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Genolier est un village du pied du Jura qui a vécu au gré des destinées du « comté des Equestres », comté qui fut aux époques mérovingienne et carolingienne rattaché à celui de Genève. Il réapparaît toutefois un peu plus tard comme identité administrative propre (durant le second royaume de Bourgogne ; fin du VIe siècle).
La disparition de l’identité politique et administrative du « comté des Equestres » et la création d’une multitude de seigneuries locales n’empêcheront pas, durant encore de nombreux siècles, d’identifier cette région par cette appellation élégante dont la source remonte à l’époque romaine. C’est également durant cette période-charnière (entre la fin du premier et le début du second millénaire) qu’apparaît l’appellation « Vaud ».
Lieu de découverte de plusieurs tombes burgondes (datant du Ve-VIe siècle, et mises à jour en 1898 et 1962), Genolier est mentionnée pour la première fois en 1110, lorsque l’évêque de Genève Guy confirme au monastère de St-Oyend (St-Claude en France), la possession de l’église. Ce prieuré, dont le monastère de Bonmont et la Chartreuse d’Oujon se partageaient et se disputaient âprement l’appartenance, s’appelait « Genolliaci ».En 1214, la dîme est cédée au monastère voisin d’Oujon.
Gui de Mont, premier seigneur de Genolier, naît vers 1210 ; il est le petit-fils de Louis, seigneur de Mont, fondateur de la Chartreuse d’Oujon (sise dans la forêt qui surplombe le village d’Arzier, au nord de Genolier). Bien que les membres de la famille de Mont se soient alors approprié le titre de « seigneur de Genolier », ils n’en posséderont réellement que le coseigneuriage qu’ils devront partager avec les seigneurs de Prangins.
Depuis ces temps anciens, Genolier et ses habitants ont traversé les siècles avec force labeur. L’agriculture sera l’occupation essentielle, pour ne pas dire unique, de ce peuple de campagnards. On y cultive essentiellement la pomme de terre, le maïs et quelques fruits, ces mêmes produits que l’on retrouve régulièrement cités jusqu’au XIXe siècle. Par ailleurs, les denrées mentionnées dans les registres de redevances à percevoir sont le plus souvent le blé, l’orge, l’avoine et le seigle. Comme plantes industrielles, le chanvre et le lin y sont également enregistrés. La vigne prend aussi pied sur les bords du Lac Léman, de même que l’élevage de porc qui est amplement facilité par la proximité du Bois de Chêne et de ses innombrables glands ! C’est pourquoi les bacons ou morceaux de lard sont aussi souvent cités dans les comptes de redevances.
Quant à la source de Montant, il est certain qu’elle a, depuis la nuit des temps, joué un rôle prépondérant dans l’histoire de Genolier. Dès l’installation des premiers hommes sur ce site, cette source a été régulièrement utilisée pour l’alimentation en eau, puis pour les possibilités intéressantes, liées à la mécanisation, qu’elle pouvait offrir. Dès lors, différentes entreprises nées au fil de l’eau ont laissé au sein des archives communales et cantonales d’importants documents, très détaillés, qui permettent de retracer la vie quotidienne au village (voir à ce sujet les livres de Gilbert Rochat, Histoire de Genolier, 1973, et d’Eric Caboussat, Genolier au pays des tillots, 1997). C’est ainsi que les religieux d’Oujon ont établi à Montant un moulin, battoir et foule vers 1243. Un moulin est également reconnu à « la Raisse » en 1615, alors que « Le Martinet » est signalé pour son huilerie et sa « Raisse » en 1615, alors que « Le Martinet » est signalé pour son huilerie et sa forge. De nos jours subsistent encore, comme industries en activité, la scierie de « Montant » et la caisserie de « La Raisse ».
Aujourd’hui, Genolier est un village prospère d’environ 1'500 habitants. Une trentaine d’entreprises des plus diverses ont élu domicile sur la commune, de même qu’une quinzaine de sociétés locales qui font vivre aux habitants des loisirs palpitants.


