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Épictète, en grec ancien Ἐπίκτητος Epiktêtos (Hiérapolis, Phrygie, 50–Nicopolis, Épire 125 ou 130) est un philosophe de l'école stoïque.
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Probablement né à Hiéropolis (Sud-Ouest de la Phrygie), Epictète passe son enfance comme esclave au service de Epaphrodite (un affranchi de l’empereur Néron) dont la tradition en fait un maître cruel et sadique.
Epictète réussit cependant à assister aux conférences du stoïcien Musonius Rufus. Par la suite il est lui aussi affranchi dans
des conditions qui restent indéterminées. Il se met alors à l'étude de la philosophie et du stoïcisme en particulier. Mais en 89, il doit quitter Rome suite à un édit
de Domitien contre les philosophes. Domitien s’accommode mal de l’influence qu’a le
stoïcisme parmi les opposants à son régime tyrannique.
Epictète se retire à Nicopolis
(Épire) où il ouvre une école qui connaît un grand succès. Pendant plusieurs années
il enseigne sous la forme de discussions et de remises en question. Ses contemporains semblent avoir la plus grande estime quant
à la qualité de son enseignement. Selon Spartianus, il revient ensuite à Rome
où il devient familier de l'empereur Hadrien, mais le fait est incertain. Selon la
Souda, il vit jusqu'au règne de Marc-Aurèle, mais d'après Aulu-Gelle, Épictète est déjà mort
quand celui-ci arrive au pouvoir.
De son vivant Épictète n'a rien écrit, mais l'un de ses disciples, Arrien, a recueilli ses propos regroupés en deux ouvrages Les entretiens (Διατριβαί [diatribai]) et Le
manuel (Enchiridion) qui sous la forme d’aphorismes résume sa doctrine.
La philosophie d’Epictète se veut pratique, comme un ensemble de règles permettant de mettre en application de grandes valeurs morales. La droiture d’esprit qu’il préconise lui fait rejeter les effets de style des orateurs, les joutes pseudo logiques des sophistes et la recherche effrénée des honneurs.
La question principale à laquelle tente de répondre sa philosophie est de savoir comment vivre sa vie. Tous les autres grands
questionnements de la philosophie sont de peu d’importance à ses yeux face à cette première interrogation. Une des premières
réponses qu’il apporte à ceci est d’apprendre à distinguer les choses qui dépendent de nous de celles qui n’en dépendent pas. Le
précepte radical qu’il offre ensuite est de considérer qu’il est impossible de changer les choses qui ne dépendent pas de nous,
alors autant les accepter telles quelles pour pouvoir être heureux. « Celles qui en dépendent sont nos opinions, nos
mouvements, nos désirs, nos inclinations, nos aversions ; en un mot, toutes nos actions. » Ces choses-là sont libres et
chacun peut exercer sa volonté entière sur elles. Cette liberté absolue de la volonté ne peut être restreinte ni par la douleur, ni par la mort, ni par quoi que se soit qui est extérieur à
elle. Si la volonté s’accommode d’un quelconque fait c’est que d’une certaine manière elle a voulu cette accommodation.
Ainsi, bien que nous ne soyons pas responsables des idées qui naissent librement dans notre conscience, nous sommes absolument et sans aucune échappatoire responsables de la manière dont nous faisons
usage de celles-ci. D’après Epictète il est primordial de garder à l’esprit qu’en dehors de notre esprit il n’existe ni bien ni mal, et qu’il est vain de tenter de modifier les
événements qui ne dépendent pas de nous, mieux vaut les accepter tels
qu’ils surviennent.
La loi divine qui nous guide nous empêche de faire quelconque réclamation pour ce qui advient et qui ne dépend pas de nous. En
fait, il faut se résigner à accepter ce que les événements et le destin nous apportent tant que ceci n’est pas de notre ressort.
L’Homme est partie intégrante d’un système qui le dépasse et plutôt que de s’opposer vainement au sort qui lui est réservé, il
l’accepte simplement. D’une certaine manière il comprend le divin qui est en lui et fait résonner sa vie au diapason de ses
jugements guidés par la haute morale qu’il s’impose à lui-même.
Pour le stoïcien rien ne sert de vénérer la nature, les dieux ou d’autres maîtres, seuls des principes rationnels doivent permettre de comprendre – ou simplement accepter - le
mouvement du monde et des hommes. C’est par une analyse rationnelle qu’il détermine ce qui ne dépend pas de lui, et c’est grâce à
cette même raison qu’il définit ses jugements sur le monde.
Les modèles historiques auxquels Epictète fait penser sont Diogène et Socrate. D’après ses discours on peut tracer le portrait de ce qui serait pour lui le
stoïcien accompli. Ce sage n’aurait ni pays, ni maison, ni terres, ni femme, ni enfant, ni esclaves, son lit serait le sol et son
seul toit serait le ciel. Il souffrirait sans se plaindre les moqueries et les coups jusqu’à aimer son bourreau comme un frère ou
un père. Il est l’égal des héros et des
dieux car il a vaincu ses démons intérieurs : la souffrance, la peur, le désir…
Le stoïcisme
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