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Peintre française née à Paris le 10 avril 1755, morte à Louveciennes, en 1842.
Élisabeth-Louise Vigée Le Brun est au nombre des plus grands portraitistes de son temps, avec par exemple Quentin de La Tour ou Jean-Baptiste Greuze.
| Sommaire |
Élisabeth Vigée-Le Brun est née Louise-Élisabeth Vigée. Son père, Louis Vigée, était pastelliste. De sa mère, Jeanne Graissin, on dit qu'elle était belle et sage. Baptisée à l'église St Eustache à Paris, la jeune fille est aussitôt confiée à des paysans des environs d'Épernon. Elle ne reviendra à Paris que six ans plus tard pour entrer au couvent de la Trinité comme pensionnaire. Dès cet âge, on sait que la jeune Louise-Élisabeth dessine partout, sur ses cahiers, sur les murs de son école. Vers l'âge de sept ou huit ans, Louis Vigée s'extasie devant un dessin de sa fille et prophétise qu'elle sera peintre. À onze ans, la jeune fille quitte le couvent et vient vivre aux côtés de ses parents. On dit qu'à l'époque elle se trouve laide et sans grâce, mais dès ses quatorze ans elle est une des plus belles femmes de Paris. Son père meurt à cette époque, inconsolable elle décide de tout donner à sa passion, le dessin.
Gabriel Briard, membre de l'académie royale de peinture, lui-même peintre médiocre mais bon professeur, la forme puis la présente à Horace Vernet, alors au faîte de sa gloire. Déjà, elle gagne sa vie en exécutant des portraits. En 1768, Mme Vigée, sa mère, se remarie avec un riche joailler, Jacques-François Le Sèvre.
En 1770, Marie-Antoinette vient en
France épouser le Dauphin. À la même époque, la famille Le
Sèvre/Vigée s'installe rue Saint-Honoré, face au Palais-Royal. Louise-Élisabeth s'établit comme peintre professionnel et les commandes affluent. Elle a quinze
ans.
Deux grandes dames la prendront alors sous leur protection : Mme de Verdun, épouse d'un fermier général, et la Duchesse de
Chartres. Louise-Élisabeth est une demoiselle sérieuse. Elle refuse fréquemment les commandes de portaits que lui font les
galants pour la rencontrer.
Cette petite bourgeoise trouve étonnamment bien sa place au milieu des grands du royaume. En 1775 elle offre à l'Académie deux portraits. En récompense elle est admise aux séances publiques de l'Académie.
Le 7 août 1775, Mlle Vigée épouse Jean-Baptiste-Pierre Le Brun, un peintre qui ne peint pas, qui exploitera la célébrité de
son épouse, un joueur invétéré et un coureur de jupons insatiable. Mais aussi un marchand de tableaux très talentueux qui sera
pour beaucoup pour la carrière de son épouse.
Le 12 février 1780, Mme Vigée Lebrun donne naissance à sa fille Jeanne-Julie-Louise. Elle continue à peindre pendant les
premières contractions et, dit-on, lâche à peine ses pinceaux pendant l'accouchement.
Le succès d'Élisabeth ne se dément pas. Ses portraits de femmes à la fois ressemblants et flatteurs finissent par lui attirer la sympathie de Marie-Antoinette qui fait d'elle son peintre favori.
Un tel succès a des contreparties : le tout-Paris médit et présente l'artiste comme une débauchée, suspectée d'être de toutes les orgies, une dépensière qui se chaufferait en brûlant des billets et des lambris dorés, l'amante de tout Paris. Le même genre de rumeur, à la même époque, frappait Marie-Antoinette.
Dans la nuit du 5 au 6 octobre 1789, Élisabeth quitte Paris avec sa fille et cent louis,
laissant derrière elle son époux, ses peintures et sa fortune. Plus tard elle dira de la fin de l'ancien régime :
« Les femmes régnaient alors, la révolution les a détrônées ».
L'artiste visitera Rome, Vienne, Londres, Saint-Pétersbourg, invitée par toutes les cours d'Europe, peignant sans cesse. Elle se refuse à lire les
nouvelles, car on y apprend que tous ses amis meurent guillotinés. En 1800, sa fille épouse (contre le gré de sa mère) un dénommé Gaëtan Bertrand Nigris.
En 1800, elle est rayée de la liste des émigrés et peut rentrer à Paris, chose qu'elle ne
fera que deux ans plus tard.
En 1805 elle peint Caroline Murat, une des sœurs de Napoléon, et cela se passe mal : « J'ai peint de véritables pincesses qui ne m'ont jamais
tourmentée et ne m'ont pas fait attendre »
En 1809, Mme Vigée-Lebrun a 54 ans. Elle vit entre Paris, où elle tient salon, et Louveciennes où elle a une maison de campagne voisine du château de Madame du Barry dont elle avait fait trois portraits avant la révolution. En
1813, son ex-mari meurt. Sa fille en 1819 et son
frère (Louis-Jean-Baptiste-Étienne, né en 1758) en 1820.
Vers 1835, elle publiera ses Souvenirs qui connaîtront un grand succès et restent un très intéressant document sur les bouleversements de cette époque qu'elle a si intensément vécu. Élisabeth a connu tous les gens de son temps, tous les artistes, toutes les cours...
Elle s'éteint à Paris le 29 mai 1842, elle est enterrée au cimetière de Louveciennes.


