Franglais
Le franglais désigne l'utilisation excessive ou inappropriée d'anglicismes, c'est-à-dire de termes d'origine anglo-saxonne ou à consonance anglo-saxonne dans l'expression
écrite ou orale du français. Ce terme a été popularisé par Étiemble dans son célèbre pamphlet paru en
1964, Parlez-vous franglais ?. Depuis cette date, la prolifération des anglicismes en français a considérablement
augmenté : un dictionnaire franglais-français (Alfred Gilder, En vrai français dans le texte, Le Cherche-Midi éditeur) en recensait en
1999 plus de 8000, dont il donnait des équivalents français.
L'emploi de termes anglais peut provenir :
- d'une prétendue absence ou faiblesse du vocabulaire français dans un domaine où le jargon anglais prédomine (par exemple, en informatique :
« Je reboote pour que les librairies et les drivers du
firewall soient uploadés. », ou dans le commerce : « Le service marketing ») ;
- du poids économique et politique des États-Unis qui tendent à imposer leur langue tant dans les organisations internationales que dans les
relations bilatérales ; cela se traduit en France même par un quasi monopole de
l'anglais dans des domaines de plus en plus nombreux : publications scientifiques, enseignement supérieur commercial,
enseignement des langues étrangères dans les classes du secondaire, publicité, cinéma, musique, brevets techniques...
- des traductions approximatives, trop de gens notamment dans les médias propagent des anglicismes insidieux, trompés qu'ils
sont par les faux-amis et les expressions calquées sur l'anglais;
- du snobisme (par exemple : « Je suis allé prendre un drink au lounge ») ;
- du besoin d'être à la mode, de faire branché : best-of (liste des meilleurs titres), hit-parade
(meilleures ventes), making of...
Lutte contre le franglais en France
- L'Académie française et diverses associations
parviennent à faire adopter par les médias et le public français des mots qui permettent de contourner le mot anglais
(logiciel a supplanté software).
- Jacques Toubon, ministre français de la Culture de mars 1993 à mai
1995, a en revanche échoué en proposant une liste complète de mots à utiliser à la place des mots anglais. Sa proposition fut
même l'objet de moqueries en son temps et la loi Toubon (n° 94-88) pour la promotion de la francophonie fut ironiquement
surnommée « loi AllGood » (exemple d'échec à l'usage : vacancelle n'a jamais pu rivaliser avec
week-end).
- L'État français a créé (décret du 3 juillet 1996) un dispositif d'enrichissement de la langue française, notamment dans les domaines techniques et scientifiques.
Ce dispositif s'appuie sur la « Commission générale de terminologie et de néologie ». Placée auprès du Premier ministre, cette commission coordonne les travaux de terminologie,
en liaison avec différents partenaires, comme l'Académie française, l'Académie des sciences, L'Association française de
normalisation (Afnor), l'Institut national de la langue française (CNRS-INaLF) et
d'autres commissions de terminologie de pays francophones, comme l'office de la langue française du Québec. Les listes de termes
adoptés sont diffusées sous forme de brochures, publiées au Journal
officiel (elles deviennent alors d'emploi obligatoire pour les services de l'État et les établissements publics, ainsi
que dans les cas prévus par la loi du 4 août 1994 relative à l'emploi de la langue française - dite loi Toubon. On peut les consulter sur le site de la Délégation
générale à la langue française (DGLF) à l'adresse suivante : http://www.culture.gouv.fr/culture/dglf/.
- Une aide très efficace pour les rédacteurs mérite d'être signalée : il s'agit du Grand dictionnaire
terminologique [1] . Élaboré par l'Office de la langue française
du Québec et d'un emploi très facile, il popose près de trois millions de termes
anglais et français dans 200 domaines d'activité.
Voir aussi

