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En mathématiques, on appelle équation polynomiale
un problème de la forme

où les , appelés coefficients de l'équation, sont donnés. Les coefficients sont le plus souvent des nombres réels ou complexes, mais ils pourraient prendre leurs valeurs dans n'importe quel anneau. Résoudre l'équation consiste à trouver l'ensemble des valeurs de l' inconnue (appartenant à un certain ensemble, en général le même corps ou anneau que les coefficients), appelées solutions de l'équation, pour lesquelles l'égalité (E) est vraie.
On appelle degré de l'équation la plus grande puissance de l'inconnue affectée d'un coefficient non nul.
Par exemple, l'équation d'inconnue
est une équation polynomiale réelle du second degré. (Son
unique solution est .)
| Sommaire |
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1.1 Polynômes |
Soit l'équation

dont les coefficients appartiennent à un corps
. Les solutions de (E) dans
sont les racines du polynôme
![P = a_n X^n + a_{n - 1} X^{n - 1} + \cdots + a_1 X + a_0 \quad \in \mathbb K[X],](/Images/a/a6777d8338fc371c90e7aaa1d0e31fd6.png)
obtenu en substituant à l'inconnue l'indéterminée .
On montre en algèbre qu'un polynôme de degré possède au plus racines. L'équation (E) admet donc au plus solutions.
Si
est un surcorps de
, on peut considérer (E) comme une équation à coefficients
dans
; et les solutions de (E) dans
sont aussi solutions dans
(la réciproque étant en général fausse). Il est toujours
possible de trouver un surcorps de
, appelé
corps de rupture du
polynôme , dans lequel (E) admet au moins une solution.
Le théorème de d'Alembert-Gauss affirme que le corps des complexes est algébriquement clos, c'est-à-dire que toute équation polynomiale à coefficients complexes et de degré au moins un admet une solution.
Il s'ensuit que toute équation polynomiale de degré un ou plus à coefficients réels admet une solution complexe. En
revanche, une équation comme n'a pas de solution dans
(ses solutions sont les complexes et ).
On peut toutefois noter qu'une équation polynomiale réelle de degré impair admet nécessairement une solution réelle. En effet,
la fonction polynôme associée est continue, et elle tend
vers
au voisinage de
et vers
au voisinage de
. D'après le théorème des valeurs
intermédiaires, elle prend donc la valeur zéro en un certain réel, qui est ainsi solution de l'équation.
(à compléter/refaire !)
On dispose de formules donnant les solutions des équations polynomiales réelles ou complexes de degré inférieur ou égal à quatre en fonction de leurs coefficients. Niels Henrik Abel a montré qu'il n'est pas possible de trouver telles de formules générales (n'utilisant que les quatre opérations usuelles et les racines) pour les équations de degré 5 ou plus. Évariste Galois a donné un critère permettant de déterminer, étant donnée une équation polynomiale, si sa solution s'exprime par radicaux.
La résolution explicite d'une équation réelle ou complexe du premier degré est immédiate. Résoudre une équation de degré supérieur revient à factoriser le polynôme associé, c'est-à-dire à réécrire (E) sous la forme
,où apparaissent naturellement les solutions
. On cherche donc à exprimer les en fonction des
.
(Cette démarche s'applique plus généralement si coefficients et solutions prennent leurs valeurs dans un anneau intègre.)
(Voir Résolution détaillée des équations du second degré.)
Pour résoudre une équation du second degré du type on calcule son discriminant Δ (delta), défini par .
Si , alors l'équation a deux racines réelles distinctes et , telles que :

.Si , l'équation a alors une racine réelle double , telle que :
.Si , il n'existe aucune racine réelle au trinôme. Cependant il possède 2 racines complexes conjuguées et
. Si , on peut écrire :


Certaines équations de degré trois ou quatre se ramènent facilement à des équations du second degré. Leur résolution nécessite de connaître la formule de résolution des équations du second degré et les nombres complexes.
Lorsqu'une équation de degré admet une solution évidente, on peut factoriser le polynôme associé en un facteur du premier degré et un polynôme de degré . La résolution de l'équation se ramène donc à celle d'une équation de degré .
On se propose d'étudier pour quelles valeurs de la fonction réelle
, polynomiale de degré 3, s'annule.
On remarque tout d'abord que . Donc -1 est une racine du polynôme.
On cherche alors tels que
.On a :


Or deux polynômes sont égaux s'ils sont de même degré et si leurs coefficients respectifs sont égaux deux à deux. Donc :

et

Ainsi,
,et résoudre revient à résoudre , puisque . L'unique solution réelle de l'équation est .
On se propose de rechercher les racines du polynôme bicarré

(est dit bicarré tout polynôme de la forme
). Pour cela, nous allons réaliser un changement d'inconnue.
Posons , on a alors . L'équation du second degré obtenue a pour discriminant . Ses solutions sont donc


Ces solutions sont exactement les carrés des solutions de l'équation de départ
.L'ensemble des racines de est donc
.L'objectif est ici d'étudier les solutions de l'équation , avec
. Cela illustre que certaines
équations non polynomiales se ramènent, elles aussi, à des équations polynomiales du second degré.
On pose ; on peut donc écrire . On résout alors l'équation f(x) = 0 d'inconnue : équivaut à . Les solutions sont donc et .
, étant négative, n'est pas le carré d'un réel . La seule solution possible de est donc
.Réciproquement, on vérifie que 25 est solution.
Pour résoudre une équation du troisième ou du quatrième degré, on peut tenter de ramener l'équation à une multiplication d'au moins deux polynômes plus simples (voir ci-dessus).
Jérôme Cardan a résolu certaines équations de degré 3 et a exprimé les racines sous la forme de radicaux. Leonhard Euler a résolu ces équations d'une manière générale en commençant par rendre nul le terme de degré inférieur à celui du terme dominant en cherchant sans succès une méthode générale s'appliquant ensuite aux équations de degré supérieur.
Pour un exposé détaillé de certaines méthodes de résolution voir :
Évariste Galois et Niels Henrik Abel ont démontré indépendamment l'un de l'autre que d'une manière générale une équation polynomiale de degré 5 ou plus n'est pas résoluble par radicaux (voir paragraphe Théorie ci-dessus). Certaines équations particulières le sont.
Charles Hermite a en revanche démontré qu'elles sont résolubles à l'aide des fonctions elliptiques.


