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Les évangiles(Τὸ ἅγιο Εὐαγγέλιο), du grec eu aggelia « bon message », sont des
écrits qui relatent la vie et le message de Jésus. Ils sont,
chronologiquement, parmi les derniers témoignages rédigés des livres du Nouveau Testament mais sont placés en tête de ce recueil. Les évangiles considérés comme canoniques par
tous les chrétiens sont au nombre de quatre.
| Sommaire |
Le genre littéraire évangile correspond à l'arétalogie ou vie de héros, fréquente depuis le IIe siècle av. J.-C. et qui prospérera jusqu'au XIe siècle ap. J.-C.
Tous sont des pseudépigraphes, mot qui signifie que le nom de l'auteur est pseudonymique à :
Les trois premiers sont qualifiés de synoptiques — ils présentent plus ou moins les mêmes épisodes — par opposition au quatrième qui fait œuvre théologique.
Comme pour les « évangiles apocryphes », leur origine est discutée et tous les textes, qu'ils soient ou non reconnus authentiques, apportent au personnage de Jésus des éclairages différents, en fonctions des buts recherchés par leurs auteurs. Ce sont les seules sources écrites sur la vie de Jésus. L'étude historico-critique montre qu'elles ne peuvent être prises au pied de la lettre : l'arétalogie, ce n'est pas de l'histoire et d'ailleurs les évangélistes (qui sont bien plus que les 4 auxquels les textes sont attribués) ne se veulent pas historiens, mais témoins. Ils transmettent donc du sens en cours d'élaboration et non uniquement des faits, qui peuvent d'ailleurs être modifiés pour mieux mettre en évidence la pensée des auteurs.
Au Vesiècle, sont réputés canoniques les quatre de la liste ci-dessus. Quatre évangiles sont admis comme inspirés ou « canoniques » par tous les patriarcats chrétiens de cette époque.
Aujourd'hui, nombre d'églises chrétiennes s'affranchissent du canon, comme le font les exégètes car les apocryphes qui n'ont pas subi de corrections doctrinales (selon le mot de Raymond E. Brown qui fut préfet de la Commission Biblique pontificale) et fournillent de détails qui rendent l'athmosphère de l'époque comme le croyable disponible (selon le mot de Michel de Certeau s.j. dans son Manières de croire)
On perçoit le cheminement des évangiles et leur lente construction progressive en consultant, parmi les pères de l'Église, ceux qui écrivirent aux IIè et IIIè siècle selon qu'ils font ou non usage de ces textes.
Au début du IIe siècle, il écrit mes archives c'est Jésus-Christ. Aucune citation d'un quelconque texte du Nouveau Testament n'émaille ses écrits.
Il fait grand usage de l'Ancien testament. Ses citations sont de forme libre, basées sur la Septante, qu'il cite de mémoire.
C'est un familier des écrits de Paul de Tarse. Quelques indices donnent à penser qu'il connaît des textes proches de l'Évangile selon Matthieu (Recueil de logia ?)
Cet auteur n'est connu comme évêque de Hiérapolis qu'au travers de l'histoire ecclésiatique d'Eusèbe de Césarée. Celui-ci dit s'inspirer des apôtres sans jamais citer le moindre évangéliste.
Quoiqu'il cite les actions et les dits de Jésus, il n'évoque jamais ni sa passion, ni sa résurrection.
On peut conclure de cet exposé qu'au IIe siècle, ces textes étaient encore instables. La rédaction concomittante de la Mishna et des Évangiles révèle des polémiques sous-jacentes. Ce sont des rédactions concurrentes. Ces polémiques joueront un rôle non négligeable tant dans l'évolution de la pensée rabbinique autour de Gamaliel II que dans l'accouchement du système chrétien.
Le consensus de la part de toutes les communautés chrétiennes pour faire le tri entre évangiles canoniques et rejeter d'autres textes comme apocryphes ne s'obtint pas sans mal. En effet, les occidentaux étaient plus sensibles au merveilleux et à la violence exprimée dans les Apocalypses alors que les orientaux les trouvaient douteuses. Seule celle attribuée à Jean fut retenue. Certains apocryphes tiennent du conte de fées, comme :
Leur classification ne posa donc guère de problème. Ils furent rattachés à des légendes populaires tentant de combler les vides du récit des quatre évangiles réputés plus anciens. Pourtant, les récits d'enfance qui débutent selon Luc et selon Matthieu semblent bien avoir été rédigés de la même veine et à la même époque que le Protévangile de Jacques (IIe siècle) qui est la seule source attestée à la virginité perpétuelle de Marie Voir l'article Évangile Q.
Dans le catholicisme, le concile de Trente a rédige en 1560 le canon définissant quatre évangiles comme écriture inspirée.


