Front national (parti français)
Le Front national, ou FN, est un parti politique français classé à l'extrême droite par l'ensemble des autres partis politiques et médias français qui ne lui sont pas associés. Il a été fondé en octobre 1972 et il est présidé, depuis lors et sans discontinuer, par
Jean-Marie Le Pen.
Pour sa part, le Front national se définit comme de la droite nationaliste, populiste et souverainiste, au même titre que de
nombreux mouvements européens dont il est devenu un chef de file. La force de son président est d'avoir toujours su fédérer sur
sa personnalité et cimenter dans un seul parti, avec des règles de fonctionnement et des propositions précises, un certain nombre
de mouvements et de courants qui n'auraient jamais eu vocation à s'assembler autrement.
Place dans le paysage politique français
Ce parti semble aujourd'hui fortement et durablement installé dans le paysage politique français, mais certains observateurs
pensent qu'il est encore fortement dépendant du charisme de son leader Jean-Marie Le Pen, de ses talents oratoires, de sa capacité à s'afficher comme le défenseur du petit
peuple et de son côté populiste et gouailleur, qui se caractérise par l'usage répété dans ses discours de provocations jugées
discriminatoires, aboutissant à de nombreux procès.
Selon les types d'élections, le Front national représente entre 11 et 17 % de l'électorat français depuis de nombreuses
années. Il est cependant tenu éloigné de la représentation élective et de toute responsabilité politique en raison des différents
modes électoraux et d'une répugnance des autres partis de droite à s'associer avec un parti jugé trop extrémiste. De façon
générale, les hommes politiques de droite ont toujours préféré risquer que le pouvoir passe à gauche plutôt que de passer avec le
FN des alliances de circonstances pour gagner les élections.
Il est à noter que les modes électoraux ont régulièrement été changés pour l'empêcher d'accéder au pouvoir politique en
France. Le dernier changement en date étant celui mis en place par la droite gouvernementale dans le cadre des régionales 2004,
ce qui c'est d'ailleurs traduit par une mainmise des partis de la gauche sur 20 des 22 régions françaises. À ce titre la France
peut être considérée comme le pays d'Europe le plus instable dans le choix des modes électoraux.
Du fait de son isolement politique, alors qu'on peut le considérer comme le troisième parti politique de France, le Front
national n'a aucun député et aucun sénateur, aucun maire de ville importante (excepté Orange depuis 1996) et n'est représenté dans aucun des grands organismes
nationaux. Il dispose cependant de quelques députés européens et conseillers régionaux. Il est à noter que l'ancien président
socialiste François Mitterrand, en faisant changer la
loi électorale (proportionnelle intégrale), avait permis, en son temps, l'entrée au Parlement de députés frontistes, mais les
analystes politiques voient souvent dans cette « révolution démocratique » un moyen de contrer la « victoire
annoncée » du parti de Jacques Chirac. Ce dernier rechangera
d'ailleurs le mode de scrutin dès son accès au pouvoir en 1986.
Propositions politiques
Le Front national axe ses propositions sur quelques grands thèmes :
- la forte limitation de la politique d'immigration, accusée d'appauvrir la
France et d'être une menace pour la culture française, est un des points forts et des plus décriés de son programme ;
- le retour dans leur pays d'origine d'un grand nombre d'immigrés ou d'enfant d'immigrés ayant acquis la nationalité française, si ceux ci ont été condamnés pour un crime ou un
délit.
- la souveraineté vis-à-vis des organisations internationales comme
l'Union européenne ;
- la sauvegarde des productions et modes de vie traditionnels, notamment ruraux, au besoin par le protectionnisme ;
- la répression du crime, avec des peines élevées et notamment le rétablissement de la
peine de mort, en particulier pour les délinquants sexuels et
les grands corrompus;
- la diminution de taille des services publics, sauf dans leurs
fonctions régaliennes : police et armée ;
- la diminution des impôts ;
- la suppression des subventions publiques aux associations qu'il considère
comme noyautées par l'extrême gauche (culture, prévention de la santé, insertion, agitation
socio-politique...).
- le retour à une morale plus conservatrice.
- le natalisme, avec une position visant à restreindre voire à supprimer le recours à l'avortement
Si les positions sur l'immigration et sur la souveraineté sont des constantes du parti, dans d'autres domaines, comme les
services publics et les institutions, différents courants existent
en son sein. Cette diversité est vue par ses opposants comme un manque de cohérence ou même comme le signe d'une absence de
propositions politico-économiques réelles, alors que d'autres y voient la preuve d'un dynamisme et d'un véritable débat au sein
du mouvement.
Historique du Front national
- 5 octobre 1972 : congrès
constitutif du Front national pour l'unité française, communément appelé Front national et élection de
Jean-Marie Le Pen comme président et du journaliste François Brigneau comme vice-président.
- mars 1973 : aux élections
législatives le Front national obtient 1,32 % des suffrages exprimés.
- mai 1974 : aux élections
présidentielles, Jean-Marie Le Pen obtient 0,75 % des suffrages.
- 1982 : lors des élections cantonales, le Front national obtient dans quelques
circonscriptions des résultats en forte progression (12,62 % à Dreux-Ouest, 13,30 % à Grande-Synthe près de Dunkerque), et une moyenne de
0,20 % des suffrages au niveau national. Cela marque le début de l'élargissement de son électorat dans l'ensemble de la
France.
