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L'Estado Novo (l'État nouveau) est le régime politique du Portugal de 1933 à 1974. Expression politique de la doctrine salazariste, c'était un régime autoritaire conservateur, s'appuyant sur les élites traditionnelles (Église, armée,...) et dont l'organisation présentait des analogies avec le régime fasciste italien sans pour autant en partager totalement la doctrine.
Tout comme le régime mussolinien, l'Estado Novo consistait en un système corporatiste reposant sur un parti unique et alimentant un nationalisme ardent trouvant son expression dans la défense intransigeante de l'empire colonial portugais; le culte du chef, Antonio de Oliveira Salazar, « marié avec la Nation » était largement favorisé; une police politique redoutable, la PIDE, traquait les opposants au régime; enfin le salazarisme tout comme son homologue italien se déclarait ouvertement anti-communiste et anti-libéral.
Malgré tout, des différences de doctrine entre les régimes italien et portugais existaient: la rupture révolutionnaire prônée par le fascisme était remplacée au Portugal par la volonté de conserver les structures historiques, le refus de l'expansionnisme territorial (tempéré toutefois par la défense des territoires d'outre-mer), une vision pessimiste de l'Homme, typiquement conservatrice selon la vision d'Edmund Burke, contrairement à la volonté du fascisme de créér un « Homme nouveau » maîtrisant les forces de la Nature.
Aujourd'hui, trente ans après la Révolution des œillets, le débat reste encore ouvert sur cette dictature qui tyrannisa le peuple portugais pendant plus de quarante ans et notamment sur la question de savoir si l'Estado Novo doit être classé parmi les autoritarismes ou bien s'il remplissait toutes les conditions pour être admis dans la catégorie du totalitarisme tel que l'a défini Arendt.
Petite particularité: ce fut une chanson de José Afonso, Grandola Vila Morena, qui déclenchea la Révolution des œillets en décidant les soldats, fatigués par une longue guerre coloniale en Afrique, à sortir de leurs casernes.


