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Ferdinand Cheval

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Joseph Ferdinand Cheval, plus connu sous le nom de Ferdinand Cheval et plus encore sous le surnom du facteur Cheval, était un facteur français qui passa 33 ans de sa vie à édifier un « Palais idéal » et 8 années supplémentaires à bâtir son propre tombeau, tous deux considérés comme des chefs-d'œuvre de l'art naïf.

Il naquit le 19 avril 1836 à Charmes-sur-l'Herbasse (Drôme) et mourut le 19 août 1924 à Hauterives (Drôme).

Après l'obtention de son certificat d'études primaires, il devint, à l'âge de treize ans, apprenti boulanger, profession dans laquelle il travailla durant quelques années.

Le 12 juillet 1867, il fut officiellement nommé « facteur aux postes ».

En 1869, il fut affecté à Hauterives, à une douzaine de kilomètres de son village natal, ayant en charge une tournée pédestre quotidienne de 33 km.

Dès le début de ses longues tournées, qui n'avaient bien évidemment pas le même rythme que les tournées cyclistes ou motorisées d'un « préposé » rural du XXIe siècle, il occupait ses heures de randonnée à de longues rêveries au cours desquelles il bâtissait un « palais féerique », rêveries qui ne commenceront à être concrétisées qu'une dizaine d'années plus tard.

Sommaire

Le Palais idéal

En avril 1879, durant l'une de ses tournées, son pied buta contre une pierre, manquant de le faire tomber sur le chemin. Son œil ayant été attiré par la forme curieuse de la pierre, il la ramassa et la glissa dans l'une de ses poches avec l'intention de la regarder plus tard à tête reposée.

Dès le lendemain, repassant au même lieu, il constatait la présence d'autres pierres ayant des formes encore plus singulières et, à son goût, plus belles que celle qu'il avait trouvée la veille. Il se fit alors la réflexion que, puisque la nature pouvait « faire de la sculpture », il pourrait très bien lui-même, fort de ses longues rêveries préparatoires, se faire architecte et maître d'œuvre et ouvrier dans la construction d'un « Palais idéal ».

Durant les 33 années qui suivirent, Ferdinand Cheval ne cessa de ramasser des pierres durant sa tournée quotidienne, les portant d'abord dans ses poches, puis se munissant d'un panier voire d'une brouette en certaines occasions. Revenu à son domicile, il passait de longues heures à la mise en œuvre de son rêve, travaillant même de nuit à la lueur d'une lampe à pétrole. Il était à l'époque considéré comme un excentrique par les gens du cru, qui ne disposaient pas dans leur tête la vision d'ensemble de l'architecte.

Cheval passa les deux premières décennies à construisant les murs extérieurs du Palis idéal. Le château est un mélange très personnel de différents styles architecturaux, avec des inspirations puisées aussi bien dans la Bible que dans la mythologie indoue. Cheval assemblait les pierres avec de la chaux, du mortier et du ciment.

Ferdinand Cheval acheva la construction du Palais idéal en 1912.

Le Palais idéal du facteur Cheval » a été classé au titre des monuments historiques par arrêté du 23 septembre 1969, signé d'Edmond Michelet, ministre des Affaires culturelles. À la même époque, son prédécesseur, André Malraux, qui avait appuyé la procédure de classement avant son départ du gouvernement, avait déclaré qu'il considérait le Palais idéal comme « le seul représentant en architecture de l'art naïf ».

Le Tombeau du Silence et du Repos sans fin

Après l'achèvement du Palais idéal, il manifesta son désir d'être plus tard enseveli dans l'enceinte même de son œuvre, ce que la loi française ne permet pas lorsque le corps n'est pas incinéré. L'usage de la crémation n'étant à l'époque pas du tout entré dans les mœurs en France, Ferdinand Cheval résolut alors de se conformer aux contraintes légales en se faisant inhumer, le moment venu, dans le cimetière communal, mais en choisissant lui-même la forme de son tombeau.

C'est ainsi qu'à partir de 1914, il passa huit années supplémentaires à charrier des pierres jusqu'au cimetière d'Hauterives et à les assembler, pour former le « Tombeau du Silence et du Repos sans fin », qui fut achevé en 1922.

Il y fut inhumé après son décès, survenu en 1924. Peu avant celui-ci, il avait reçu le soutien moral de plusieurs artistes non-conformistes, tels que Pablo Picasso ou André Breton.

Six ans après la mesure de classement du Palais idéal, intervenue en 1969, le Tombeau du Silence et du Repos sans fin a été inscrit sur l'inventaire supplémentaire des monuments historiques, par arrêté du 12 septembre 1975.

Bibliographie

– Liste non exhaustive –

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