Page d'accueil encyclopedie-enligne.com en page d'accueil
Liste Articles: [0-A] [A-C] [C-F] [F-J] [J-M] [M-P] [P-S] [S-Z] | Liste Catégories | Une page au hasard | Pages liées

Gotique


Si certains caractères de cet article s'affichent mal (carré vides, points d'interrogation...), consultez la page Unicode.


Le gotique (cette orthographe est utilisée, en français exclusivement, par opposition à gothique afin d'éviter les confusions) est une langue germanique aujourd'hui éteinte, celle des Goths et, plus particulièrement, des Wisigoths. Le gotique est donc une langue indo-européenne. C'est la plus ancienne des langues germaniques attestées mais elle n'a donné naissance à aucune langue germanique actuelle ; les documents les plus anciens datent du IVe siècle de notre ère ; il aurait été parlé jusqu'au VIIIe siècle, bien que certains termes semblant appartenir au gotique aient été retrouvés dans des manuscrits postérieurs de Crimée ; il est cependant possible que ceux-ci ne correspondent pas exactement à la même langue. Le caractère archaïque du gotique en fait l'intérêt principal en linguistique comparée.

Pour des raisons de lisibilité, les parties concernant l'alphabet gotique et la prononciation de la langue constituent des articles séparés.

Sommaire

Attestations

Le gotique est attesté par un petit nombre de documents, qui ne permettent pas de le restituer avec une grande précision :

En sorte, quand on parle de gotique, il s'agit la plupart du temps de celui de Wulfila, mais les documents sont majoritairement du VIe siècle, c'est-à-dire bien postérieurs. Cette liste n'étant pas exhaustive, on pourra se référer à cette page externe pour une description plus précise des attestations de la langue.

Alphabet

Article complet : Alphabet gotique. Résumé :

Le gotique de Wulfila, de la Skeireins et de divers manuscrits est écrit au moyen d'un alphabet original inventé vraisemblablement par Wulfila lui-même, que l'on nomme « alphabet gothique ». Il n'a rien à voir avec ce qu'on appelle communémment les « lettres gothiques », qui sont, elles, des lettres de l'alphabet latin telle qu'écrites en Occident dans les manuscrits du XIIe au XIVe siècles, devenues plus tard ce que l'on désigne en Allemagne sous le terme de Fraktur.

Suite...

Système phonologique et phonétique

Article complet : Gotique (phonologie)

Le gotique a connu la première mutation consonantique du germanique commun (ou loi de Grimm) ainsi que la loi de Verner ; il est trop ancien pour avoir subi la seconde mutation consonantique, propre au vieil haut allemand.

L'on peut déterminer avec plus ou moins de précision la façon dont les mots gotiques de Wulfila se prononçaient grâce à la phonétique comparée, principalement. De plus, Wulfila ayant cherché à suivre le plus possible le texte grec qu'il a traduit, on sait qu'il a utilisé pour son alphabet des conventions identiques à celles du grec de cette époque, ce qui permet par recoupement d'en deviner la prononciation, vu que celle du grec nous est très bien connue.

Suite...

Morphologie

Système nominal

Le caractère archaïque du gotique lui a permis de conserver des traits propres aux langues indo-européennes que n'ont plus forcément les langues germaniques modernes, comme une flexion nominale bien plus riche en cas ; l'on retrouve en gotique le nominatif, l'accusatif, le génitif et le datif (ainsi que certaines traces d'un vocatif souvent identique au nominatif, parfois à l'accusatif). À titre de comparaison, des langues germaniques, seul l'islandais possède encore tous ces cas. Les trois genres IE sont représentés, dont le neutre (comme en allemand, norvégien et islandais et, d'une certaine manière, comme en néerlandais, danois et suédois, qui opposent le neutre au « genre commun » (genus commune), c'est-à-dire une synthèse du masculin et du féminin). Les noms et adjectifs sont fléchis selon deux nombres : singulier et pluriel.

