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En mathématiques, une fraction continuée est une
expression telle que

où a0 est un entier et tous les autres nombres an sont des entiers positifs. Les expressions plus longues sont définie de manière analogue. Si d'autres numérateurs que 1 sont autorisés, l'expression résultante est une fraction continuée généralisée.
| Sommaire |
Extrait de Abrégé d'histoire des mathématiques de Jean Dieudonné : Le terme traditionnel en français est « fraction continue », ce qui risque d'entraîner des confusions fâcheuses lorsque la fraction dépend d'un paramêtre variable ; l'anglais évite cette confusion en disant « continued » et non « continuous ».
Dans ce qui suit, nous adopterons ce point de vue.
Les fractions continuées sont motivées par le désir d'avoir une représentation « mathématiquement pure » pour les nombres réels. La représentation la plus connue est, bien sûr, le développement décimal. Dans cette représentation, le nombre π, par exemple, est représenté par la suite d'entiers {3, 1, 4, 1, 5, 9, 2, ...}. Formellement, nous disons que la suite des entiers {ai} représentent le nombre réel r si

et chaque ai (excepté éventuellement a0, qui peut être n'importe quel entier) est un élément de {0, 1, 2, ..., 9}.
Cette représentation est un peu problématique, néanmoins. Un des problèmes est l'apparition de la constante arbitraire 10 dans la formule ci-dessus. Pourquoi 10 ? Ceci à cause d'un accident biologique, sans lien avec les mathématiques. Un autre problème est que beaucoup de nombres simples manquent de représentations finies dans ce système. Par exemple, le nombre 1/3 est représenté par la suite infinie {0, 3, 3, 3, 3, ....}.
La notation en fraction continuée est une représentation pour les nombres réels qui évite ces deux problèmes. Considérons comment nous pourrions décrire un nombre comme 415/93, qui est arrondi à 4,4624. Ceci est approximativement 4. En réalité, il est légèrement plus grand que 4, environ 4 + 1/2. Mais le 2 du dénominateur n'est pas correct ; le dénominateur est légèrement plus que 2, environ 2 + 1/6, donc 415/93 est approximativement 4 + 1/(2 + 1/6). Mais le 6 du dénominateur n'est pas correct ; le dénominateur correct est légèrement plus que 6, en réalité 6+1/7. Donc 415/93 est en réalité 4+1/(2+1/(6+1/7)). Ceci est exact.
En rabaissant les parties répétées de l'expression 4+1/(2+1/(6+1/7)), nous obtenons la notation abrégée [4; 2, 6, 7].
La représentation en fraction continuée des nombres réels peut être définie de cette manière. Elle possède les propriétés désirées :
La dernière propriété est extrèmement importante, et n'est pas vraie pour la représentation décimale conventionnelle. Tronquer la représentation décimale d'un nombre donnera une approximation rationnelle de ce nombre, mais généralement pas une très bonne approximation. Par exemple, tronquer 1/7 = 0,142857... à divers endroits donnera des approximations telles que 142/1000, 14/100, et 1/10. Mais, la meilleure approximation rationnelle est "1/7" lui-même. Tronquer la représentation décimale de π donnera des approximations telles que 31415/10000 et 314/100. La représentation en fraction continuée de π commence par [3; 7, 15, 1, 292, ...]. Tronquer cette représentation donne les excellentes représentations rationnelles 3, 22/7, 333/106, 355/113, ... Les dénominateurs de 314/100 et 333/106 sont presque les mêmes, mais l'erreur dans l'approximation 314/100 est dix-neuf fois plus grande que l'erreur dans dans 333/106. Une approximation de π telle que [3; 7, 15, 1] est précise à un millionnième.
Considérons un nombre réel r compris entre 0 et 1. Soit i la partie entière et f la partie fractionnaire de 1/r. Alors la représentation en fraction continuée de r est [0; i, ...], où "..." est la représentation en fraction continuée de f, qui est aussi comprise entre 0 et 1.
Si r n'est pas compris entre 0 et 1, alors il est de la forme i + f, où i est un entier et f est compris entre 0 et 1 ; alors r est représenté par [i; ...].
Pour calculer une représentation en fraction continuée d'un nombre r, enlever la partie entière de r. Soustraire cette partie entière de r. Si la différence est 0, la procédure ; autrement trouver l'inverse de la différence et répéter. L'algorithme s'arrêtera si et seulement si r est rationnel.
On peut abréger une fraction continuée comme cela
![x = [a_0; a_1, a_2, a_3] \;](/Images/6/6382cc2d91f73d44f69895b6d2b3ea06.png)
ou dans la notation de Pringsheim

