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Église Saint-Jean de Montierneuf

L'église Saint-Jean de Montierneuf est l'abbatiale de style composite, mais de base romane, d'un ancien monastère de Poitiers.

Elle fait partie d'une abbaye fondée au milieu du XIe siècle à proximité de Poitiers par Guillaume VIII de Poitiers, en échange d'une dispense du pape pour épouser sa cousine Audéarde (ou Hildegarde) de Bourgogne. Elle fut immédiatement nommée par les gens du peuple Montierneuf, le monastère neuf (ou moustier). Les travaux commencèrent en 1069 et furent achevés en 1087.

Le pape Urbain II la consacra en 1096, lorsqu'il vint prêcher la Croisade en Poitou.

Chevet de l'église de Montierneuf
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Chevet de l'église de Montierneuf

Architecture de l'église

L'église est construite selon un plan simple : nef, bas-cotés, transept et chœur à déambulatoire prolongeant les bas-cotés. Elle possède un chevet gothique rayonnant construit au XIVe, à arc-boutants peu éloignés de la construction, qui ont conservé leur gargouilles. Ils sont également ornés des armes des différents abbés qui ont dirigé l'abbaye. Deux de ces arc-boutants possèdent deux arcs : il s'agit probabalemet de reprises, les premiers reportant probablement mal la poussée sur les piliers.

Le chœur possède trois chapelles rayonnantes, qui sont dédicacées respectivement à saint Joseph, Notre-Dame du Bon Secours (à l'Est) et sainte Barbe. Elles sont toutes trois de type roman.

L'église fut incendiée en 1562 par les protestants, ce qui provoqua l'effondrement des voûtes de la nef et du bras sud du transept.

En 1643 et 1644, la travée occidentale fut supprimée, afin de construire une nouvelle façade, simple mur de moellons, avec un portail orné de colonnes corinthiennes et d'un fronton dans le goût classique, avec des ornements profanes (génies dénudés). Les nefs furent reconstruites en plein cintre, plus bas que les voûtes primitives. Entre 1668 et 1672, l'abside, les arcs-boutants du chœur sont repris.

Après avoir servie d'écurie de 1789 à 1805, l'église est rendue au culte.

L'abbé Sabourin opéra plusieurs travaux malheureux de restauration dans les années 1817 à 1822. Les chapiteaux romans du chœur et du déambulatoire sont pour la plupart déposés ou buchés, et refait en stuc avec un décor moulé d'oves et de feuilles d'acanthes, en accord avec le portail. L'église fut malgré cela classée sur le premier inventaire des Monuments Historiques en 1840.

Gisant de Guillaume VIII
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Gisant de Guillaume VIII

Tombeau du duc d'Aquitaine Guillaume VIII

Elle abrite actuellement le cénotaphe orné d'un gisant de Guillaume VIII. Le monument abritant le tombeau fut en partie détruit par l'effondrement des voûtes de la nef, en 1643, reconstruit en 1657, puis à nouveau détruit à la Révolution en 1793. Le gisant fut restauré par l'abbé Sabourin, qui obtint pour cela des fonds de Louis XVIII, d'un gisant prenant modèle sur le monument qui ornait le tombeau

La chapelle du transept Nord est dédicacée à saint Isidore, patron des laboureurs, celle du transept Sud à saint Maurice.

Histoire de l'abbaye

Le monastère fut fondé en 1069 par Guillaume VIII de Poitiers, et autorisée par le pape Grégoire VII en 1076. Placée sous l'autorité de Cluny, elle reçut un prieur et 18 moines. Elle prospéra immédiatement, étant choisie pour abriter les tombeaux des ducs d'Aquitaine.

L'abbaye construite hors de la muraille romaine se fortifia seulement au XVe siècle, et un bourg naquit ainsi, à l'intérieur de la muraille d'Aliénor d'Aquitaine. Il possédait également des moulins sur le Clain tout proche.

Les tombeaux des ducs d'Aquitaine furent brisés en 1562, en même temps qu'un grand nombre d'édifices religieux de Poitiers, par les Huguenots, qui détruisirent également le cloître et mirent le feu aux bâtiments. Malgré une tentative de relèvement de l'abbaye au XVIIe siècle (travaux de l'église en 1643 et 1644), prolongée par d'autres travaux dans l'église et les bâtiments monacaux de 1668 à 1672, l'abbaye déclina tout au long du XVIIe et XVIIIe siècle, suivant le sort des bénédictins. La congrégation de Saint-Maur, à laquelle on fit appel pour redonner du souffle à la vie monastique ayant échoué, les derniers religieux se séparèrent en 1787.

À la Révolution, l'abbaye fut convertie en caserne. Des bâtiments furent ajoutés jusqu'en 1829, et la caserne renommée Quartier Dalesme en 1887. Le 20e régiment d'artillerie y prit ses quartiers, puis le 109e régiment d'artillerie lui succéda.

Les mêmes bâtiments abritèrent ensuite l'ENSMA, puis depuis les années 90, des cours de diverses facultés, une cité universitaire, et un Institut d'administration des entreprises, qui cohabitera prochainement avec le rectorat.



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