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François de La Rochefoucauld (15 septembre 1613 à Paris - 17 mars 1680) fut le plus important écrivain de maxime, et probablement le représentant le plus complet et accompli de l'ancienne noblesse à une époque où la monarchie oscillait entre aider les nobles et les menacer.
Il porta pendant cette période le titre de prince de Marcillac et ses études furent un peu négligées puisqu'il join l'armée alors qu'il a seize ans et presque immédiatement commence à se faire un nom dans la vie publique. Il avait été marrié nominalement pendant une année à Andrée de Vivonne, qui semble avoir été une épouse affectionnée, pendant qu'aucun scandale ne la toucha ce dont La Rochefoucauld ne méritait probalement pas. Pendant quelques années Marcillac continua à participer aux campagnes annuelles, où il se montra du plus grand courage, mais sans obtenir crédit pour ses capacités militaires. Puis il passa sous la main de Madame de Chevreuse, la première des trois femmes célèbres qui influencèrent successivement sa vie.
Par le truchement de Madame de Chevreuse il devint attaché à la reine, Anne d'Autriche, et dans l'une de ses querelles avec Richelieu et son époux un plan sauvage semble avoir été formé suivant le quel Marcillac devait l'emmener à Bruxelles sous un déguisement. Ces caballes contre Richelieu, cependant, n'eurent aucun résultat sérieux (il fut mis pendant huit jours à la Bastille et du se retirer sur le domaine de son père). Après la mort de son grand ministre (1642) l'occasion sembla etre favorable pour la vague ambition qui animait la moitié de la noblesse de France. Marcillac devint l’un des personnages important et prit une part active dans la réconciliation entre la reine et Condé dans une ligue contre Gaston, duc d’Orleans. Mais la côte montante de Mazarin vint lui faire obstacle et la liaison qu’il eut vers 1645 avec la belle duchesse de Longueville en fit irrévocablement un Frondeur. Il eut une place marquante dans le siège de Paris se battit desespérement dans des engagements et fut sévèrement blessé au siège de Mardyke.
Dans la seconde fronde Marcillac suivit les fortunes de Condé, et à la mort de son père, qui arriva en 1650 intervint un incident caractéristique. La nobilité de province se réunit aux funérailles, et le nouveau duc de La Rochefoucauld prit les circonstances pour les persuader de le suivre dans une tentative sur la garnison de Saumur, sans succès. Puis ce fut une série d’actions pendant la Fronde au cours desquels il fut brave et généralement malchanceux. Sa course de malheurs atteint un sommet dans la bataille du faubourg St Antoine (1652) où il fut tiré à travers la tête et l’on pensa qu’il perdrait les deux yeux. Il eut besoin d’une année pour récuperer et se retrouva dans la ville de Verteuil avec comme seul résultat pour vingt ans de combats qu’une santé abimée, une fortune écornée et des conflits avec tous ceux qui avaient du pouvoir dans l’État. Il resta quelques années en retraite et eut la chance (surtout grace à la fidélité de Gourville, qui fuit à son service puis passé à celui de Mazarin et Condé avait acquis tant de la fortune que de l’influence d’avoir de l’aide. Il ne retourna à la cour qu’après la mort de Mazarin lorsque Louis XIV avait prit le pouvoir absolu, et la Fronde matée.
Un peu avant La Rochefoucauld fit partie du salon de Madame de Sable, une membre de la ville côterie de Rambouillet et la fondatrice d’une sorte de successeur. Il avait passé dans la solitude l’écriture de ses mémoires alors que l’emploi au salon fut pour la fabrication de ses Sentences et Maximes. En 1662, cependant, plus de troubles que de réputation à cause de la publication de ses mémoires subrepticement par les Elzevirs. Beaucoup de ses amis furent profondément blessés et il se dépécha de dénier platement l’authenticité. Trois ans plus tard il publia sans son nom les Maximes encore célèbre, qui l’établirent d’un coup parmi les plus grand hommes de lettre. À peu près à la meme époque commença son amitié avec Madame de la Fayette, qui dura jusqu’à la fin de sa vie. Les aperçus que nous avons de lui proviennent surtout des lettres de Madame de Sévigné, et bien qu’elles montrent son agonie souffrant de la goutte sont généralement plaisante. Il avait un cercle d’amis dévoués; il était reconnu comme un moraliste et un écrivain de la plus haute valeur et il aurait pu entrer à l’Académie française sur demande; son fils, le prince de Marcillac, auquel il avait donné un peu avant sa mort ses titres et honneurs bénéficia d’une position supérieure à la cour.
Comme la plupart de ses contemporains il voyait la politique comme un jeu d’échec. Dénonciation inlassable de toutes les apparences de vertu, les « Maximes » annoncent la fin du héros cornélien qui se poursuivra avec Nietzsche et Cioran.
L’édition définitive avec les sept cent maximes n’apparut qu’en 1817.


