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Fougères est une commune, sous-préfecture d'Ille-et-Vilaine, situé à la limite de la Bretagne, du Maine et de la Normandie (21779 habitants). Fougères tire son nom de la plante.
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La création de Fougères remonte au Moyen-Âge. On retrouve la première mention du château de Fougères vers la fin du Xe siècle. C'était à l'époque une simple fortification en bois situé sur une crête rocheuse, dont la position dominait avantageusement la vallée du Nançon et les marais environnants. À partir du XIIe siècle, la population s'éloigne de la rive du Nançon et la ville se développe plus en hauteur, partagée en deux paroisses : Saint-Sulpice pour la ville basse et Saint-Léonard pour la ville haute. Dès le Moyen-Âge, l'activité artisanale se développe autour de la tannerie, des tisserands et des drapiers dans la ville basse.
Bâtie au XIe siècle par les seigneurs de Fougères, la première fortification, défendue par Raoul II (1130-1194), est prise par Henri II Plantagenêt en 1166 et détruite. Raoul II, obstiné, la fera reconstruire en plus imposante, et elle deviendra une place-forte défendant les frontières de la Bretagne. Cependant, la position géographique et les intérêts des seigneurs de Fougères les font souvent pencher en faveur du royaume de France. Quand Raoul III offre sa possession à Saint Louis, le prince breton Pierre Mauclerc s'empare de la ville en 1231, qui sera ensuite reprise par le roi. La fille de Raoul III, Jeanne de Fougères, mariée à Hugues de Lusignan, entreprendra de nouveaux travaux de fortification et embellira la ville. La fin du XIIIe siècle sera une période de paix et de prospérité pour Fougères.
À partir de 1307, Philippe le Bel confisque le domaine mais le royaume de France ne s'y intéresse guère et ne l'entretient pas. Après divers combats et retournements d'alliances, Bertrand du Guesclin y pénètre en 1373, mais la situation ne s'améliore pas. Livrée à elle-même et victime du pillage, la population de Fougères demande assistance au duché de Bretagne. Elle rentrera dans son giron en 1428, vendue par Jean II d'Alençon. Mais en 1449, un dénommé Surienne, appuyé par les Anglais, s'en empare et la met à sac. Il y aura de nombreux massacres, ce qui provoque la réaction de Charles VII, bien décidé à se débarrasser des anglais. Cette épisode annonce la fin de la guerre de Cent Ans. Après être brièvement passée sous la domination de François II de Bretagne, c'est finalement La Trémoille, général français, qui reprend Fougères en 1488.
Au XVIe siècle, la ville perd son rôle défensif. L'artisanat continue à se développer, notamment le travail de l'étain (rue de la Pinterie). Pendant les guerres de religion, la ville reste catholique alors que Vitré est touchée par les affrontements avec les huguenots.
Jusqu'en 1775, Fougères ne fera guère plus parler d'elle. Le marquis de La Rouërie, un jeune homme exalté, part alors aux États-Unis pour lutter auprès des insurgés américains. De retour en France, après avoir été emprisonné pendant un mois pour avoir trop défendue la cause bretonne, il est accueilli en héros au pays natal. Lors de la révolution, l'assermentation des prêtres sera un des éléments déclencheurs d'une rébellion, la Conjuration Bretonne, menée par la Rouërie. Les chouans s'emparent de la ville qui est reprise quelques semaines plus tard par les républicains. Pendant huit ans, la ville et sa région passent de main en main, avec au passage de nombreux massacres et pillages.
À partir de la seconde moitié du XIXe siècle, l'industrie remplace peu à peu l'artisanat, et Fougères voit l'implantation de manufactures de chaussures.
Le XXe siècle est marqué par le terrible bombardement anglo-américain du 9 juin 1944, qui tue 300 personnes, en blesse deux fois plus, et détruit la plupart des équipements publics et industriels. Depuis, la ville s'est largement ouverte au tourisme, grâce à son château médiéval et à ses quartiers historiques. À partir des années 1970, l'industrie s'est diversifiée : agro-alimentaire, ameublement, mécanique, verre, électronique, informatique et robotique. La ville accueille organise également un important marché au bétail.
C'est l'une des plus imposants châteaux-forts français, occupant une superficie de 2 hectares. Constitués de trois enceintes, les remparts sont magnifiquement conservés. Si logis seigneurial est en ruine, les tours s'élèvent encore avec majesté, et certaines sont visitables (tour du Hallay et tour de la Haye Saint-Hilaire (XIIe), tour Raoul (XVe), tour Mélusine). À l'entrée, on trouve un triple moulin à eau dont une roue fonctionne encore. L'accès à la courtine ouest permet d'observer la ville haute.
C'est le premier à être construit en Bretagne, en 1397. Il symbolise le dynamisme d'une société artisanale civile en quête d'indépendance. Son architecture s'inspire des modèles flamands, que les drapiers de Fougères ont découvert lors de leurs voyages en Flandres. Sur la cloche est gravée l'inscription : « En 1397 les bourges de Fougères me firent et m'appellent Roland Chapelle ».


