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|---|---|---|---|---|---|
| Classification systématique | |||||
| Domaine | Eucaryote | ||||
| Règne | Animal | ||||
| Embranchement | Chordata | ||||
| Classe | Aves | ||||
| Ordre | Struthioniformes | ||||
| Famille | Dromaiidae | ||||
| Genre | |||||
| Dromaius | |||||
Les émeus appartiennent aux Dromaiidés, une des plus anciennes familles d’oiseaux de la région australasienne. Aux temps préhistoriques, l’ancêtre commun qu’ils partagent avec les casoars donna naissance à plusieurs formes différentes, dont la plupart sont à présent éteintes. Les plus vieux fossiles du genre actuel (Dromaius) ont été trouvés dans des dépôts du Pléistocène, et remontent à 5.000 - 10.000 ans. Ils ont été découverts sur King Island, au large de la Tasmanie, et appartiennent à l’espèce endémique de l’île, désormais éteinte. Les familles de l’émeu et des casoars sont placées ensemble dans le sous-ordre des Casuarii, en raison de leurs étroites relations phylogénétiques et de similitudes morphologiques. Avec les kiwis, ils constituent les représentants australasiens des Struthioniformes.
Une seule espèce vit encore de nos jours, l’émeu d’Australie (Dromaius novaehollandiae) ; son aire de répartition est limitée au continent australien. Jusqu’au début du XIXe siècle, il existait également trois formes plus petites sur des îles au large de l’Australie méridionale.
A l’exception des kiwis, tous les ratites sont de grands oiseaux, et par la taille l’émeu vient en deuxième position après l’autruche. Dans sa zone de répartition, le seul oiseau de taille comparable est le casoar à casque. Un émeu adulte a une taille de 1,50 à 1,90 m, et pèse habituellement de 30 à 45 kg, parfois jusqu’à 55 kg, les femelles étant en moyenne plus grandes et plus lourdes que les mâles. L’émeu a un corps lourd et compact, des pattes puissantes adaptées à la course et des ailes rudimentaires. L’oiseau peut couvrir de grandes distances, à une vitesse constante de 7 km/h. Il est capable d’atteindre des vitesses de 48 km/h, avec des enjambées d’environ 2,70 m. C’est aussi un bon nageur, qui se baigne volontiers.
Un autre trait que l’émeu possède en commun avec les casoars est la structure à double rachis de ses plumes. Son plumage a une apparence extrêmement lâche, semblable à une chevelure qui pend sur les côtés du corps à partir d’une raie dorsale bien marquée. Les ailes très réduites sont cachées sous le plumage ; elles jouent un rôle important dans la régulation thermique en permettant à l’oiseau de se rafraîchir.
Habitat
Les émeus peuvent être observés dans la majeure partie de l’Australie, où ils vivent dans une grande variété de milieux. Leurs habitats typiques sont la forêt claire et les plaines semi-arides de l’intérieur. En certaines circonstances, ils peuvent gagner les déserts ou les abords des villes. Cependant, ils ne pénètrent pas dans la forêt pluviale tropicale.
Dans quelques régions, l’installation de points d’eau pour les moutons et le bétail ont bénéficié à l’émeu et l’ont aidé à étendre son aire de répartition. C’est pourquoi les plus fortes densités se trouvent actuellement dans les régions d’élevage de moutons, suivies par celles de cultures céréalières et de pâturages pour le bétail.
Mœurs
L’émeu consacre la majeure partie de son temps à se nourrir. Dans cette activité comme dans les autres facettes de sa vie, l’espèce est diurne. Les émeus vivent seuls ou en couples, quoiqu’ils forment parfois des groupes de 4 à 9 oiseaux. Ils ne sont grégaires que lors des déplacements ou dans des lieux où la nourriture et l’eau sont abondantes. Au sein d’un groupe, les liens entre les individus sont lâches et il n’y a pas d’interaction sociale. Les situations d’antagonisme sont fréquemment résolues par une parade de menace. En règle générale, les émeus sont pacifiques, excepté pendant la saison de reproduction, durant laquelle ils sont beaucoup plus agressifs, ainsi que quand ils sont dérangés. Ils sont très curieux et s’approchent fréquemment des hommes.
Voix
En dehors de la saison des nids, les émeus sont normalement silencieux, excepté durant les confrontations ou quand ils croisent des objets étranges ; en de telles occasions ils émettent des sons ronflants. Le grognement est utilisé par les mâles durant la saison de nidification en trois occasions principales : comme cri de menace et de défense du territoire en présence de rivaux ; durant la parade nuptiale ; et avant la ponte.
