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L'esthétisme est une attitude d'artistes et d'écrivains anglais du dernier quart
du XIXe siècle, reprise en France vers 1890-1900.
À cette époque, une nouvelle sensibilité se développe en réaction contre le naturalisme. Ce mouvement s'intéressait à décrire la réalité jusque dans sa trivialité. Les esthètes, quant à eux, préfèrent s'adonner à la recherche du raffinement, de la beauté, de l'art. Ils adhèrent à la religion du Beau et le trouvent dans des formes inconnues du « vulgaire »: l'art primitif (le préraphraélisme) ou naïf, les mobiliers et vêtements anciens, les formes de langages ésotériques, etc. « Tout art est complètement inutile » (préface de Dorian Gray)
Trois œuvres explorent au même moment les possibilités de cette « philosophie »:
L'accueil est enthousiaste au sein des petits cercles, coteries et revues littéraires. Depuis des années, Théophile Gautier et le mouvement « l'art pour l'art » avaient préparé la voie (préface à Mademoiselle Maupin, 1835)
Esthétisme, décadentisme, voire le symbolisme, sont des recherches pour échapper à un même malaise: la fin du XIXe siècle se partage d'une part entre la foi dans la science et la modernité; d'autre part, l'anxiété, le pessimisme devant des valeurs remises en cause par le matérialisme. Le culte des sens a semblé à certains une issue.
De nos jours, l'esthète est celui qui attache plus d'importance à l'aspect formel d'une œuvre, celui qui a un sens raffiné du beau.


