamment dans le Valenciennois), est également en crise : cette activité qui représentait en 1990 près de 50% de la production nationale est tombée, en 2000, à 30% à cause des fermetures des sites Remafer en 1994, et Marly Industrie en 1995. L'implantation dans la région du Centre d'essais ferroviaires, équipé d'un circuit de 9 km de voies, destiné à tester l'endurance et les performances des matériels urbains et suburbains, et celle du Centre technologique en transports terrestres (C3T) ne suffisent pas à compenser cette perte d'activité.

Chiffre de l'industrie

Services

Malgré un ancien retard, la région a connu une rapide tertiarisation (62,8% des emplois). Cette croissance a permis de combler les retards en matière de formation scolaire et universitaire. Le développement régional peut s'appuyer sur des compétences fortes comme la vente par correspondance (La Redoute, les 3 Suisses, Damart), la grande distribution (Auchan), les transports et la logistique. Avec sept universités, le potentiel formation-recherche est devenu considérable. Le développement et la diversification du secteur tertiaire s'appuient sur le réseau des villes moyennes et surtout sur la conurbation Lille-Roubaix-Tourcoing, qui concentre près de la moitié des services supérieurs de la région. La ville nouvelle de Villeneuve d'Ascq, grâce à son cadre urbain moderne et à sa stratégie « technopolitaine », est un lieu dynamique de développement administratif et universitaire. Il est aussi a noter que de grands complexes économiques tels qu'EuraLille se créent dans la région.


Secteur Établissements Salariés Poids/Salariés France
Transports 5 489 49 078 6,2%
Activités financières 4 726 29 165 5,0%
Activités immobilières 4 344 12 390 3,8%
Services aux entreprises 20 263 169 224 5,8%
Services aux particuliers 26 181 57 205 4,6%
Éducation, santé, action sociale 29 998 102 515 7,0%
Administration 12 686 29 982 6,0%
Total Services 103 687 449 559 5,7%


Plaque tournante

Le tunnel sous la Manche, ouvert en mai 1994, dont l'axe ferroviaire (navettes pour voitures et camions ; TGV et trains classiques) relie le Kent à Sangatte, près de Calais, même s'il concurrence en partie les ports français et belges, incite à l'intensification du trafic transmanche. La mise en service du TGV entre Paris, Lille jusqu'à Londres, Bruxelles, Amsterdam et la Rhénanie a considérablement raccourci les temps de parcours entre les grandes métropoles de l'Europe du Nord-Ouest.
Déjà favorisée par sa situation de jonction entre le Royaume-Uni, l'Irlande et le continent, la France du Nord a aussi été une région d'échanges, un carrefour de communication entre l'Europe du Nord-Ouest, le reste de la France, l'Espagne et le Portugal. La présence de trois grands ports en est l'une des conséquences : Boulogne, Calais (premier port pour le nombre de voyageurs transmanche), Dunkerque (troisième port pour le trafic pondéreux minéralier).

L'ACTIVITE PORTUAIRE REGIONALE

Marché transmanche

Le nombre d'autoroutes, suivant à la fois l'axe nord-sud (A1, A2) et l'axe du littoral vers l'intérieur (A25, A26, A27), canalise un trafic régional, interrégional et international considérable. D'importants aménagements sont en cours sur le littoral et sur le site du terminal du tunnel. Un plan routier et autoroutier (A16, rocade littorale) qui est par ailleurs source de vives polémiques, les accompagne. Déjà 550 kilomètres d’autoroutes (6,6% des autoroutes françaises) sont construits dans le Nord.
Les LGV et autres réseaux de transport collectif à grande vitesse, en réduisant de moitié les temps de parcours entre les grands centres européens, doivent faire de Lille et du Nord une plaque tournante européenne.




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