ou une autre notation utilisée plus rarement, similaire à celle ci-dessus

On peut aussi définir les fractions continuées infinies comme des limites :
![[a_{0}; a_{1}, a_{2}, a_{3}, \,\ldots ] = \lim_{n \to \infty} [a_{0}; a_{1}, a_{2}, \,\ldots, a_{n}]](/Images/0/06a570a0e0d1fc5cddd29d6a3b6f9bf6.png)
Cette limite existe pour n'importe quel choix d'entiers positifs a1, a2, a3 ...
Pour les fractions continuées finies, notons que
![[a_{0}; a_{1}, a_{2}, a_{3}, \,\ldots ,a_{n}, 1]=[a_{0}; a_{1}, a_{2}, a_{3}, \,\ldots ,a_{n} + 1] \;](/Images/c/c4f6e21d8033f8b0f682744cff588f2c.png)
Donc, pour chaque fraction continuée finie, il existe une autre fraction continuée finie qui représente le même nombre, par
exemple
![[2; 3, 1] = [2; 4] = 9/4 = 2,25 \;](/Images/7/71a419025b53c6882f97a672a22ea5a8.png)
Chaque fraction continuée finie est un rationnel, et chaque nombre rationnel peut être représenté en précisément deux manières différentes sous forme de fraction continuée finie (dans une représentation le terme final dans la fraction continuée est 1 ; dans l'autre, plus courte, le terme final est plus grand que 1).
Chaque fraction continuée infinie est irrationnel, et chaque nombre irrationnel peut être représenté en précisément une seule manière sous forme d'une fraction continuée infinie en précisément une manière sous forme de fraction continuée infinie.
Une représentation en fraction continuée infinie pour les nombres irrationnels est très utile principalement parceque les parties initiales fournissent d'excellentes approximations rationnelles du nombre. Ces nombres rationnels sont appelés les 'réduites de la fraction continuée. Les réduites paires sont plus petites que le nombre original, tandis que les réduites impaires sont plus grandes.
Pour une fraction continuée
,
les trois premières réduites sont
De façon plus littéraire, le numérateur de la troisième réduite est formé en multipliant le numérateur de la deuxième réduite par le troisième quotient, et en additionnant le numérateur de la première réduite. Les dénominateurs sont formés de manière similaire.
Si les réduites successives sont trouvées, avec les numérateurs
et les dénominateurs
alors la relation récursive applicable est :
Les réduites successives sont données par la formule



Théorème 1
positif
![\left[a_0, a_1, \,\dots, a_{n-1}, x \right]= \frac{x h_{n-1}+h_{n-2}} {x k_{n-1}+k_{n-2}}](/Images/d/d45f22b8756c9784d0f81404d6ef4ac7.png)
Théorème 2
![\left[a_0, a_1, \,\dots, a_n\right]=\frac{h_n} {k_n}](/Images/8/8bff69f6ba676d8916edb181cc8b4046.png)
Théorème 3
, alors

et
ont un diviseur commun il serait divisible par
, ce qui est impossible).
Théorème 4
, alors
![\left|[a_a;a_1,a_2,\ldots a_r]-x\right|>\left|[a_a;a_1,a_2,\ldots a_s]-x\right|](/Images/1/1ccf640039a7b70f608b955f762aeb0c.png)
Théorème 5

