Georges Politzer
Georges Politzer, philosophe et théoricien marxiste français d'origine hongroise, appelé
le philosophe roux. Il est né en 1903 à Nugyvarad (Hongrie), mort en 1942.
Il s'exile à l'âge de 17 ans suite à l'échec de la République des Conseils, dirigée par Bela Kun. Le pays tombe sous la coupe de la
répression de l'Amiral Horthy.
Il s'installe à Paris en 1921 après avoir rencontré Freud et Sandor Ferenczi et en cinq ans, il
conquiert tous ses titres académiques, jusqu'à l'agrégation en philosophie.
Suite à la fondation, au début des années 30, de l'Université Ouvrière de Paris, dissoute en 1939 par l'occupant, Georges Politzer s'investit et
est chargé du cours de matérialisme dialectique. Disciple de Marx et de
Lénine, il s'intéresse beaucoup à la psychologie et se distance de la théorie freudienne. Parallèlement, il occupe le poste de professeur de philosophie
au Lycée Saint-Maur.
Mobilisé à Paris en 1940, il reste aux côtés de la direction clandestine du Parti Communiste. Démobilisé en juillet 1940, il dirige l'édition d'un bulletin clandestin.
Suite à l'arrestation, en octobre 1940 du physicien de renommée mondiale Paul
Langevin, il sort le premier numéro de L'Université libre, relatant l'emprisonnement de l'illustre savant et dénonce
toutes les exactions commises par les envahisseurs fascistes. L'Université
libre paraîtra en 1940 et 1941. Il est arrêté en février 1942 et fusillé en mai 1942.
L'Université ouvrière renaîtra après la Libération sous le nom d' Université Nouvelle. Scandaleusement, malgré son martyre, Georges Politzer ne fut
reconnu comme interné résistant qu'à titre posthume, après une longue bataille juridique qui se termina en 1956. Georges Politzer
a inspiré des générations d'intellectuels français et étrangers. Son ouvrage posthume, Principes élémentaires de
philosophie fut le premier ouvrage interdit par le régime militaire fasciste instauré en Turquie en 1980.
Citations
- Tant qu'on dira: il y a dans l'histoire de la philosophie des philosophies sans matière et des philosophies s'épuisant
dans une débauche d'artifices honnêtes ou pharisiens, avec l'inconscience parfaite d'être privés de matière, on ne discutera plus
que sur les dates; tant qu'on dira : les renaissances de l'esprit correspondent à la découverte d'une matière nouvelle et
les nuances sont alors balayées parce qu'on pose les problèmes en grands termes, ils nous féliciteront de l'ingéniosité de nos
vues. Mais quand on dira : il faut que dès maintenant les problèmes soient posés en grands termes; il faut
que dès maintenant les nuances soient balayées, car voici la matière nouvelle: alors nous ne seront plus que des
simplistes et des ignorants et par-dessus le marché, des énergumènes. Et toute la bonne disposition qu'on pouvait avoir pour nos
idées s'évaporera, tout de suite, du seul fait que nous voulons leur donner la précision qu'elles comportent. Car telle est la
loi de la situation. Les philosophes de la philosophie sans matière sont inconscients et le comique qui pèse sur eux c'est qu'ils
savent de science certaine qu'il y a eu des philoosophes inconscients d'être privés de matière et qu'ils sont parfaitement
impuissants à diagnostiquer chez eux la maladie qu'ils reconnaissent pourtant chez les autres. tiré de L'Esprit,
Cahiers, mai 1926
Et c'est exactement ce qui s'est passé: tout ce qui était nouveau, dérangeant chez Politzer a été nié, ridiculisé. Tout ce qui
n'était pas dérangeant pour la philosophie dominante a été encensé.
- Et il faut avouer que, pour la philosophie nouvelle, il ne peut pas y avoir de dualisme entre la certitude et la
sécurité, puisque les spéculations rattachent ceux qui la préconisent à ceux qu'on appelle les ennemis de la
société. Et se trouvant ainsi, heureusement, en désaccord avec l'État, les nouveaux philosophes n'auront plus que la
certitude. Philosopher véritablement sera de nouveau une occupation dangereuse comme dans les temps héroïques. Les philosophes
seront de nouveau amis de la vérité, mais par là même ennemis des dieux, ennemis de l'État et
corrupteurs de la jeunesse. La philosophie comportera de nouveau un risque. Une sélection se produira donc. Ne viendront
à la vérité que ceux qui l'aiment au point d'oser transformer les aventures spirituelles en aventures matérielles.
(ibidem)
Œuvres
- Critique des fondements de la psychologie, 1928
- Le Bergsonisme, une mystification philosophique, Éditions sociales
- Sang et or, ou l'Or vaincu par le sang, novembre 1940
- Révolution et contre-révolution au XXè siècle, Éditions sociales, mars 1941
- Principes élémentaires de philosophie, Éditions sociales, notes prises aux cours professés à l'Université Ouvrière
de 1935-1936
- Écrits 1 La philosophie et les mythes, Éditions sociales, 1973
- Écrits 2 Les fondements de la psychologie, Éditions sociales

