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Émile Gallé est né dans une famille protestante de Nancy le 4 mai 1846. Il mourra dans la même ville le 23 septembre 1904. Enfant de l'Art et du Commerce, il est l'une des figures les plus marquantes des arts appliqués à son époque et l'un des pionniers de l'Art Nouveau.
Son père, Charles Gallé (1818-1902), est déjà d'une envergure peu commune. Artiste peintre, il maîtrise l'art délicat de l'émail mais, après son mariage avec Fanny Reinemer issue d'une famille de négociants en faïences et cristaux, il lance l'entreprise familiale dans une production propre et y rencontre le succès. C'est dans cette ambiance éclectique qu'Émile recevra une éducation à la fois attentive et audacieuse.
Après des études secondaires à Nancy couronnées du baccalauréat, il va en 1865 apprendre l'allemand à Weimar et y poursuit des études de minéralogie. C'est ensuite l'apprentissage des métiers du verre et de la céramique à Meisenthal. Son approche n'est pas simplement théorique et Émile ne craint pas de s'initier au soufflage. Il adjoint à cela de bonnes connaissances en ébénisterie et surtout la passion familiale pour les sciences naturelles et plus particulièrement pour les plantes qui l'amène au dessin.
Par ailleurs, empreint de son éducation huguenote, Émile Gallé mène une vie simple, voire austère. Il effectue des études sur les plantes, les animaux, les insectes. Quelques fois, il seconde son père. Le soir, il lit et annote la bible, feuillette des recueils de poésie. Cette influence sera notable surtout vers 1882, quand il aura assimilé les différentes expériences de sa jeunesse.
De 1862 à 1866 : Il est en Allemagne, en particulier à Weimar.
1866 : il est à Meisenthal, dans la vallée de la Sarre, où il travaille dans les verreries de Burgun, Schwerer & Cie. C'est ici qu'il développe ses connaissances sur la chimie du verre.
1870 : Il est de nouveau à Saint-Clément où, avec Victor Prouvé, il compose un service de vaisselles rustiques avant de l'engager volontairement comme soldat dans la guerre.
1871 : Il est à Londres où il travaille au musée de Kensington et au jardin botanique.
Il y étudie l'art des cristaux anciens, les émaux de masse des lampes arabes de Philippe-Joseph Brocard, les vases de verres aux riches matières, quasi-chinoises ou l'art japonais d'Eugène Rousseau.
Il retourne à Nancy, ayant de nouvelles voies d'exploration de la technique du verre et il s'emploie à imiter la nature avec des stries, des nœuds, des éclats, des reflets, des ombres, des marbrures.
Il superpose les couches de matières et y interpose des feuilles d'or et d'argent. Il suscite des bullages et des rayures.
1875 : Il épouse Henriette Grimm, fille d'un pasteur de la région.
En 1877, il reprend les activités développées par son père. Il s'installe à La Garenne. Travailleur acharné, il développe l'affaire.
1878 : Il participe à l'exposition universelle. Sa renommée s'étend au monde entier : il obtient quatre médailles d'or.
En 1883, il construit de vastes ateliers :
Il s'y réserve une pièce au centre ou il élabore ses projets. De nombreux artistes, artisans travaillent pour lui :
Vers 1889, ils sont environ trois cent. Il interdit à ses collaborateurs de reproduire une fleur sans en avoir le modèle sous les yeux.
Il ouvre plusieurs comptoirs :
Régulièrement, il expose ses œuvres :
1884 : Il expose à Paris La Pierre, le Bois, la Terre, le Verre obtient une médaille d'or.
1889 : Il reçoit le grand prix de l'exposition universelle. Il est fait officier de la Légion d'honneur.
1893 : Il participe à l'exposition universelle de Chicago.
1894 : Il participe à l'exposition d'art décoratif de Nancy.
1897 : Il participe à l'exposition de Munich ou il reçoit une médaille d'or
1900 : Couronnement de sa carrière : 2 grands prix, une médaille d'or. Il est nommé commandeur de la Légion d'honneur et le 19 mai, il est admis à l'Académie Stanislas de Nancy. Il y effectue un discours de réception sur le décor symboliste.
1901 : Il participe à l'exposition de Dresde.
Il créée l'École de Nancy en 1901 avec Victor Prouvé, Louis Majorelle, Antonin Daum et Eugène Vallin, alliance dont il est le président.
1902 : Il participe à l'Exposition des Arts Décoratifs de Turin. Couvert d'honneurs et de gloire, il devient membre de la société des Beaux-Arts de Paris et de plusieurs sociétés savantes.
1904 : Le 23 septembre à l'âge de 58 ans, il meurt d'une leucémie.
C'est fort improprement qu'on parle de l'œuvre verrière d'Emile Gallé sous le nom de pâte de verre. La pâte de verre désigne en réalité des verres colorés pilés, dont on garni des moules portés au feu, et qu'on démoule ensuite.
La pate de verre est une matière bulleuse, selon la granulométrie du verre utilisé, qui prend à la lumière un aspect cireux, mat, transluscide ou ponceux, comme le montre les œuvres délicates de Charles Cros ou d'Argy Rousseau.
Si Gallé connaissait cette technique, l'essentiel de sa production était soufflée, non pas en verre mais en cristal, c'est-à-dire avec adjonction de sels de plomb. A la paraison initiale de cristal, Gallé ajoutait des couches nouvelles colorées d'oxydes métalliques, des inclusions, avanr de souffler la pièce de cristal, de la retravailler d'inclusions nouvelles, d'appliques, de feuille d'or ou d'argent.
Au refroidissement, les différences de dilatation de ces couches étaient la cause d'accidents très fréquents, l'ouverture des fours révélant une casse impressionnante, qui faisaient la rareté des pièces réussies.
Issues de la halle de cristallerie, les pièces étaient alors retravaillées par gravure, à la roue pour les plus précieuses, à l'acide fluorhydrique pour les plus courantes. On dégageait ainsi un décor en camée, le plus souvent floral, rencontre heureuse des hasards du soufflage et du savoir faire des taillandiers.
Chaque pièce portait la signature de Gallé, avec des variantes qui donnent lieu à catalogue. après la mort de Gallé en 1904, les verreries continuèrent à produire jusqu'en 1914. Sa signature est alors accompagné d'une étoile, que des antiquaires peu scrupuleux n'hésitent pas à faire meuler.
Voir aussi : École de Nancy


