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L'élection présidentielle aux États-Unis obéit à un ensemble de règles traditionnelles et formelles. L'ensemble du parcours menant un candidat à la présidence prend une année, et même de plus en plus souvent davantage.
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Les candidats à la présidence des États-Unis doivent recueillir auprès des citoyens et des entreprises des fonds afin de financer leur campagne : rencontres publiques (meetings), déplacements, publicités (affiches, télévision, etc.).
Pendant les six premiers mois de l'année civile pendant laquelle a lieu l'élection présidentielle, des consultations ont lieu dans les États et territoires sous dépendance états-uniennes. Le but de ces consultations est de désigner dans chacun des deux principaux partis, des délégués qui représenteront leur État à la convention de leur parti. Ces délégués voteront alors pour un des candidats du parti. Le choix du candidat ayant lieu pendant ces consultations.
Dans certains États, ces consultations ont lieu sous la forme d'élections primaires : selon les États, l'ensemble des électeurs qui le souhaitent(primaires ouvertes) ou seulement les membres des partis concernés (primaires fermées) votent pour une liste de délégués et un candidat parmi ceux qui se sont présentés dans leur État.
Dans une minorité d'États ont lieu des caucus. Ce sont des réunions des seuls membres des partis politiques. Ils désignent leurs délégués et le candidat qu'ils souhaitent soutenir. Le plus célèbre est celui de l'Iowa puisqu'il a lieu en premier, début janvier.
Dans les deux cas, primaires ou caucus, les candidats à l'election présidentielle commencent leur campagne dans les États depuis au moins un an avant le début des primaires. En raison du coût de ces mini-campagnes électorales multipliées, certains candidats ne se présentent pas dans tous les Etats pour économiser leurs fonds afin de faire campagne dans les États qui envoient le plus de délégués aux conventions.
Aux États-Unis, l'histoire politique a abouti à l'existence d'un bipartisme : Parti démocrate et Parti républicain. Ces deux partis réunissent des conventions pendant l'été pour désigner leur « ticket » à l'élection présidentielle. Sur ce ticket figurent deux noms : le candidat à la présidence et celui à la vice-présidence des États-Unis.
Chaque État des États-Unis et territoire dépendant des États-Unis, donc représenté par des députés non votant au Congrès, envoit des délégués à la Convention. Le nombre de délégués de chaque État est proportionnel à son nombre d'habitants.
Pendant la Convention, les délégués votent de manière formelle pour les candidats du parti qui sont restés en course à la fin des primaires. Une fois le vote achevé, le candidat désigné et son partenaire de ticket peuvent faire campagne avec l'aide de l'appareil et des fonds de leur parti.
La constitution du ticket obéit à des choix pendant les primaires ou la Convention. Ces choix ont pour but de présenter un parti uni derrière ses candidats. Dans l'histoire états-unienne, des candidats à la présidence vainqueur des primaires ont pu conclure des accords avec un adversaire candidat de leur parti, lui donner la place de vice-président.
Entre l'été et début novembre, la campagne électorale est l'opposition entre le ticket démocrate et le ticket républicain.
Tout ce qui vient d'être dit concerne les deux grands partis politiques états-uniens. Rien n'empêche des candidatures indépendantes de ces partis. La faiblesse de ces candidatures vient du manque de moyens financiers et de notoriété des candidats, outre le fait qu'une grande partie des électeurs ne les prennent pas au sérieux.
Les difficultés rencontrées par les candidats indépendants sont accrues par l'obligation de faire enregistrer leur candidature dans chacun des cinquante États, chaque État décidant des procédures électorales(le plus souvent, un nombre de signatures de parrainage).
À cause de ses difficultés et de l'importance prise par les deux partis dominants, les candidats indépendants qui parviennent à se distinguer médiatiquement, usent principalement de leur fortune personnelle. Ce fut le cas de Ross Perot en 1992 et 1996, et de Ralph Nader en 2000 et 2004.
Le mardi qui suit le premier lundi de novembre (donc en aucun cas le 1er novembre), les électeurs états-uniens sont invités à voter pour l'élection de leur président. Cependant, ils n'élisent pas directement leur président : le scrutin est au suffrage indirect. Ils choisissent de grands électeurs qui se réunissent à Washington, D.C. au mois de décembre pour élire officiellement le président et le vice-président. Les raisons de ce choix de suffrage sont issus des premiers temps de l'indépendance du pays.
