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Il existe plusieurs formats de projection cinématographique.
Depuis les origines du cinéma, il y a eu de nombreux formats. Ceux-ci dépendent à la fois du format de la pellicule employée lors de la prise de vues et du format de projection proprement dit. Le second n'est pas toujours égal au premier.
Les formats se décrivent par un ratio. 1:1,85 signifie que pour une hauteur de 1, la largeur sera égale à 1,85 ; certains notent 1,85, d'autres, par abus, notent 1:85.
Une vaste majorité de films sont tournés sur pellicule 35 millimètres. Ce format de pellicule permet d'utiliser tous les formats : standard 1:1,37 (équivalent au 4/3 de la télévision), 1:1,66, 1:1,78 (ce n'est pas un vrai format de cinéma, mais il est utilisé pour les films prévus pour la télévision, afin de respecter le 16/9), 1:1,85 et 1:2,35 ou Cinémascope.
En fait, la partie « utile » n'occupe pas le maximum de pellicule possible pour chaque image. Ce qu'il y a en trop (le haut et le bas de l'image) est masqué au développement ou au tirage. Au moment du tournage, l'intégralité de la pellicule est impressionnée, mais le cadreur (cameraman) ne prend en compte que la partie centrale de l'image.
Par partie « utile », il faut comprendre ce que le réalisateur décide de montrer au spectateur. C'est un choix artistique de sa part. C'est lui et le producteur qui décident du format du film, en fonction de critères esthétiques et/ou commerciaux. Ainsi, un format « carré » du type 1:1,37 permet des cadrages plus serrés, le spectateur est piégé par le sujet central de l'image et ne peut pas s'échapper (comme par exemple dans Rosetta des frères Dardenne, 1999). Le format 1:1,37 permet également d'avoir une image plus « verticale » qui peut, par exemple, évoquer l'enfermement ou l'envol (comme par exemple dans De bruit et de fureur de Jean-Claude Brisseau, 1988). Un format large permet de représenter de larges paysages (comme par exemple les scènes de désert des westerns), ou de mettre en scène de nombreux personnages (comme par exemple dans Usual suspects de Bryan Singer, 1995).
Initialement, le cinéma muet utilisait un format 1:1,35. Avec la nécessité de mettre la bande son, on passa au 1:1,37. On inventa les formats larges dans les années 1950 afin de donner un côté spectaculaire, pour concurrencer l'arrivée de la télévision. D'ailleurs, c'est pour des raisons commerciales que l'on utilise de nos jours principalement des formats larges. Le format large est souvent considéré comme « meilleur » car plus proche du champ de vision humain.
Au moment de la projection, le projectionniste sélectionne un cadre (la partie noire de l'image peut être dégradée, cela évite d'avoir des points blancs parasites hors de l'écran) ainsi qu'un objectif adapté. Ainsi, l'image est plus agrandie en 1:1,85 qu'en 1:1,37 ; si une image 1:1,37 était projetée avec un objectif 1:1,6, le haut et le bas dépasseraient de l'écran ; si une image 1:1,85 était projetée avec un objectif 1:1,66, l'image serait moins haute que l'écran. Sur la pellicule, c'est la hauteur de l'image qui varie alors que, lors de la projection, c'est la largeur. Pour le format 1:2,35-Cinémascope, l'image sur la pellicule est déformée, « compressée » dans le sens de la largeur, « anamorphosée », sauf dans le cas d'une pellicule 70 millimètres (la pellicule étant plus large) ; elle est rétablie lors de la projection, ce qui explique que les halos de lumière paraissent elliptiques.
Pour que vous vous rendiez compte des différents formats, voici les principaux. Y ont été inclus le 16/9 qui est un format uniquement télévisuel.
Ces formats sont les plus fréquents et les plus connus. Il en a existé d'autres, dont le Vistavision dans les années 1950, qui nécessitait l'utilisation d'une caméra spéciale, puisque la
pellicule circulait dans le sens latéral, comme un appareil photo, plutôt que de haut en bas comme c'est le cas normalement. De
cette manière, l'image était déjà rectangulaire sans autre procédé. Le problème, c'est que les projecteurs devaient eux aussi
faire défiler la pellicule de gauche à droite...
Le 70 millimètres est un format qui double la taille de pellicule standard. Lors de la prise de vues, la pellicule défile de gauche à droite, de manière à obtenir là encore une image rectangulaire large sans procédé optique comme le Cinémascope. Il permettait d'obtenir un ratio de 1:2,2 On ne tourne plus dans ce format pour des raisons de coûts.
En revanche, il arrive que des films tournés sur pellicule 35 millimètres soient tirés sur du 70 millimètres, car il reste des projecteurs de ce genre dans des salles de prestige.
La vidéo utilise les format 4/3 et maintenant 16/9.
Le format 4/3 correspond au format 1:1,37 du cinéma : en effet, aux débuts de la télévision, tout ce qui n'était pas en direct (fictions, réclames, reportages...) était tourné avec de la pellicule cinématographique, la télévision a donc logiquement adopté le même format.
Le 16/9 est un compromis entre les formats cinématographiques les plus courants, qui permet de reproduire des formats larges (1:1,85 ou 1:2,35) tout en n'ayant que de petites bandes noires en haut et en bas. L'argument commercial est que l'on a une plus grande surface d'image ; notons que l'on pourrait obtenir une même surface en utilisant un écran 4/3 de même largeur, mais plus haut...
Les bandes noires étant jugées par certains inesthétiques, les films sont parfois recadrés, selon la technique dite du pan et scan : on coupe les bords de l'image. Comme les bords contiennent parfois des éléments importants, il y a parfois un glissement du cadre (scan), comme un panoramique artificiel, ou bien un redécoupage de la scène : on montre successivement la gauche et la droite de l'image (comme une sorte de champ/contre-champ en plan de coupe). Ces procédés tiennent de l'hérésie, car ils nient le fait que le cadrage fait partie du choix artistique et de l'intérêt de l'œuvre.
Lorsqu'un film en cinémascope est recadré, on parle parfois de « copie plate », puisque l'image sur la pellicule n'est plus anamorphosée.



