Galileo (système de positionnement)
Galileo est le nom du futur système de positionnement européen, qui sera pleinement utilisable en 2008.
Présentation
Ce système est destiné à fournir une indépendance à l'Europe vis à vis du système étasunien, le GPS (Global Positionning System). Cette indépendance
est importante car le GPS souffre de nombreuses restrictions tant par la précision du positionnement (de l'ordre de 20 mètres
pour le signal gratuit) que de la fiabilité (le positionnement peut être impossible dans certaines zones du globe pour des
raisons techniques ou/et politiques).
Le système sera sous contrôle strictement civil, contrairement aux autres systèmes existants qui sont eux, sous contrôle
militaire. Pour cette occasion, une entreprise commune, Galileo Joint Undertaking, a été créée en juillet 2003. Son
siège est à Bruxelles en Belgique.
Galileo diffusera 10 signaux :
- 6 pour les services gratuits
- 2 pour le service commercial
- 2 pour le service public réglementé
Cinq services sont prévus :
- le service ouvert (ou OS pour Open Service) : comme le service gratuit offert par le
GPS, mais la précision est plus grande. Aucune information d'intégrité n'est assurée. C'est ce service qui sera principalement
utilisé par les particuliers ;
- le service commercial (ou CS pour Commercial Service) : le service est payant, la
précision peut être améliorée par rapport au service ouvert, il est également possible de diffuser des informations cryptées à
l'aide de 2 signaux supplémentaires. C'est principalement les abonnements à ce service qui assureront le financement de
Galileo ;
- le service de sûreté de la vie (ou SOL pour Safety Of Life service) : identique au
service ouvert, mais avec la fourniture de l'information d'intégrité. C'est ce service qui sera utilisé par toutes les
applications ou des vies humaines risquent d'être en danger si la qualité du signal s'affaiblit ;
- le service public réglementé (ou PRS pour Public Regulated Service) : la fiabilité du
service est amélioré, est réservé à des administrations comme les pompiers, la protection civile ou encore la police. Comme ce
service doit être disponible en tout temps, il utilise deux signaux à part et dispose de plusieurs systèmes prévenant un
brouillage ou un leurrage du signal ;
- le service de recherche et secours (ou SAR pour Search And Rescue service) : destiné
à la recherche des émetteurs d'alerte, possibilité d'avoir un accusé de réception sur une alerte. La réglementation et la
définition des fonctions est sous la charge de l'Organisation Maritime Internationale (OMI) et de l'Organisation de l'Aviation Civile Internationale (OACI)
Selon les estimations, le programme devrait créer environ 140 000 emplois.
Composition
Le programme est composé de deux parties :
La partie spatiale
Elle est constituée par une constellation de 30 satellites placés sur trois orbites circulaires, à une altitude de 23 616 kilomètres. Sur les 30 satellites, 3 sont de secours, un sur chaque orbite.
Chaque satellite pèse 700 kilogrammes et contient notamment :
- une horloge
atomique
- des panneaux solaires fournissant une puissance maximale de 1500 watts
La partie au sol
Elle est constituée :
- d'une part, du segment sol chargé du contrôle de la constellation
- 2 centres de contrôle seront en Europe. Ils seront chargés notamment du contrôle de la constellation de satellites et de la
synchronisation des horloges atomiques.
- un minimum de 20 stations qui sont chargées de la réception des télémétries, de l'envoi des télécommandes aux satellites et
du tracking de ceux-ci. Dans tous les cas, les données sont reçues par les 2 centres de contrôle. Des stations réparties autour
du monde sont également en charge de la mesure de la qualité du signal de navigation: ceci est une grande avancée par rapport aux
autres systèmes de navigation par satellite car l'intégrité de l'information fournie par le système GALILEO permet de développer
des applications « Safety-of-Life »
- d'autre part, des récepteurs individuels
Financement
Le financement du programme se fait avec des fonds publics et privés. La partie publique est assurée à égalité par l'Union européenne et l'Agence Spatiale Européenne (ESA).
Le coût du programme est estimé à 3,4 milliards d'euro.
Secteurs d'applications
Les secteurs d'applications sont nombreux. Ils touchent aussi bien le secteur civil (marine marchande, aviation, véhicule de
particulier, etc.) que militaire (positionnement des troupes et des unités mécanisées).
En plus du positionnement, comme les satellites disposent chacun d'une horloge atomique ultra-précise, Galileo peut servir de
base temporelle. Le service commercial permet également d'envoyer des messages d'informations à grandes échelles.
Coopération
Les États-Unis ont dès le début du projet tenté de le faire annuler. Et cela pour différentes raisons plus ou moins
avouées :
- empêcher l'indépendance de l'Europe dans un secteur stratégique
- éventuel problème d'interférence avec leur système GPS
- empêcher que des pays ou des organisations ennemis puissent utiliser Galileo
Après des années de menaces en tout genres, les États-Unis ont finalement accepté Galileo et vont même y participer. C'est
ainsi qu'en marge du sommet États-Unis-Union européenne, qui s'est déroulé en Irlande, a été signé le 26 juin 2004 un accord final permettant l'inter-opératibilité technique de Galileo avec le GPS. Cela permettra de pouvoir
utiliser le système Galileo et GPS avec un même récepteur. De plus, si un des systèmes venait à avoir des défaillances, le second
prendra le relais de façon totalement transparente.
De nombreux autres pays sont intéressés pour participer à Galileo, à des niveaux de coopération plus ou moins importants. Ces
pays sont:
- le Canada
- la Chine, qui s'est engagée à financer Galileo pour 200 millions d'euros
- l'Inde
- Israël, qui prévoit comme la Chine de financer le programme
- la Russie, qui dispose de son propre système de positionnement, Glonass
- l'Ukraine
Liens externes