Nourriture et alimentation
L’émeu est omnivore. La proportion d’éléments végétaux et animaux consommés varie aux différentes périodes de l’année, bien que les premiers constituent généralement la plus grande part du régime. Chaque fois que possible, les oiseaux prennent les parties des plantes présentant la plus haute valeur nutritive : graines, fruits, fleurs et racines tendres. En été, ils mangent de grandes quantités d’insectes ainsi que des petits vertébrés. Pendant la journée, les émeus se nourrissent dans des espaces ouverts, même dans la chaleur de l’été, ce qui implique qu’ils ont besoin de beaucoup d’eau et qu’ils boivent fréquemment. Les émeus ont une capacité considérable à résister aux sécheresses. Avant d’entamer la couvaison, le mâle se constitue d’importantes réserves de graisse, car en général il ne mange ni ne boit durant cette période de 8 semaines.
Nidification
La stratégie de nidification de l’émeu est basée sur la polyandrie des femelles, les mâles prenant l’entière responsabilité des soins aux œufs et ensuite aux poussins. Lors de la formation de couples, la femelle commence par émettre son appel ronflant caractéristique, dans le but d’attirer un mâle. Ce dernier entreprend de récolter des matériaux et de construire des nids à l’intérieur de son territoire, et la femelle et le rejoint.
Le nid est une dépression peu profonde et large de 1 à 2 m, garnie de brindilles, de feuilles et d’herbe, et il est construit par le mâle. Il est fréquemment situé à l’abri d’un buisson ou d’un arbre, mais toujours dans un endroit plutôt dégagé, d’où le mâle couché a une bonne vue sur les alentours. La femelle pond de 5 à 15 (maximum 24) œufs vert foncé. Ces œufs pèsent 450 à 650 g chacun. Comme chez les casoars et les nandous, le mâle assume seul la couvaison et les soins aux jeunes. Pendant qu’il couve, la femelle peut soit rester dans les environs, faisant preuve d’agressivité envers tout intrus, soit quitter le territoire pour s’accoupler avec un autre mâle.
Pendant toute la période d’incubation, le mâle ne mange pas, ne boit pas ni ne défèque. Il se lève plusieurs fois par jour pour retourner les œufs. Une fois que le mâle a commencé à couver, il repousse agressivement la femelle. Les œufs éclosent après 8 semaines d’incubation. Au bout de quelques jours, les poussins abandonnent le nid. Le mâle en prend soin jusqu’à ce qu’ils soient âgés d’environ 5 mois, et durant cette période il se montre extrêmement agressif. Ils atteignent la maturité sexuelle à l’âge de 2 ou 3 ans.
Déplacements
Quand les circonstances le permettent, les émeus peuvent être totalement sédentaires. Sinon, ils sont nomades et peuvent couvrir de longues distances à la recherche d’eau et de nourriture. Les adultes peuvent parcourir jusqu’à 13,5 km par jour et 540 km en 9 mois. Ils se déplacent généralement par petits groupes comprenant des oiseaux de tous âges.
Relations avec l’homme
Ce n’est que depuis l’arrivée des premiers Européens en Australie que les émeus ont commencé à souffrir d’une intense persécution qui amena la rapide extinction des différentes formes insulaires. La viande d’émeu était appréciée des premiers colons, leurs œufs étaient avidement recherchés en raison de leur grande taille, et l’huile d’émeu était utilisée pour les lampes. Toutefois, la vraie persécution ne commença que quand les oiseaux entrèrent en conflit avec les intérêts économiques. Quand des cultures extensives de céréales furent implantées, les émeus adaptèrent leurs habitudes et commencèrent à migrer vers les terres agricoles, où ils trouvaient de l’eau et une nourriture abondante. Ils pénétraient dans les champs, détruisaient les récoltes et endommageaient les propriétés, ce qui amena les fermiers à les considérer comme un fléau, avec pour conséquence que des primes furent offertes pour les tuer. Mais devant l’échec des campagnes de destruction, les fermiers ont finalement opté pour l’érection de clôtures infranchissables.
Il est facile de garder et d’élever les émeus en captivité, et l’espèce fait l’objet d’un élevage en Australie occidentale depuis 1970, principalement pour l’exploitation de sa peau dont on fait du cuir.
Statut et conservation
L’émeu est actuellement largement réparti à travers l’Australie et ses populations sont considérées comme assez stables (au milieu des années 1980, ses populations étaient estimées à 625.000 – 725.000 oiseaux). Leurs nombres sont actuellement limités par trois facteurs principaux : l’intensité des activités agricoles, les disponibilités en eau et la densité des dingos.


