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Le concept d'essence désigne en métaphysique la réalité persistance d'un être à travers les modifications de ses accidents. Elle signifie donc le ce que c'est pour un être d'être tel ou tel.
Par suite, on distingue l'essence de l'existence, dans la mesure où l'existence est la réalisation de l'essence.
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Dans le domaine de la connaissance, cette distinction signifie que l'essence est la condition de possibilité de la définition et du concept, car ce qu'est une chose est pour elle nécessaire et identique à soi, et la nécessité est l'objet du discours scientifique. En revanche, l'existence est empirique et ne permet pas de connaître les êtres : l'existence est le domaine de l'accidentel et du contingent, du multiple et de l'altérité irréductible.
L'essence étant le ce que c'est d'un être, elle en est la structure normative ; en conséquence, pour l'homme, le fait d'être humain impose des règles à l'individu singulier, dont l'individuation contingente est inessentielle et ne fonde donc aucune valeur éthique. L'éthique sera alors pour un homme particulier l'effort de son existence à rejoindre son essence (son être humain).
En théologie (voir Thomas d'Aquin), il est admis qu'en Dieu l'essence et l'existence sont une seule et même chose ; Dieu est de par sa propre essence. En revanche, l'essence de l'homme n'implique pas l'existence. L'homme est donc un existant qui tient son être d'autre chose ; c'est cette relation de dépendance qui fonde le lien religieux de la créature à son créateur.
La critique de cette distinction passe habituellement par la négation de l'essence, soit comme réalité, soit comme être intelligible par l'homme. C'est le cas par exemple dans le scepticisme et chez Nietzsche. Cette négation se transforme parfois en nihilisme, puisqu'il n'est plus possible de faire de la réalité un objet intellible doué de sens et que les valeurs de l'éthique ne trouvent plus aucun fondement certain.
Un argument contre le concept d'essence est que le devenir n'admet aucune réalité stable, car l'idée d'un être immuable est contradictoire, et que ce que l'on nomme essence n'est qu'un agrégat éphémère de forces ou d'atomes.
Conséquence de la négation de l'essence, l'affirmation de la seule existence.
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