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Fréhel (Paris, 1891 - Id., 1951), de son vrai nom Marguerite Boulc'h, a considérablement marqué la chanson française de l'entre-deux-guerres. Fille de concierge d'origine bretonne, elle a grandi dans les quartiers les plus populaires de Paris. Vendeuse au porte à porte, son culot lui permet de rencontrer la Belle Otero artiste alors adulée qui admire son audace et lui propose de chanter sous le nom de Pervenche.
Elle épouse Robert Hollard (Roberty) dont elle aura un enfant qui ne survivra pas et est rapidement abandonnée : le séduisant comédien finit par lui préférer Damia. Elle noue une relation de courte durée avec Maurice Chevalier. Fréhel (on la surnomme désormais ainsi en référence au cap breton), bien qu'auréolée de succès, fuit une vie sentimentale désastreuse, plonge dans l'alcool et la drogue, et quitte la France pour l'Europe de l'Est et la Turquie d'où l'ambassade de France la rapatrie (dans un état lamentable) en 1923. En 1925, l'"inoubliable inoubliée" remonte sur les planches de l'Olympia pour le plus grand plaisir d'un public qui ne se lasse pas de ses couplets réalistes. Son physique complètement dégradé - elle s'est considérablement empâtée - lui ouvre paradoxalement les portes du cinéma (Cœur de lilas (1931), Le roman d'un tricheur (1936), Pépé le Moko (1936)...). Pourtant, elle ne se relèvera jamais de ses drames passés et c'est dans une chambre sordide d'un hôtel de Pigalle qu'elle meurt seule le 3 février 1951.


