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Exécution par éléphant


« Relation ou Voyage de l'Isle de Ceylan, dans les Indes Orientales", Robert Knox, 1693

L'exécution par éléphant était un mode d'exécution courant dans l'ensemble de l'Asie du sud-est et du sud, et particulièrement en Inde, pour les condamnés à mort, et ce pendant plus de 4 000 ans. Les Romains et les Carthaginois ont également employé cette méthode de façon occasionnelle. Pendant de nombreux siècles, alors que les éléphants étaient employés à des fins militaires, ce mode d'exécution était couramment utilisé pour les déserteurs ou les prisonniers de guerre, aussi bien que pour les criminels militaires.

Le voyageur anglais Robert Knox, en 1681, relate la méthode d'exécution par éléphant utilisée à Ceylan. Plus tard, en 1868, durant une expédition en Inde, Louis Rousselet assiste à une de ces exécutions d'un criminel à Baroda. Un croquis, fait au cours de l'exécution, montre le condamné forcé de placer sa tête sur un piédestal, et puis tandis qu'on le maintient en place, un éléphant lui écrase la tête sous sa patte. Le croquis, plus tard transformé en gravure, sera imprimé dans « Le Tour du Monde », un journal alors très diffusé en France et traitant de voyages et d'aventures.

Une exécution à Baroda en 1868

De temps en temps, les exécutions sont précédées d'un supplice au cours duquel le condamné est tiré, attaché à l'une des pattes de l'animal, dans les rues de la ville avant l'exécution proprement dite. D'autres fois, l'éléphant est utilisé pour écraser des membres, tout d'abord, puis le thorax, souvent avec une lenteur cruelle.

La plupart des râjas conservent alors des éléphants d'une taille et d'une masse spectaculaires ─ pesant parfois plus de neuf tonnes, le double du poids moyen ─, destinés aux exécutions qui se font en public, en guise d'avertissement contre les transgressions.

Quelques monarques adoptent également cette forme d'exécution comme divertissement. L'empereur moghol Jahangir fait opérer un grand nombre de mises à mort de cette manière. Au cours du XVIIIe siècle, les Marathes l'emploient aussi très couramment. Le général marathe Santajî Ghorpade (1764-1794) est célèbre pour sa fascination pour ce type d'exécution auquel il condamne avec la plus grande facilité.

Au cours des XVIII et XIXe siècles, les cours musulmanes en Asie du sud l'utilisent de façon générale, mais l'expansion britannique entraîne le déclin de cette pratique jugée barbare par le colonisateur.



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