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G10 Solidaires


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Union Syndicale G10 Solidaires


Le Groupe des Dix a été constitué le 10 décembre 1981 par dix organisations syndicales autonomes non-confédérées, issues du refus de la scission CGT-FO de 1947, dans le but de favoriser l'émergence d'un nouveau pôle capable de peser dans le mouvement syndical pour plus d'unité et d'efficacité. Tous entendaient garder leur indépendance et refusèrent de s'organiser en confédération. Ils décidèrent cependant de maintenir des contacts entre eux afin de développer l'entraide.


Sommaire

Des débuts difficiles et fragiles

Au cours des années qui suivent, d'autres syndicats rejoignent le groupe dont l'activité reste relativement faible. Cette faiblesse amène en 1985 les syndicats membres à ne plus se contenter de simples contacts nationaux, mais à encourager des liens sur le plan local (départements, grandes agglomérations). Ils créent également un centre de formation syndicale commun.

Particulièrement présents dans le secteur public, ils s'engagent sur ce qui devait devenir l'un de ses principaux cheval de bataille : la défense des services publics à partir de 1986. Cet engagement se conjugue avec les grèves SNCF de l'hiver 1986-1987, qui traitent entre autres de cette question.

Cependant, d'autres conflits dans des secteurs sur lesquels des syndicats du groupe interviennent (Banque de France, aiguilleurs du ciel, etc.) mettent en relief les faiblesses structurelles du Groupe des Dix : contacts trop lents sur le plan local, difficultés à peser en faveur de l'unité syndicale, incapacité à organiser la solidarité interprofessionnelle et surtout difficulté à élargir le champ des analyses communes de par la règle de l'unanimité qui règne au sein du groupe pour toute décision.

C'est sur ce point que les plus gros désaccords apparaissent amenant l'un des syndicats fondateurs à quitter le groupe.


La radicalisation du G10

Début 1989, le Groupe des Dix s'élargit en s'ouvrant à [SUD-PTT http://www.sudptt.fr]. Ce syndicat n'est pas de tradition autonome. Il s'agit en fait des syndicats CFDT de la région parisienne, traditionnellement en opposition avec leur fédération, qui viennent d'en être exclus pour avoir soutenu la grève des camions jaunes contre l'ouverture au privé du transport du courrier malgré leur Fédération. Aux élections qui ont lieu trois mois après sa naissance, SUD-PTT n'obtient de représentativité que sur la région parisienne, mais va connaître un développement spectaculaire de son implantation au début des années 90. En effet, à la suite du grave échec subi par la CFDT lors des élections professionnelles de 1989 et à la suite de la décision de celle-ci de soutenir la loi de séparation de la Poste et de France Telecom (loi Quilès) qui ouvrait la voie à la privation, de nouveaux syndicats départementaux de la CFDT-PTT font défection et rejoignent SUD-PTT. Parallèlement les consignes données par la LCR à ses militants de venir renforcer cette organisation accélèrent son développement.

Un autre syndicat issu de la CFDT, le CRC-Santé rejoint un peu plus tard le G10.

L'entrée des nouveaux venus va donner un coup de fouet au travail interprofessionnel du groupe. Le champ d'activité et de réflexion s'élargit. Surtout, le principe de l'élaboration d'une Charte des valeurs sociales et syndicales, afin de donner une plus grande cohésion au groupe, est adopté.

Le groupe affirme davantage sa volonté d'un renouveau du champ syndical en participant à toutes les initiatives allant dans ce sens. Il se présente en 1992 pour la première fois aux élections prud'homales et est de plus en plus actif dans les luttes des secteurs où il intervient.

Cette dynamique entraîne de nouvelles adhésions de syndicats et les premiers regroupements locaux G10 effectifs.

Pour la première fois, il prend une initiative d'ampleur nationale avec le lancement de la campagne Agir contre le Chômage, qui se traduit par l'organisation de marches de chômeurs et la création d'AC !, qui cherche à unifier l'ensemble des organisations de chômeurs.

Toute cette agitation entraîne le départ du G10 de trois autres syndicats autonomes, qui avec la FEN (Fédération de l'Éducation Nationale), qui vient de connaître une scission, fondent une nouvelle organiation autonome l'UNSA (Union Nationale des Syndicats Autonomes). La FSU qui est issue de la scission de la FEN n'est pas, non plus, adhérente au G10.