Par exemple, pour calculer les réduites de pi, nous fixons a0 = [π] = 3 (où [x] indique le plus grand entier ≤ x), définissons u1 = 1/(π - 3) ≈ 113/16 = 7,0625 et a1 = [u1] = 7, u2 = 1/(u1 - 7) ≈ 31993/2000 = 15,9965 et a2 = [u2] = 15, u3 = 1/(u2 - 15) ≈ 1003/1000 = 1,003. En continuant comme cela, on peut déterminer la fraction continuée infinie de π : [3; 7, 15, 1, 292, 1, 1, ...]. La troisième réduite de π est [3; 7, 15, 1] = 355/113 = 3,14159292035... qui est raisonnablement proche de la vraie valeur de π.
Nous supposons que les réduites trouvées sont, comme ci-dessus, [3; 7, 15, 1]. Ce qui suit est une règle par laquelle nous pouvons écrire les fractions convergentes qui résultent de ces quotients sans développer la fraction continuée.
Le premier quotient, supposé divisé par l'unité, donnera la première fraction, qui sera trop petite, c'est à dire, 3/1. Alors, en multipliant le numérateur et le dénominateur de cette fraction par le deuxième quotient et en additionnant l'unité avec le numérateur, nous aurons la deuxième fraction, 22/7, qui sera trop grande. En multipliant de la même manière le numérateur et le dénominateur de cette fraction par le troisième quotient, et en ajoutant au numérateur le numérateur de la fraction précédente, et au dénominateur, le dénominateur de la fraction précédente, nous aurons la troisième fraction, qui sera trop petite. Ainsi, le troisième quotient est 15, nous avons pour notre numérateur (22 · 15 = 330) + 3 = 333, et pour notre dénominateur, (7 · 15 = 105) + 1 = 106. La troisième réduite, par conséquent, est 333/106. Nous procédons de la même manière pour la quatrième réduite. La quatrième réduite est 1, nous disons 333 fois 1 donne 333, et ceci plus 22 (le numérateur de la fraction précédente), donne 355 ; de manière similaire, 106 fois 1 donne 106, et ceci plus 7 donne 113.
De cette manière, en employant les quatre quotients [3; 7, 15, 1], nous obtenons les quatre fractions :

Ces réduites sont alternativement plus petits et plus grands que la vraie valeur de π, et s'en approchent de plus en plus. La différence entre une réduite donné π est inférieure à l'inverse du produit des dénominateurs de cette réduite et de la réduite suivante. Par exemple, la fraction 22/7 est plus grand que π, mais 22/7 - π est inférieur à 1/(7x106), donc 1/742 (en fait, 22/7 - π est juste inférieur à 1/790).
La démonstration des propriétés antérieures est déduite du fait que si nous cherchons la difféence entre une des fractions convergentes et son adjacente suivante, nous obtiendrons une fraction dans laquelle le numérateur est toujours l'unité et le dénominateur le produit des deux dénominateurs. Donc la différence entre 22/7 et 3/1 est 1/7, par excès ; entre 333/106 et 22/7, 1/742, par défaut ; entre 355/113 et 333/106, 1/11978, par excès ; et ainsi de suite. En employant cette série de différences, nous pouvons exprimer, d'une manière très simple, les fractions dont nous nous occupons ici, à l'aide d'une deuxième série de fractions dans laquelle les numérateurs sont tous l'unité et les dénominateurs successivement le produit de chaque dénominateurs deux fois adjacents. À la place des fractions écrites ci-dessus, nous avons donc les séries :

Le premier terme, comme nous le voyons, est la première fraction ; le premier et le deuxième ensemble donne la deuxième fraction, 22/7 ; le premier, le deuxième et le troisième donne la troisième fraction 333/106, et ainsi de suite avec le reste ; le résultat de la série entière est équivalent à la valeur originale.
Alors qu'on ne peut pas discerner de motif dans le développement en fraction continuée infinie de π, ceci n'est pas vrai pour e, la base des logarithmes naturels : e = [2; 1, 2, 1, 1, 4, 1, 1, 6, 1, 1, 8, 1, 1, 10, ...].
Les nombres avec un développement périodique en fraction continuée sont précisément les solutions d'équations
quadratiques avec des coefficients entiers. Par exemple, le nombre d'or
= [1; 1, 1, 1, 1, 1, ...] et
= [1; 2, 2, 2, 2, ...].
Toutefois, la plupart des nombres irrationnels n'ont pas un comportement périodique ou régulier dans leur développement en fraction continuée. Pourtant Khinchin a démontré que pour presque tous les nombres réels x, le ai (pour i = 1,2,3...) a une propriété surprenante : leur moyenne géométrique est une constante (connue comme la constante de Khinchin, K ≈ 2,6854520010...) indépendante de la valeur de x. Paul Lévy a montré que la nième racine du dénominateur de la nième réduite d'un développement en fraction continuée de presque tous les nombres réels approche une limite asymptotique, qui est connue comme la constante de Lévy.


