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Frédéric II du Saint-Empire

Frédéric II Hohenstaufen (26 décembre 1194 à Iesi près d'Ancône - † 13 décembre 1250 à Fiorentino près de Lucera) régna sur le Saint Empire romain germanique de 1220 à 1250. Son règne fut marqué par les conflits avec la Papauté et il fut excommunié deux fois. Le Pape Grégoire IX alla même jusqu'à l'appeler l'Antéchrist.

Il fut le dernier Empereur de la famille des Hohenstaufen et après sa mort, il devint légendaire, la stupor mundi (l'émerveillement du monde), au point qu'on attendait même son retour après sa mort (son personnage était alors confondu avec celui de son grand-père Frédéric Barberousse).

Sommaire

Enfance sicilienne

Il était le fils de l'Empereur Henri VI et de Constance de Hauteville, fille de Roger II de Hauteville, premier roi normand de Sicile. Henri VI mourut en 1197 et l'Impératrice mourut en 1198 alors que Frédéric II n'était encore qu'un enfant. Il était seulement roi de Sicile mais son royaume était sous la tutelle du Pape Innocent III jusqu'à sa majorité.

Othon de Brunswick fut couronné Empereur romain germanique par Innocent III en 1209 mais quand Othon IV perdit la faveur du Souverain Pontife, ce dernier soutint à la Diète de Nuremberg de 1211 l'élection de Frédéric comme Roi d'Allemagne et excommunia Othon IV. Mais ce titre de Roi d'Allemagne, qui était un préalable à la couronne impériale, ne signifiait rien tant qu'Othon IV était empereur, jusqu'à sa défaite à la Bataille de Bouvines en 1214.

L'Empire

Les princes allemands, soutenus par Innocent III, élirent Frédéric roi d'Allemagne à nouveau en 1215 et le Pape vint même lui porter la couronne à Aix la Chapelle alors qu'il parvenait à sa majorité. Mais il fallut encore quelque temps avant que le Pape n'accepte de lui accorder l'Empire à la seule condition que le Royaume de Sicile et l'Empire germanique ne soient pas unis.

Le Pape Honorius III couronna finalement Frédéric II Empereur à Rome en 1220. Cela devait être la fin de l'entente entre l'Empire et la Papauté puisque Frédéric II n'avait pas l'intention de séparer ses deux héritages, la Sicile maternelle et l'Allemagne paternelle.

La Croisade

Frédéric fut excommunié par Grégoire IX en 1227 pour ne pas avoir honoré sa promesse de lancer la Sixième croisade. Il partit l'année suivante alors que son excommunication n'était pas levée. Sa brève croisade se termina en négociations et par une trève. Il ne récupéra pas la ville de Jérusalem mais obtint un accord pour l'accès aux lieux saints et fut couronné Roi de Jérusalem le 18 mars 1229.

La lutte avec la Papauté

En 1231, il promulgua les Constitutions de Melfi (ou Liber Augustalis), un recueil des lois de son royaume qui devait unifier les lois complexes de l'Empire.

Le conflit entre Frédéric et le Pape Grégoire IX puis Innocent IV reprit. Les cités italiennes de Lombardie qui prirent parti pour Frédéric constituaient le groupe dit des Gibelins et les cités plus nombreuses qui s'opposèrent au pouvoir impérial et s'allièrent au Pape était les Guelfes (parfois l'opposition entre les factions des guelfes et gibelins traversait la même ville selon les alliances politiques).

En 1244, Innocent IV fuit Rome et annonce la déposition de l'Empereur au Concile de Lyon, accordant même à ceux qui partiraient en guerre contre lui le statut de Croisés. Frédéric II mourut en 1250 avant d'avoir vu la conclusion de la guerre civile qui déchirait l'Allemagne et la Sicile.

Bilan

On raconte que Frédéric lisait neuf langues, qu'il était un mécène des sciences et qu'il gérait son État d'une manière radicalement nouvelle, d'où son surnom de Stupor Mundi, « l'émerveillement du monde ».

Il indigna son époque en s'habillant parfois en tenue orientale et il avait même un harem pour imiter les princes musulmans. Il écrivit même qu'il enviait que les califes soient à la fois dirigeants spirituels et terrestres.

Il mit en place un système centralisé d'administration en Sicile et tenta de le généraliser (avec moins de succès) dans les États allemands, où il dut octroyer de plus en plus d'indépendance aux princes allemands au fur et à mesure que son conflit en Lombardie se détérioriait.

Il montra parfois une extrême cruauté envers ses ennemis.

Il écrivit un manuel de fauconnerie, De arte venandi cum avibus (De l'art de chasser avec des oiseaux") dont la préface contient un éloge de l'expérience contre les théories de l'École. Il contient aussi une partie sur l'anatomie des oiseaux.

La descendance de Frédéric, Conrad IV d'Allemagne ou Manfred de Sicile n'accédèrent pas à l'Empire et par la suite les Papes leur enlevèrent aussi la Sicile avec l'aide des Français puis des Aragonais. Ce fut la fin de la Maison des Hohenstaufen de Souabe, qui laissa la place aux Habsbourgs d'Autriche et l'essor des cités italiennes.

Les descendants de Frédéric II

Références

La biographie la plus connue de Frédéric II est celle d'Ernst Kantorowicz (1927) qui est considérée aujourd'hui comme une exaltation romantique, peu distanciée et parfois anachronique puisque Frédéric II y devient presque un personnage du Siècle des Lumières en plein XIIIe siècle.



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