Progressivement le G10 devenu Union Syndicale Solidaires[1] s'est « radicalisé » et apparaît de plus en plus comme un des points forts de la « gauche syndicale », au même titre que l'opposition CFDT avec laquelle il n'entretient pas cependant de rapports particuliers.

1995 : l'élargissement

Lors des grèves de décembre 1995, cette évolution apparaît encore plus clairement. Le résultat est qu'au lendemain de ce mouvement des fédérations de la CFDT comme celle des cheminots, mais aussi des syndicats d'entreprise non seulement de la CFDT, mais aussi de la CGT-FO et de la CGT quittent leurs confédérations et se constituent en SUD. C'est ainsi qu'à Toulouse, c'est une véritable Union Départementale qui se met en place.

Ce mouvement qui s'est poursuivi depuis lors (AFPA, Michelin, Thomson, etc.), accompagné d'un élargissement des syndicats et fédérations existantes donne une situation contrastée. Si sur le plan national, le G10 représente à ce jour environ 80.000 adhérents de 42 syndicats nationaux ou fédérations, dont la grande majorité est fortement implantée dans leurs secteurs respectifs, il est totalement absent de secteurs entiers.

Ce développement a amené le G10 à se restructurer en Union Syndicale G10 Solidaires. La règle de l'unanimité est abandonnée, mais chaque syndicat ou fédération membre garde un droit de veto qu'il peut utiliser s'il considère qu'une décision pourrait remettre en cause l'un de ses principes fondamentaux. Cela contraint du coup à un débat approfondi afin de lever tout malentendu.

Si la grande majorité des syndicats et fédérations membres de l'Union Syndicale G10 Solidaires a pour nom SUD (Solidaires Unitaires Démocratiques), l'Union Syndicale a conservé le nom moins connu de G10 car tous ne se reconnaissent pas forcément dans ce sigle (SNUI, SNJ, etc.).

L'Union Syndicale G10 Solidaires est aujourd'hui structurée en un Bureau National (BN) et en regroupements locaux pouvant accueillir en plus des syndicats membres des syndicats locaux non adhérents au G10 en observateurs. Les groupes locaux sont régulièrement invités à des réunions élargies du BN. Des congrès réunissant des délégations des syndicats ou fédérations nationaux et des groupes locaux sont désormais convoqués tous les trois ans.


La question de la représentativité

Précisons enfin que les syndicats SUD du secteur privé se heurtent à de grosses difficultés en matière de reconnaissance de leur représentativité. La loi reconnaît comme représentatif les syndicats adhérents à l'une des confédérations CFDT, CGC, CFTC, CGT et CGT-FO. Toute autre organisation doit faire la preuve de sa représentativité pour pouvoir se présenter aux élections de délégués du personnel et de comités d'entreprise. L'esprit de cette loi est d'éviter que le patronat ne puisse susciter des organisations syndicales soumises à lui qui pourraient se présente au premier tour.

Systématiquement, les autres syndicats dénoncent devant les tribunaux les nouveaux SUD ainsi créés, ce qui contraint ces derniers à donner la liste de leurs adhérents avec le risque que le juge décide de la communiquer aux autres parties, mettant ainsi en péril les nouveaux sudistes. Cela crée évidemment un frein à ces créations.

En cas de rejet de la représentativité par le tribunal, il reste possible d'appeler au boycott des élections, car si un quorum de 50 % de participation n'est pas atteint, un deuxième tour est organisé où les candidatures sont libres. Une fois qu'il a des élus, le syndicat est automatiquement reconnu représentatif.

C'est une tactique qui a souvent été employée par les SUD afin d'éviter la communication des listes d'adhérents. Dans les cas où il n'existait auparavant aucune organisation syndicale organisée dans l'entreprise, le syndicat nouvellement créé a obtenu des élus, parfois en nombre majoritaire, aux élections au sein de l'entreprise ou de l'établissement.

Mais, d'une manière générale, lorsque les organisations syndicales traditionnelles sont organisées dans l'entreprise, les SUD n'arrivent pas à obtenir que la majorité des salariés boycottent les élections.


Le site de l'Union syndicale G10 Solidaires , G10 Solidaires est membre fondateur d'ATTAC

voir aussi les pages Sud-Étudiant, Sud-Travail, Syndicalisme, Syndicalisme de lutte.



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