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La féodalité ou féodalisme (du latin feudum, fief), est une organisation de la société qui se développa en Europe du Xe au XVe siècle après le
démembrement de l'Empire carolingien. Bien que basée sur le régime
seigneurial, dont on retrouve des organisations similaires dans le reste du monde en Asie
(Chine, Japon), en Afrique, la féodalité est propre à l'Occident européen.
Il est généralement reconnu que la féodalité trouve son origine avec le capitulaire de Quierzy-sur-Oise de 877 qui établit l'hérédité dans les domaines et les titres.
On peut caractériser le féodalisme par l'ensemble des institutions et usages entre suzerains et vassaux : le suzerain ayant l'obligation de faire subsister son vassal par la remise d'un fief (terres ou droits, ou encore rente), le vassal lui devant foi et hommage. Ce type de relations, au départ limité à l'aristocratie guerrière, ou le roi, suzerain des suzerains, attribue des fiefs à ses fidèles pour protéger plus efficacement son domaine, s'est étendu à l'ensemble de la société, les serfs, personnes attachées à la terre du seigneur, ayant un rapport de vassal à suzerain avec leur seigneur. La féodalité désigne alors une société caractérisée par la hiérarchie des terres et des personnes, le morcellement des terres et de l'autorité, la domination de la classe combattante.
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La féodalité comme relation entre professionnels de la guerre est née entre Loire et Meuse au IXe siècle, de la déliquescence de l'Empire carolingien, détruit par des agressions extérieures (Normands, Sarrazins, Hongrois) et morcelé à l'intérieur entre les héritiers et leurs partisans. Elle s'étendit à l'Allemagne, l'Italie du Nord, l'Espagne chrétienne dans un premier temps ; puis à l'Italie du Sud, à l'Angleterre par la conquête normande, et fut transposée dans les États latins d'Orient avec les Croisades.
Ce système est né de la disparition de toute autorité publique, et de l'insécurité majeure : invasions extérieures, guerres à l'intérieur d'un royaume, famines (souvent issues des guerres). Il implique la prédominance d'une caste de guerriers professionnels (qui n'existe pas à proprement parler à l'époque mérovingienne) et des relations d'homme à homme, qui permettent son extension à toute la société par la suite. La féodalité est issue de la présence d'un régime seigneurial dès la fin de l'Empire romain, où l'aristocratie guerrière s'était partagée la terre. Elle y agrège le régime vassalique de l'époque mérovingienne, où les hommes libres se mettent au service d'un puissant contre sa protection, et contre un bénéfice s'il n'est pas propriétaire. Ces bénéfices étaient aussi attribués comme récompense aux compagnons (comes, qui donne comte) du puissant.
Ce système de liens personnels hiérarchisé fut utilisé et renforcé par les Carolingiens, qui y voyaient un moyen d'être à la tête de tous les hommes libres. Cependant les invasions du IXe siècle brisent le lien envers le souverain, et renforcent les pouvoirs des puissants locaux : comtes, ducs, marquis. La hiérarchie se met en place, le clergé s'y intègre. Le seul privilège du roi est de ne prêter hommage à personne.
Au XIIe siècle, la féodalité se modifie, avec l'arrêt des invasions, l'expansion démographique et économique. La chevalerie, base du système, se ferme et devient uniquement héréditaire. L'aide du vassal se limite aux quatre cas. Son fief devient sa pleine propriété, et le roi de France renforce son pouvoir (notamment par la procédure de l'appel judiciaire).
Tout comme la disparition de la puissance centrale avait favorisé l'apparition de principautés, les désordres publics qu'elle avait entrainés avait suscité un fort sentiment d'insécurité. Sur le modèle des relations d'homme à homme, des liens se créèrent entre la classe guerrière et la classe des paysans. Le chevalier assurait la protection aux paysans, qui en échange lui fournissait subsistance et moyens de s'équiper.
La protection revêtait plusieurs formes :
La féodalité se prolongea au-delà du Moyen Âge par la survivance de droits et de privilèges attachés aux propriétaires (l'Église ou la Noblesse). En France, la nuit du 4 août 1789 a aboli en fait des droits seigneuriaux et non féodaux. Elle propagea cette abolition en Europe occidentale par les Guerres de la Révolution et de l'Empire (Recès d'Empire).
En Grande-Bretagne, la féodalité a pris fin plus tôt avec la dynastie des Tudor et la Renaissance Anglaise (XVIe siècle) mais a subsisté en Écosse jusqu'en 2001.
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