- 1983 : diverses élections confirment cette ascension (11,3 % aux municipales
pour Jean-Marie Le Pen à Paris XXe; 16,7 % à Dreux pour Jean-Pierre Stirbois;
12 % pour Jean-Marie Le Pen lors d'une élection législative
partielle dans le Morbihan).
- 17 juin 1984 : Le Front national
réalise son plus gros score lors d'une élection nationale (près de 11 % aux élections européennes, soit plus de 2 millions
d'électeurs), provoquant un choc politique.
- 16 mars 1986 : l'application d'un mode
de scrutin proportionnel aux législatives permet au Front national d'entrer à l'Assemblée nationale, avec 35 députés (2 7000 000 voix, soit 11,86 ) tandis qu'aux
élections régionales simultanées, le score est de 9,56 % et entraîne l'élection de 137 conseillers régionaux
frontistes.
- 24 avril 1988 : 14,41 % pour
Jean-Marie Le Pen au premier tour de l'élection présidentielle.
- 5-12 juin 1988 : à la suite de la dissolution de l'Assemblée nationale consécutive à la réélection de François Mitterrand, compte tenu du rétablissement du scrutin majoritaire à deux tours, le Front
national perd son groupe parlementaire et n'est plus représenté au Parlement que par Yann Piat, élue député du Var au second tour avec 52,38 % des voix.
Note : la députée quittera le parti (ou en sera exclue, selon le point de vue) en octobre de la même année, et rejoindra
l'UDF, pour finir
assassinée le 25 février 1994,
quelques mois après sa réélection sous les couleurs de l'UDF, sans doute en raison de son opposition à certaines pratiques
mafieuses dans le département du Var.
- 3 décembre 1989 : Marie-France Stirbois,
veuve de l'ancien secrétaire général du parti, Jean-Pierre Stirbois, décédé accidentellement l'année précédente, est élue député d'Eure-et-Loir au deuxième tour d'une élection législative partielle, avec
61,3 % des voix.
- juin 1995 : les listes du Front national
gagnent les élections municipales dans 3 communes de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur : Orange, Marignane et Toulon (dans les trois cas à la majorité relative au
second tour de scrutin).
- 9 février 1997 : la liste du
Front national, menée par Catherine Mégret, épouse de Bruno Mégret,
délégué général du parti, inéligible pour cause de dépassement du plafond d'un précédent compte de campagne, remporte au
deuxième tour, à la majorité absolue (52,48 %), l'élection municipale partielle de Vitrolles (Bouches-du-Rhône).
- 1er juin 1997 : le maire
frontiste de Toulon, Jean-Marie Le
Chevallier, est élu député du Var au 2e tour des élections législatives. Son élection sera toutefois annulée plusieurs mois plus
tard par le Conseil constitutionnel.
- décembre 1998-janvier 1999 : scission entre les partisans de
Jean-Marie Le Pen et ceux de Bruno Mégret, ces derniers se réfugiant en un Front national-Mouvement national rebaptisé
Mouvement national en mai 1999 pour finir par fonder, en septembre 1999, le Mouvement national républicain (MNR).
- 11 mars 2001 : à la surprise générale,
les listes conduites par Jacques Bompard, à Orange, et Marie-Christine
Bignon, à Chauffailles
(Saône-et-Loire), sont élues dès le premier tour des élections
municipales, avec un score identique de 60 % des voix.
En revanche, à Toulon, la liste menée par le maire sortant, Jean-Marie Le
Chevallier, est battue avec 7 % des voix, probablement en raison de dissensions et rivalités au sein de l'équipe
sortante.
- 18 mars 2001 : à Marignane, municipalité conquise en 1995 à la
majorité relative, le 2e tour des élections municipales voit la victoire, là encore avec un score
proche de 60 %, de la liste emmenée par le transfuge Daniel Simonpiéri (mais qui soutiendra activement Jean-Marie Le Pen lors du
2e tour de l'élection présidentielle de 2002).
- 21 avril 2002 : Ayant recueilli
16,86 % des suffrages au premier tour de l'élection présidentielle, Jean-Marie Le Pen est qualifié pour le second tour.
Le premier ministre socialiste, Lionel Jospin, grand perdant du scrutin,
annonce à cette occasion son retrait de la vie politique.
La qualification du président du Front national pour le second tour provoque un séisme politique et sera suivie de nombreuses
manifestations de protestation dans toute la France.
- 5 mai 2002 : le président sortant Jacques Chirac, qui n'avait obtenu que 19,88 % des voix au premier tour,
est réélu avec un score inégalé de plus de 82 % des suffrages exprimés.
Toutefois, Jean-Marie Le Pen parvient à rassembler sur son nom 5 millions et demi de voix, dont environ un tiers qui ne
s'étaient pas portées sur lui au premier tour, selon différents sondages effectués à la sortie des urnes (69 % seulement de
ses électeurs du premier tour et 61 % de ceux de Bruno Mégret se seraient reportés sur sa candidature).
- 21 mars 2004 : premier tour des
élections régionales (et premier tour des élections cantonales pour la moitié des cantons).
Divers
D'autres organisations politiques se sont nommées Front National. Elles sont présentées sur la page
d'homonymie : front national.
Voir aussi
Liens internes
Liens externes