L'une des caractéristiques les plus frappantes de cette famille de langues est l'opposition entre les flexions nominales faibles (en simplifiant : à terminaison consonantique [n] du radical) et fortes (en simplifiant : à terminaison vocalique du radical et avec mélange de désinences propres aux pronoms), opposition particulièrement prégnante en gotique. Alors que pour un nom donné, une seule flexion est possible (selon la finale du radical) certains adjectifs peuvent suivre l'une ou l'autre flexion, en fonction de leur valeur : un adjectif employé de manière déterminée et accompagné d'une forme pronominale déictique, comme le pronom démonstratif sa, þata, so jouant le rôle d'un article défini, est décliné au faible ; on décline au fort les adjectifs indéterminés. Ce processus se rencontre encore en allemand, par exemple, où l'on dit que sans article défini, l'adjectif en porte les marques flexionnelles :

En gotique, les adjectifs qualificatifs (aussi au superlatif en -ist et -ost) et le participe passé peuvent suivre les deux flexions ; ne suivent que la faible certains pronoms comme sama (« identique », cf. anglais same), certains adjectifs, comme unƕeila (« incessant » ; pour le radical ƕeila, « temps », cf. anglais while, « pendant que »), les adjectifs au comparatif, les participes présents, etc. Ne suivent que la forte áins (« uns »), les adjectifs possessifs, les indéfinis, etc.

L'on se contentera de donner quelques exemples des déclinaisons nominales et adjectivales opposant les flexions fortes et faibles :

Cas Flexion faible Flexion forte
Singulier Nom Adjectif Nom Adjectif
radical M. N. F. radical M. N. F.
Nom. guma blind- -a -o -o dags blind- -s -a
Acc. guman -an -o -on dag -ana -a
Gén. gumins -ins -ons dagis -is -áizos
Dat. gumin -in -on daga -amma ái
Pluriel    
Nom. gumans blind- -ans -ona -ons dagos blind- -ái -a -os
Acc. gumans -ans -ona -ons dagans -ans -a -os
Gén. gumane -ane -ono dage -áize -áizo
Dat. gumam -am -om dagam -áim

Guma, masculin, thème faible en -an, « homme » ; dags, masculin, thème fort en -a, « jour » ; blind, « aveugle ».

Ce tableau, bien entendu, ne fournit pas des paradigmes complets (il existe en effet des désinences secondaires, surtout au neutre singulier fort, des irrégularités, etc). Une version exhaustive des types de flexion se présenterait ainsi pour les noms (les flexions sont traitées de manière exhaustive dans un article séparé) :

Le système de l'adjectif suit de très près celui du nom : les types de flexions s'y retrouvent.

Système pronominal

Le gotique possède un jeu complet de pronoms, personnels (ainsi qu'un réflexif unique pour les trois personnes), possessifs, démonstratifs (simples et composés), relatifs, interrogatifs et indéfinis. Ceux-ci suivent une série de flexions particulières (que la flexion nominale forte a reprise en partie), à l'instar des autres langues indo-européennes. Le trait le plus marquant est sans doute la conservation du duel, nombre concernant deux personnes ou choses, tandis que le pluriel concerne ce qui dépasse la paire. Ainsi, « nous deux » et « nous (plus de deux) » se disent respectivement wit et weis. Alors que le duel était utilisé en indo-européen pour toutes les catégories capables d'exprimer le nombre (il se retrouve ainsi en grec et en sanskrit, par exemple), il est remarquable que le gotique ne l'ait conservé que pour les pronoms.

Le pronom démonstratif simple sa (neutre :þata, féminin : so, de même origine que l'article grec ὁ, τό, ἡ, c'est-à-dire *so, *seh2, tod ; pour ce dernier, cf. aussi latin istud), est utilisé comme article et permet la construction de syntagmes nominaux du type article défini + adjectif faible + nom.

Autre trait notable, les pronoms interrogatifs débutent tous par ƕ-, qui continue le phonème indo-européen *kw et se trouve effectivement au commencement de tels pronoms dans la langue-mère ; c'est ainsi qu'en anglais ces termes débutent généralement par wh-, qui peut, comme en gotique, noter [ʍ], en allemand par w- [v], en suédois v-, etc. L'on trouve en latin qu-, en grec τ ou π (l'évolution de *kw y étant particulière), sanskrit k-, etc.

Le détail de la flexion pronominale fait l'objet d'un article séparé.

Système verbal

La grande majorité des verbes gotiques suit la conjugaison indo-européenne dite « thématique », parce qu'elle intercale une voyelle alternante *e/o entre le radical et les désinences. Le latin et le grec font de même :

L'autre conjugaison, dite « athématique », où un autre jeu de désinences est directement ajouté au radical, ne subsiste qu'à l'état de vestige, comme en latin ou en grec. Le paradigme le plus important est celui du verbe « être », qui est aussi athématique en latin, grec, sanskrit, etc.

D'autre part, les verbes sont aussi séparés en deux grands groupes, les verbes faibles et les verbes forts. