Eternité
Le terme éternité est utilisé avec trois acceptions très différentes :
- dans le langage courant, « une éternité » désigne en général seulement un temps très long
- dans le langage lyrique, cela désigne un futur sans fin prévisible : les héros de l'Iliade estiment ainsi acquérir une gloire pour l'éternité. Pour Renan et dans cette acception : « L'homme peut vivre sans croire à l'éternité; mais il faut
qu'on y croie pour lui et autour de lui ». Il est de fait difficile d'admettre qu'on est éphémère, et on cherche
souvent à laisser une trace, aussi discrète - voire anonyme - soit-elle, de son passage. Le nombre de collaborateurs à la
Wikipédia en témoigne d'ailleurs.
- dans le langage religieux, en tout cas chrétien, il s'agit d'une soustraction à l'emprise du temps. À ce titre, elle n'a ni
commencement ni fin, ces termes n'y ayant pas même de sens. Elle est donc à distinguer de l'immortalité, qui a un début et pas de fin. Saint
Augustin distingue dans la Somme théologique quelque
chose qui est distinct de l'éternité comme de l'immortalité, et qu'il nomme l' aevum, mais le concept n'en paraît plus
très clair aujourd'hui. S'agit-il d'un espace des possibles ? Si tel est le cas, les équivalents en physique
moderne en seraient l'espace de Hilbert tel qu'il est utilisé en
mécanique quantique, ou encore le multivers d'Hugh Everett.

