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Jean Giono (Manosque, 30 mars 1895 - id., 9 octobre 1970) est un écrivain français.
L'œuvre de Jean Giono possède une portée universelle : à travers la description du monde paysan provençal, enrichie de son imagination et des visions de la Grèce antique, il dépeint la condition de l'Homme dans le monde, face aux questions morales et métaphysiques.
Giono fut soldat durant la Première Guerre mondiale. Il n'aborde objectivement cette période de sa vie que dans Refus d'obéissance, c'est-à-dire bien après ses premières publications. L'influence de la guerre est pourtant très forte tout au long de son œuvre. Bien que difficilement classifiable, Giono est sans contestation un humaniste et un anti-militariste. Ses trois premiers livres (Colline, Un de Baumugnes, Regain) constituent la trilogie de Pan. Le dieu Pan est une figure importante dans les livres de Giono. Il est explicitement présent au tout début, et restera jusqu'à la fin en filigrane. Il représente la nature unifiée dans un être unique. Bien que peu adepte des discussions philosophiques, Giono fait quelques brèves allusions au panthéisme (cf. Spinoza, Parménide), qu'il développe allégrement de façon lyrique dans ses premiers livres. La nature y est présentée d'une façon bien différente de l'idyllique Provence bienveillante de Pagnol. Chez Giono, la nature est belle, mais elle est aussi cruelle, destructrice et purificatrice. L'œuvre de Giono mélange son propre humanisme naturel à une révolte violente contre la société du XXe siècle et contre la médiocrité.
Les premiers livres sont écrits d'une façon très lyrique et leur style est très différent des œuvres tardives plus élaborées et plus narratives. Le Hussard sur le toit fait partie de ce second courant mais renoue d'une façon bien particulière avec le lyrisme des premiers livres.
Sa nouvelle l'Homme qui plantait des arbres a été adaptée en film d'animation par l'animateur canadien Frédéric Back.
| Sommaire |
Giono est né à Manosque en 1895. Son père est un cordonnier anarchiste d'origine italienne, qui passe beaucoup de temps à lire la Bible; sa mère une repasseuse. En 1911, la mauvaise santé de son père et les faibles ressources de sa famille l'obligent à arrêter les études. Il doit donc travailler en autodidacte pour assouvir sa soif de savoir. Mais il est incarcéré en 1915 à Briançon puis doit participer à la bataille de Verdun en 1916. Par la suite, la lecture des écrivains classiques font naître en lui l'envie d'écrire. Cela devient un passe-temps qui prend alors de plus en plus d'importance, si bien qu'il décide après liquidation de son entreprise en 1929 d'arrêter toute activité professionnelle pour se consacrer exclusivement à ses écrits. Il reçoit ensuite, en 1929, le prix américain Brentano pour Colline, ainsi que le prix Northcliffe l'année suivante pour son roman Regain. Il est également nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1932. Un troisième prix lui sera également décerné, celui du Prince Rainier III de Monaco pour l'ensemble de son œuvre en 1953. Il est élu l'année d'après membre de l'Académie Goncourt. Mais entre temps, le 16 septembre 1939, il est arrêté à cause de ses écrits pacifistes antérieurs. Bien qu'ouvertement anti-nazi, il est en effet accusé de collaboration pendant la Seconde Guerre mondiale. Il est heureusement libéré après un non-lieu. Et, « malgrè tout », il conclut que face au désespoir et à l'ennui perpétuel de l'homme, il n'y a que le divertissement qui puisse être susceptible d'apporter un certain bonheur...


