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Gens du voyage

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Les gens du voyage est un terme générique pour désigner les nomades contemporains en Europe. En France, leur nombre fluctuant est estimé à à environ 400 000 personnes.

Sommaire

Dénominations

De nombreuses appellations les désignent selon les pays qu'ils traversent et ceux d'où ils proviennent : Roms, Tsiganes, Zigeuner, Zingari, Ciganos, Égyptiens, Egitanos, Gitans, Gitans, Gypsis, Romanichels, Manouches, Bohémiens, Sinti, Yéniche, etc. Ces appellations comportent de nombreuses confusions.

En France, on distingue trois groupes principaux sous l’appelation générique « tsigane » :

Il est bien entendu que chacun des groupes respectifs désire être appelé par le nom du groupe auquel il appartient : Rom, Manuch, Gitan, mais pour désigner l'ensemble des groupes c'est bien ce nom de Tsigane qu'ils revendiquent. Aujourd'hui certains non Tsiganes veulent le dissocier d'avec les Tsiganes alors qu'il les poursuit depuis plus de 12 siècles. Zigeuner, Ciganos, Zincalos, Atsicanis, etc., ce nom est d'origine grecque et veut dire « celui qui ne touche pas », « ne pas toucher », la plupart des tsiganologues qui y font référence parlent d'une secte manichéenne.

Histoire

Origines

L’origine des tsiganes a été l’objet de tous les fantasmes, d’hypothèses étranges qui en ont fait les descendants de Caïn ou de Cham, des mages de Chaldée ou de Syrie, une des tribus perdues d’Israël, des égyptiens de l’époque pharaonique, d’anciennes tribus Celtes du temps des Druides. La fascination exercée par de tels mythes a encouragé ces nomades vivant souvent de leurs talents à se donner eux-même les origines les plus mystérieuses.

Cependant des études linguistiques établissent dès le XVIIIe siècles les origines indiennes des Tsiganes, hypothèse recoupée par un récit historico-légendaire datant du milieu du Xe siècle, la chronique persane d’Hamza d’Ispahan, qui fut reproduite et embellie au XIe siècle par le poète Firdousi.

Selon cette chronique, plusieurs milliers de « Zott », « Rom » ou « Dom » (« homme ») auraient été envoyés par un roi Indien au roi de Perse, qui voulait offrir des divertissements et de la musique à ses sujets. Longtemps installés en Perse, ces Roms, déjà décrits comme refusant de vivre d’agriculture, finissent par se séparer en deux groupes migratoires : les uns vers le sud-ouest et l’Égypte, les autres vers le Nord-ouest et l’Europe.

La Grèce en accueille un grand nombre dès le début du XIVe siècle, sous le nom d'Atsinkanis (qui donne Tsigane, Zigeuner, Zingari, Ciganos, etc.), en particulier en « Petite égypte », la région la plus fertile du Péloponnèse, traversée par les pélerins occidentaux se rendant en Terres saintes. Ces derniers les appelent donc Égyptiens (Egitanos, Gitanos, Gitans, Egypsies, Gypsies). Mais les guerres incessantes entres Byzantins et Turcs les poussent sur les routes d’Europe, et au XVe siècle on commence à les trouver partout.

En 1427, la centaine de tsiganes qui arrivent au portes de Paris fait sensation, et leurs talents de divertisseurs les rendent vite populaires. Les groupes de « Voyageurs » se présentent souvent comme des pélerins, se donnent des titres prestigieux comme comte ou duc d’Égypte, mangent à la table de grands seigneurs ou sont nourris par les communes en échange de leurs divers talents (musiciens, mais aussi vanniers, maquignons, dresseurs etc.). Ils obtiennent des lettres de protection de monarques, comme les « Bohémiens », un groupe entré en France avec une lettre de protection du roi de Bohême, et recherchent la protection du Pape.

Méfiance et persécutions

À partir du XVe siècle, l’état de grâce entre les tribus nomades et les populations se renverse : les villes leur ferment les portes, lassées de les entretenir. Des conflits éclatent dans les villages, les campagnes leur sont hostiles à cause de leur tendance à vivre des ressources locales, au lieu de se plier aux travaux des champs. Leur étrangeté fait peur, et on les accuse de tous les maux : maraude, vol de poules, de chevaux, et même d’enfants.

