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Épaminondas, en grec ancien Ἐπαμεινώνδας (Thèbes v.-418–Mantinée -362), homme d'État et général thébain.
Né dans une famille noble mais pauvre, il se fait remarquer pour la première fois en -379, lors de la restauration de la démocratie par Pélopidas et l'éviction des Spartiates et de leurs amis thébains, menés par Léontiadès, de la Béotie.
Il devient rapidement béotarque et engage Thèbes dans une politique d'assertion de sa puissance sur les cités béotiennes. Pour cela, il n'hésite pas à affronter Sparte à plusieurs reprises, même quand ses propres troupes sont moins nombreuses : les Béotiens vainquent les Lacédémoniens notamment à Tégyres et Orchomène en -375. Ces succès sont dus au génie militaire d'Épaminondas, mais aussi à sa réorganisation de la phalange béotienne, notamment en introduisant un corps d'élite permanent de 300 hommes, le fameux Bataillon sacré, qui selon Plutarque, est composé entièrement de couples d'amants.
En -371, Sparte, qui piétine sur les fronts thébain et athénien, propose une paix commune. Thèbes accepte de jurer la paix si elle le fait au nom des Béotiens, ce qui revient pour Athènes et Sparte à reconnaître l'hégémonie béotienne. Sparte refuse et exige que Thèbes reconnaisse l'indépendance de la Béotie. Épaminondas rétorque qu'il le fera si Sparte reconnaît celle de la Laconie. Furieux, les Spartiates se lancent dans une grande invasion de la Béotie, menée par le roi Cléombrote. Épaminondas parvient à convaincre ses collègues à livrer bataille malgré leur infériorité numérique. C'est la bataille de Leuctres, où Épaminondas déploie son talent militaire : il désorganise les lignes spartiates grâce à un premier assaut de cavalerie, puis redéploie sa phalange en concentrant ses forces sur le côté gauche (et non droit comme c'est l'usage), sur une profondeur de 80 hommes (contre 12 du côté spartiate). Ceci lui permet d'enfoncer inexorablement les lignes ennemies, du côté de leurs troupes d'élite. Sparte perd 400 Égaux, dont le roi Cléombrote, soit un tiers des citoyens en âge de se battre.
Cet écrasant succès permet à Épaminondas d'adopter une politique plus ambitieuse : mettre fin à l'hégémonie de Sparte et la remplacer par celle de Thèbes. L'assassinat de Jason de Phères en -370, l'inquiétant voisin de Thèbes, supprime un obstacle important. Thèbes s'allie aux cités de Grèce centrale, les Phocidiens, les Locriens, les Acarnaniens et les Eubéens. Elle lance une grande offensive contre le Péloponnèse à la fin de -370, malgré l'hiver et le fait que les béotarques soient en fin de mandat. Épaminondas pille la Laconie, mais face à la tactique de guérilla du roi Agésilas, renonce à attaquer Sparte elle-même. Il se replie sur la Messénie et libère les Hilotes. Il fait bâtir une cité autour de l'Ithôme, forteresse historique des guerres de Messénie, la fortifie, et invite tous les Messéniens exilés en Grèce ou en Grande Grèce à rentrer. La nouvelle ville, Messène, considère le Thébain comme son œciste (fondateur).
En rentrant à Thèbes, c'est pourtant un procès qui attend Épaminondas et Pélopidas, béotarque lui aussi : on les accuse d'avoir outrepassé leurs fonctions. Rapidement, le procès tourne au triomphe pour les deux généraux. Épaminondas se tourne alors vers la Thessalie, sous le joug des tyrans successeurs de Jason. Il y rencontre des succès mitigés, et en 368, il est même capturé. Ces campagnes le portent jusqu'en Macédoine, les troupes macédoniennes aidant les tyrans thessaliens. En -369, il dirige son attention sur l'isthme de Corinthe, dans le but d'assurer les communications entre Thèbes et ses alliés péloponnésiens, mais échoue devant Corinthe. En -365, il leur extorque tout de même une paix où la cité reconnaît l'indépendance de la Messénie.
Sur la mer, Épaminondas cherche à établir son hégémonie contre Athènes. Il fait voter par l'Assemblée une nouvelle flotte de cent trières, prête en -364. Il veut séparer Byzance, Chios et Rhodes de la Confédération athénienne, et ainsi former une flotte capable de rivaliser avec Athènes. Pourtant, les résultats obtenus sont maigres. Après -363, on entend rarement parler des trières thébaines.
En -364, l'Arcadie, avec laquelle les relations devenaient tendues, envahit l'Élide et fait main basse sur le trésor sacré d'Olympie. Mantinée, adversaire de Thèbes, proteste et obtient gain de cause auprès de l'assemblée des Dix-Mille, qui régit l'Arcadie. Or, le traité entre l'Arcadie et Thèbes interdit une paix séparée. Épaminondas est envoyé pour ramener Mantinée au pas. Celle-ci fait appel à Sparte, qui envoie une armée commandée par Agésilas. La bataille a lieu en -362 sur la plaine de Mantinée. Épaminondas enfonce les lignes spartiates grâce à sa tactique habituelle, mais trouve la mort au cours du combat, ce qui ne permet pas à Sparte d'obtenir un succès net.
Épaminondas est un personnage admiré sous l'Antiquité. Cornélius Népos, qui lui consacre une biographie, lui rend hommage en disant qu'avant sa naissance et après sa mort, Thèbes est toujours dominée par une puissance étrangère, mais que pendant qu'il est au pouvoir, Thèbes se retrouve à la tête de la Grèce.