En application de la Constitution des États-Unis d'Amérique, l'élection présidentielle a lieu le mardi suivant le premier lundi du mois de novembre, tous les quatre ans. En cas de décès ou d'incapacité du président avant ces quatre ans, la Constitution prévoit tout une ligne de succession. Le jour de l'élection est donc fixé d'avance.
Il faut rappeler que :
Le processus électoral marque ces deux choses :
Donc les électeurs états-uniens élisent des grands électeurs dans chacun de leurs États. Ils désignent également le nom du candidat pour lequel ils votent. Dans la quasi-totalité des États, le ticket obtenant le plus de voix dans un État obtient la voix de l'ensemble des grands électeurs de cet État (en anglais, « winner takes all »).
Il y a ainsi des États entiers où l'attachement actuel de l'électorat à un des deux partis est si fort, qu'aucun des deux candidats ne prend la peine d'y faire campagne. Par exemple, dans l'État de New York et celui de Californie, le ticket démocrate semble assuré d'emporter tous les grands électeurs quel que soit l'écart des voix.
Assez isolés dans ce choix, actuellement (2004), seuls le Maine et le Nebraska ont adopté des systèmes de répartition différents: il s'agit toujours d'un scrutin majoritaire mais il y a plusieurs circonscriptions (au lieu d'une circonscription unique), découpées de telle manière qu'elles opèrent une répartition des grands électeurs entre les candidats principaux. Par contre, le 2 novembre 2004, les électeurs du Colorado ont refusé par référendum le 36e amendement qui auraient permis, pour la première fois de l'histoire états-unienne, une répartition des grands électeurs à la proportionnelle.
La répartition des grands électeurs est en débat depuis l'élection de 2000, notamment dans les « États-charnière » (swing states) où la majorité relative se gagne à quelques centaines de voix près.
À cause de la lenteur des moyens de locomotion il y a deux siècles, les grands électeurs sont réunis en décembre dans la capitale Washington pour élire officiellement le président et le vice-président des États Unis.
Si le vote des grands électeurs ne permet pas de départager les candidats (égalité parfaite en voix), c'est le Sénat qui élit le président, et la Chambre des représentants qui désigne le vice-président. Chaque État y a alors une voix, les députés de chaque État se mettant d'accord sur ce vote unique. Cette procédure ne fut utilisée qu'en 1800 pour l'élection de Thomas Jefferson. Remarquons que cette procédure donne autant de poids au Vermont qu'à la Californie...
Au XXe siècle, le télégraphe, la radio et la télévision permettent de savoir le soir même qui a remporté l'élection. Cette possibilité de dire le nom du président avant la réunion des grands électeurs est possible grâce à la traditionnelle loyauté des grands électeurs : en 2000, sur les 17 000 grands électeurs, 10 seulement n'avaient pas respecté le mandat confié par les électeurs de leur État et avaient voté pour un autre candidat (faithless electors), ce qui est légal. Certains États tentent de décourager ce type de comportement allant jusqu'à faire payer une amende à ces électeurs (en Caroline du Nord, par exemple, cette amende s'élève à 10 000 dollars). Il faut noter, cependant, que pour beaucoup de telles lois obligeant les électeurs à être loyaux seraient anticonstitutionnelles. En 2000, un grand électeur du District fédéral de Columbia s'est abstenu plutôt que de voter Al Gore pour protester contre le fait que le District n'était pas considéré comme un État à part entière.
En général, les autorités des États organisent plusieurs votes simultanément à l'élection présidentielle : élections municipales, des juges, du chef de la police, référendums, etc. C'est le très grand nombre de scrutins simultanés qui oblige à recourir à des moyens électromécaniques ou électroniques pour enregistrer les votes.
Entre le vote de novembre et la confirmation formelle des grands électeurs d'une part, et la date du 20 janvier où le nouveau président prend le pouvoir, il y a une période de transition qui permet à l'ancienne « administration » de faire la liaison avec le nouveau gouvernement.
Le 20 janvier suivant l'élection présidentielle (ou le 21 janvier si le 20 tombe un dimanche), le nouveau président prête serment sur la Bible et fait un discours d'investiture qui doit marquer les grandes lignes de sa présidence. Ensuite, chaque année, à la même époque, le président se rend au Congrès pour un Discours sur l'état de l'Union qui lui permet d'annoncer les grandes lignes de l'agenda politique de l'année commençante.


