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On appelle eunuque un homme castré. La castration se limite
généralement à l'ablation des testicules mais il arrive qu'elle concerne
également le pénis, connue alors sous le nom de pénectomie (souvent avec un tube inséré
pour garder l'urètre ouverte).
Dès le commencement de l'histoire, il y a des références aux eunuques.
Le mot vient du grec ancien : εὐνή eunê (« lit ») et ἔχω ekhô (« garder »), soit « gardien du lit » (en latin cubicularius) — ce qui atteste le rôle traditionnel de l'eunuque comme gardien du harem.
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Dans la Chine ancienne la castration était à la fois une punition traditionnelle (jusqu'à la dynastie Sui) et un moyen d'obtenir un emploi dans le service impérial. À la fin de la dynastie Ming il y avait 70.000 eunuques (宦官 huàn'guān, ou 太監 tàijiān) dans la cité interdite. La valeur d'un tel poste était importante car pouvait permettre d'obtenir un pouvoir immense, qui dépassait celui du premier ministre; cependant, la castration par elle-même fut finalement interdite. Le nombre d'eunuques n'était plus que de 470 en 1912, lorsque la fonction fut abolie. La justification de cette obligation pour les fonctionnaires de haut rang était la suivante : puisqu'ils ne pouvaient procréer, ils ne seraient pas tentés de prendre le pouvoir pour fonder une dynastie. À certaines périodes un système similaire a existé au Viêt Nam et en Inde.
Dans l'Empire Ottoman et autres terres musulmanes, des eunuques étaient affectés à la garde et à l'administration des harems ou sérails, c'est-à-dire de l'habitation privée dans lesquelles les épouses d'un homme important étaient logées et tenues à l'écart du monde. Un homme non châtré autre que le maître de maison n'aurait pas pu être admis dans une telle enceinte, de peur qu'il n'entretienne une liaison avec une des épouses. On pensait que la castration ôtait les désirs sexuels et la possibilité de coït.
La pratique de la castration était également installée en Europe chez les Grecs et les Romains, mais pas pour les serviteurs
de la cour. Elle a plutôt concerné le domaine religieux. Ceux qui vénéraient la déesse Cybèle par exemple pratiquaient des rituels d'auto castration, sanguinaria.
Même à l'époque chrétienne la pratique se perpétua ; comme les femmes n'étaient pas autorisées à chanter dans les églises,
leur place était prise par les castrats. La pratique demeura populaire jusqu'au
XVIIIe siècle et en partie au XIXe siècle. Le plus fameux castrat italien ne mourut qu'au début du XXe siècle.
La secte russe du XVIIIe siècle, Skoptzy (скопцы), est un exemple de culte de la castration. Ses membres voyaient cela comme une voie pour renoncer aux péchés de la chair. Au XXe siècle, plusieurs membres du culte de la Porte du Paradis ont égalemement été trouvés castrés - apparemment volontairement - pour les mêmes raisons.
La relation pathologique au corps caractérisée par le désir d’être un eunuque est appelée le syndrome skoptique, nommé d’après la secte Skopty. Ce désir est encore présent dans la population contemporaine, comme le prouve le grand nombre de participants dans les salons de l’internet sur ce sujet. Il y a aussi la présentation fréquente par les bulletins de nouvelles d’incidents d’autocastration et de réseaux souterrains de gens pratiquant la castration sans licence médicale. La plupart des urologues se sont trouvés confrontés avec des patients qui ont tenté la castration sur eux-mêmes. Suivant un article de la presse de Detroit ceux qui coupent leurs propres testicules ne font pas attention aux artères qui y débouchent.
Suivant le dictionnaire de la mauvaise information de Tom Burnham, les eunuques ne pouvaient pas avoir de coït avec les femmes du harem qu’il surveillait. Si la castration intervient après la puberté, ce qui était le plus fréquent pour les serviteurs, il peut avoir une érection et donc un coït, mais sans pouvoir féconder. Suivant Burnham beaucoup de femmes préfèrent ces eunuques comme amant car ils n’éjaculent pas et peuvent tenir l’érection plus longtemps.
Voir aussi: défiguration, chirurgie de réaffectation sexuelle, circoncision feminine


