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Élagabal ou Héliogabale (Varius Avitus Bassianus), fut empereur romain de 219 à 222 sous le nom de (Marcus Aurelius Antoninus).
Né en 205 à Emèse (l'actuelle Homs) en Syrie, de Julia Soemias et de Varius Marcellus, il était par sa mère à la fois l'arrière petit-fils de Julius Bassianus, grand-prêtre de Baal à Emèse, et le petit-neveu par alliance de l'empereur Septime Sevère, qui avait épousé sa grand-tante Julia Domna en secondes noces.
Cette alliance lui donnait un autre empereur comme oncle germain, Caracalla. Les femmes, celles qu'on appelaient « les princesses syriennes », sont indissociables du destin d'Héliogabale.
Descendant des Bassianides, rois sacerdotaux d' Emèse d'origine phénicienne, Varius Avitus Bassianus était à 13 ans grand-prêtre héréditaire du dieu
Baal, lorsque Caracalla fut assassiné au
printemps 217, à la tête des armées dans la plaine voisine de l'Euphrate.
Le culte particulier de Baal, Elagabal à Emèse, associait l'adoration d'un béthyle, une pierre noire conique tombée du ciel, symbole phallique et solaire de Baal, à une liturgie compliquée, à la fois sanglante et orgiaque, faite de sacrifices humains, souvent d'enfants males, comme Moloch ou Saturne.
Héliogabale baignait dans ces liturgies sémitiques à mystères, comme le culte de Cybèle et d'Attys, celui de Dionysos Omadios, le dévoreur de viande crue, et leurs orgies compliquées dont les cris étaient couverts par le bruit des cymbales, la fumée des encens sur les autels, l'ivresse des drogues, dans une débauche de parfums, de danses lascives et de prostitutions sacrées.
Porté par les femmes au sein des armées, ce jeune homme lascif et parfumé, couvert d'or et de pourpre, vêtu à l'orientale, androgyne parfait, séduisit les soldats par ses danses sacrées qui évoquaient Bacchus.
Au printemps 218, une intrigue le fit proclamer empereur sous le nom usurpé de Marcus Aurelius Antoninus par l'armée. L'empereur Macrin, resté à Antioche, fut pris de court. Piteux stratège, et ayant dressé l'armé contre lui, il fut défait et finalement assassiné en juin 218.
Prêtre oriental plus qu'empereur, Héliogabale entrepris la route de Rome par une procession qui transportait la pierre noire sur
un char d'or conduit de chevaux blancs. Entouré de galles, de femmes nues et de léopards, il ouvrait la route à reculons à son
idole, jusqu'au Palatin qu'il atteignit durant l'été 219.
Puis, investi du pouvoir suprême à 14 ans, il se livra aux turpitudes les plus extrêmes et les plus raffinées, justifiées par son culte phallique, se prostituant aux hommes dans les bas-fonds de Rome, recherchant les onobèles, appréciant les sacrifices et les assassinats, la débauche publique, les corrections que lui infligeait son « mari », l'esclave carien Hiéroclès.
Dieu lui-même, les excès de cet adolescent étaient sacrés, mais n'avaient rien qui surprennent les romains de son époque. D'autres empereurs avaient montré l'exemple, et l'état des moeurs dans la Rome du 3e siècle était à l'unisson.
Les religions nouvelles d'Isis, de Sérapis, ou de Cybèle, de Mithra ou des chrétiens, avaient leurs adorateurs à Rome, sans menacer pour autant le vieux panthéon romain. Mais Héliogabale voulut imposer son dieu comme unique, au-delà de son assimilation à Jupiter, et fit porter dans son temple toutes les objets magiques des autres dieux : le feu de Vesta, le Palladium, les boucliers sacrés, l'image de Cybèle. Les Romains furent vraiment scandalisés lorsqu'il enleva la grande Vestale Aquila Severa pour l'épouser, désir de syncrétisme symbolique, « pour que naissent des enfants divins » dira-t-il au Sénat.
Prodigue et démagogue, il offrait des fêtes au cirque, des combats d'animaux, des objets précieux jetés au peuple. Sa table recevait, au milieu des histrions et des gigolos, des convives à qui il offrait des raffinements de table dignes de Cléopâtre, parfois agrémentés de surprises redoutables, quand les convives se réveillaient de l'orgie.
En juillet 221, Héliogabale adopte son cousin Alexius Bassanius, sous le nom d'Alexandre, probablement par calcul politique.
Mais il ne tarda pas à regretter ce choix, car Alexandre ne partageait pas ses débauches. Il tenta de le faire assassiner, mais des prétoriens se rebiffèrent. Confronté à l'armée, qui lui reprochait d'avoir donné à ses compagnons de lit les charges de l'état, il dut les abandonner.
La suspiscion, la vengeance et le crime rodaient. Début 222, Héliogabale méfiant chasse le Sénat de Rome. Les prétoriens, se sentant menacés, prirent l'initiative : il fut assassiné le 10 mars 222, à 17 ans, ainsi que sa mère. Décapités, leurs corps furent trainés nus dans les rues de Rome, outragés par la populace, leurs lambeaux jetés au Tibre du pont Emilien.
Son cousin, Sévère Alexandre, devenait empereur, et la pierre noire retournait à Emèse.
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