Ils deviennent indésirables et tombent dès la fin du XVe siècle sous le coup de décrets qui vont de l’expulsion pure et simple à l’exigence de sédentarisation : ce n’est pas le tsigane qui est visé, mais le nomade. Les récalcitrants sont emprisonnés, mutilés, envoyés au galères ou dans les colonies, et même exécutés. La récurrence de ces mesures montre leur manque d’efficacité, sauf aux Pays-Bas qui parviennent à tous les expulser au milieu du XIXe siècle.

Des seigneurs continuent à accueillir et protéger des tribus sur leur terres, contre la volonté du pouvoir central, puisque leurs talents de musiciens et de danseurs sont très prisés. Ils sont tenus en esclavage en Roumanie, du XVe au XIXe siècle, pour les empêcher de priver les puissant du divertissement de leur compagnie. Vers la fin du XVIIIe siècle et tout au long du XIXe siècle, l’Europe éclairée alterne coercition et recherche de solutions « humaines » pour les sédentariser, d’autant que les Bohêmiens retrouvent avec la révolution et le mouvement romantique une image plus positive empreinte de liberté. En Hongrie on leur donne des terres et des bêtes, qu’ils revendent aussitôt à leurs voisins pour reprendre la route. L’échec de la plupart de ces politiques n’est pourtant pas une règle absolue, et une partie de la population nomade se sédentarise.

Le XXe siècle

C’est paradoxalement la première moitié du XXe siècle, époque de libéralisation dans toute l’Europe, qui fut la plus dure pour les gens du voyage. En France, une loi sur « l’exercice des professions ambulantes et la circulation des nomades » les oblige en 1912 à se munir d’un « carnet anthropométrique d’identité » qui doit être tamponné à chaque déplacement.

En Allemagne, le parti national-socialiste renforce dès son arrivée au pouvoir une législation déjà assez dure ; bien que qu’indo-européens, les Zingeuner ne sont pas considérés commes des aryens, mais au contraire comme un mélange de races inférieures ou au mieux des asociaux. Ils sont vite parqués dans des réserves (on envisage d’en classer une tribu comme échantillon, mais le projet est abandonné), puis envoyés en Pologne, et enfin internés dans des camps de concentration sur ordre d’Himmler, et éliminés.

Le génocide de 500 000 Tsiganes a été peu médiatisé en Europe. Les Tsiganes ont aussi participé à la résistance armée en France, en Yougoslavie, en Pologne, et en URSS.

La France n’attend pas l’occupation allemande pour interner ses propres populations nomades, « par mesure de sécurité nationale ». Des décrets d’avril 1940 les obligent à se fixer dans une commune et on parle de camps de concentration en toutes lettres dans les circulaires destinées aux préfets. L’invasion, qui jette des milliers de personnes sur les routes, brouille les cartes momentanément. Mais dès que la situation se normalise, les internements par les autorités françaises reprennent. Les autorités allemandes se contentent de confirmer les décrets d’avril, et sont même moins sévères ; il n’y aura pas de déportations vers l’Allemagne. Les dernier internés au camp de Jargeau ne le quittent qu’en décembre 1945, alors que les déportés survivants sont rentrés d’Allemagne depuis le printemps…

Le génocide a violemment marqué les consciences, et s’il faut attendre 1969 pour qu’une loi plus libérale remplace en France la loi de 1912, cela se fait sans opposition, ceux peu favorables aux tsiganes ayant peur de se faire taxer de racisme. Pourtant, ce n’est qu’en 1988 que l'état français accepte de se souvenir de la politique conduite à l’égard des nomades entre 1939 et 1945, et dresse une stèle commémorative sur l’un des sites d’internement.

Les dernières décennies sont marquées par une conversion massive de la communauté au protestantisme évangélique. En France au moins 100 000 adultes rejoignent l'association cultuelle Vie et Lumière fondée en 1953 et membre de la Fédération protestante de France.

La loi française

La loi Besson du 31 mai 1990 oblige les villes de plus de 5000 habitants à prévoir des emplacements de séjour pour les nomades.

Les fêtes

Sainte-Marie-de-la-Mer en Camargue.

Bibliographie

(édition revue et enrichie publiée en 1994, sous le titre Ces barbelés oubliés par l’histoire. Un camp pour les Tsiganes… et les autres. Montreuil-Bellay 1940-1945)

Cinématographie




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