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Elfriede Jelinek, née le 20 octobre 1946 à Mürzzuschlag en Styrie, est une romancière autrichienne. Elle entretient une haine réciproque et virulente autant avec ce pays qu'avec son sexe. Elle fut membre du parti communiste d'Autriche de 1974 à 1991. Elle échange des imprécations avec l'extrême droite (qui fait rimer son nom d'origine tchèque avec Dreck ("saleté") et mal baisée) et les femmes au pouvoir.
Son père, juif, revenu brisé des camps de concentration, est dominé par une épouse issue de la bourgeoisie catholique, qu'Elfriede décrit comme «despotique et paranoïaque». Elle semble ne s'être jamais libérée du poids de ces géniteurs également détestés. Dans La Pianiste (Die Klavierspielerin, 1983), elle a peint un portrait terrifiant de sa mère morte à 97 ans. Sa nouvelle Lust est une description pornographique et d'agression perverse.
Elle réécrit la pièce Maison de poupée d'Ibsen, sous un titre menaçant: Ce qui arriva quand Nora quitta son mari, ou les piliers de la
société : rien que du malheur.
Dans Sportstück (1998), elle explore la violence et la chorégraphie dans le sport .
Elle est titulaire d'un diplôme d'organiste. Parlant le français, elle est traductrice (notamment de Labiche et de Feydeau).
Elle est lauréate du prix Nobel de littérature 2004 mais a déclaré le 7 octobre 2004 que son état de santé ne lui permettait pas d'aller chercher le prix le 10 décembre à Stockholm : « Je n'irai certainement pas à Stockholm. La directrice de la maison d'édition Rowohlt Theater acceptera le prix pour moi. Bien sûr, en Autriche, on tentera d'exploiter l'honneur qui m'est fait, mais il faut rejeter cette forme de publicité. Malheureusement, je vais devoir écarter la foule d'importuns que mon prix va attirer. En ce moment, je suis incapable d'abandonner ma vie solitaire. » (source : Courrier international)
Parmi l'habituel concert de louanges accompagnant l'annonce de ce genre de récompenses, il faut remarquer la réaction « nuancée » de Jacqueline Chambon, traductrice et éditrice française des six premiers livres d'Elfriede Jelinek qui, dans un entretien où elle ne cache pourtant pas son admiration et son amitié pour l'auteur, affirme malgré tout avoir « arrêté [de la publier] à cause des traductions qui devenaient de plus en plus lourdes, difficiles. [...] Enfin, l'agressivité permanente de ses livres me gênait. » (source : Le Figaro, [1] ). Ce sont les Éditions du Seuil qui ont repris le relais après la défection de Jacqueline Chambon.


