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Les figures de style constituent une partie importante de toutes les langues. On ne peut pas envisager les figures seulement en tant que partie de la rhétorique, car il est évident qu’elles jouent un rôle primordial dans l’évolution des langues. Existant dans tous les registres, elles constituent même un des principaux facteurs de formation de l’argot. Issues de changements sémantiques, elles produisent des glissements de sens. (voir : métaphore, métonymie, synecdoque)
Parmi les figures on distingue :
Pour percevoir un transfert sémantique produisant l’effet de figure, il faut que le locuteur soit conscient qu’un tel effet de sens est produit et qu’il apprécie et comprenne l’intention de l’auteur:
L’effort interprétatif du locuteur consiste alors à :
1. constater que l’axe syntagmatique change et que les règles de sélection sont violées (un mot ou un syntagme est remplacé par un autre mot ou un autre syntagme, et un effet soit du symbole soit de l’ellipse se crée)
2. essayer de découvrir un substitut qui y serait acceptable par la relation de ressemblence (sur l’axe paradigmatique)
Exemple : « Il y a des nuits blanches” – « blanches » est un adjectif qui y est attribué au sème non-matériel « nuits » ce qui normalement exclut des adjectifs de couleur. De ce fait on doit chercher un substitut au mot « blanches ».
Il arrive très souvent que le nouveau sens d’un mot, obtenu grâce à ce transfert sémantique (le processus de la création d'une figure), soit très vite généralisé et entre dans le dictionnaire. C’est pourquoi on dit que certaines figures sont éteintes (une fois lexicalisées, elles ne se remarquent plus et entrent dans l’usage courant)
Exemple : « candidat vert », « L’essence verte », « redresser la barre », « accoster un passant », « mettre les voiles », « machine à vapeur »... Ces expressions ne sont plus perçues en tant que figures et obtiennent un sens littéral.
Un processus pareil se crée également dans les langues étrangères. Mais chaque langue fait l’usage des figures de façon autonome en produisant des expressions étant des figures obligées, donc non perçues par les locuteurs.
Exemple : « pain-killer », (en tant que tueur de douleur), « scoop » (info exclusive).
On a souvent l'intention de confondre les figures aux tropes. Ceux-ci sont des procédés rhétoriques permettant de faire passer de sentiments souvent de façon implicite dans un texte. Elles sont très utilisées en poésie où elles permettent de donner de la vie et de la variété aux poèmes.
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