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Erich von Manstein (24 novembre 1887 - 11 juin 1973) fut un militaire.
Il est célèbre pour s'être opposé à Adolf Hitler en plusieurs occasions, le reste de l'état-major regardant. Bien que cela aurait du le faire limoger il fut l'un des rares généraux à garder la confiance du chef. Néanmoins il fut finalement en 1944 mis sur la touche.
Manstein était né Erich von Lewinski à Berlin, le dixième d'un aristocrate prussien, le général d'artillerie Edouard von Lewinskit. Orphelin il fut adopté par son oncle le général Georg von Manstein. Il était destiné à devenir un militaire dès la naissance. Il passa six ans dans le corp des cadets puis s'enrôla dans les 3e gardes à pied comme enseigne. En 1913 il entra à l'académie militaire et fut promu lieutenant en 1914.
Quand la Première Guerre mondiale commença il servit brievement sur le front ouest en Belgique puis fut envoyé en Pologne. Là il fut blessé et retourna au service en 1915 avec le grade de capitaine. Il demeura officier d'état-major jusqu'à la fin de la guerre. Il se porta volontaire pour un poste de cadre dans la défense de la frontière à Breslau (Wroclaw) et servit là jusqu'en 1919.
Il prit ensuite part dans le processus de créer la Reichswehr. Il fut promu commandant de compagnie en 1920, puis commandant de corps en 1922. En 1927 il atteignait le grade de major et commença à être affecté à l'état-major visitant les autres pays pour apprendre sur leurs forces armées. En 1933 il était colonel. Consideré comme non coopératif par Hitler il fut envoyé en Silésie comme commandant de la 18e division.
Pendant la campagne de Pologne il servit dans l'état-major sud sous Gerd von Rundstedt. Il fut le premier à opérer dans la banlieue de Varsovie, et quand le restant de l'armée polonaise allait vers l'est il ferma l'encerclement et il fut la principale force dans la destruction totale de la poche.
En 1940 il travailla avec Blumentritt et von Tresckow pour développer un plan pour envahir la France. Il suggéra que l'armée attaque à travers les forêts des Ardennes, où personne ne l'attendait. Hitler rejeta d'abord la proposition mais finalement approuva une version modifiée. Il ne partipa pas à la campagne. Le plan fut tellement efficace que Manstein fut récompensé par la croix de chevalier.
En février 1941 il fut nommé commandant du 56e corps panzer. Lors de l'opération Barbarossa il servit sous le général Erich Hoepner. Attaquant le 22 juin 1941 il avança plus de 170 km en deux jours et fut capable de saisir les ponts importants à Dvinsk. Les mois suivants il captura Demyansk et Torzhok.
Manstein fut nommé commandant de la 11e armée en septembre 1941 avec la tâche de conquérir la Crimée. L'armée rouge défendait Sébastopol et cette base importante de la mer noire ne fut pas prise avant la fin juin 1942. Promu maréchal le 1er juillet il fut envoyé sur le front de Léningrad. Là ses forces moins nombreuses furent capable d'endiguer l'adversaire et d'en annihiler 60.000.
En novembre 1942 pendant la bataille de Stalingrad, Hitler le nomma commandant de l'armée groupe Don (Heeresgruppe Don) avec la mission de sauvetage de la 6e armée de Friedrich Paulus qui était encerclée dans la ville. Placé en charge d'un groupe d'hommes et de machines fatigués il conduisit ses trois divisions panzer à moins de cinquante kilomètres des encerclés. À ce point il demanda que la 6e armée tente de le rejoindre mais Hitler refusa. Une attaque massive par l'armée rouge à un autre point l'obligea à transferer ses forces à l'armée groupe A dans sa retraite du Caucase vers l'Ukraine pour éviter l'effondrement du front complet.
Manstein regroupa et l'année suivante infligea une lourde défaite aux soviétiques à Krasnograd. L'estimation est de 23.000 soldats tués et 9.000 prisonniers. Il alla ensuite à la reconquête de Kharkov et Belgorod avec 2nd SS Panzer Corps. En reconnaissance pour cette action les feuilles de chêne furent ajoutés à sa croix de chevalier en mars 1943. Manstein proposa alors une action audacieuse pour prendre par le côté l'armée rouge dans la mer d'Azov à Rostov mais à la place Hitler choisit la plus conventionelle opération Citadelle destinée à écrasée le saillant de Koursk.
Pendant Citadelle Manstein mena la pince sud, et malgré des pertes immenses il parvint à atteindre presque tous les buts initiaux, mais suite à l'échec presque total de la pince nord et à l'opération Husky (le débarquement des alliés en Italie) Hitler décida d'arréter l'offensive. Manstein protesta en disant que la victoire était presque à portée de main. Après Citadelle les soviétiques lancèrent une contre-attaque massive sur les forces allemandes épuisées.
En septembre, il fit retraite sur la rive ouest de la rivière Dniepr tout en infligeant de fortes pertes à l'armée rouge. D'octobre à la mi-janvier de 1944 Manstein « stabilisa » la situation mais fut ensuite obligé de reculer. À la mi-février il désobéi aux ordres d'Hitler et ordonna aux 11e et 42e corps (consistant en 56.000 hommes dans six divisions du groupe armée sud de sortir de la poche de Korsun. Hitler accepta à posteriori cette action et en donna l'ordre alors qu'il était déjà réalisé.
Manstein continua à argumenter avec Hitler à propos de la statégie générale et en mars 1944 il fut mis en disponibilité, remplacé par Walther Model. Cependant les épées furent ajoutées à sa croix de chevalier. Il fut soigné pour un problème à l'œil près de Breslau et récupéra près de Dresde puis pris sa retraite. Bien qu'il ne participa pas au complot de juillet 1944, il le connaissait. À la fin de janvier 1945 il rassembla sa famille qui habitait à Leignitz et la plaça dans l'ouest de l'Allemagne.
Après la guerre il fut chargé avec des crimes de guerre. Il avait ajouté aux ordres d'élimination des « indésirables » que « toutes actions devaient être faite en évitant d'être arbitraires ou égoïstes, sauvage ou sans discipline, et plus généralement contre l'honneur du soldat ».
Il fut jugé coupable et condamné à 18 ans de prison. Cependant pour des raisons médicales il fut libéré le 6 mai 1953. En 1956 il devint conseiller pour la nouvelle armée de l'Allemagne de l'ouest, la Bundeswehr, puis s'installa en Bavière.
Ses mémoires de guerre Verlorene Siege (Victoires perdues) (ISBN 3763752536) furent publiées en 1955.


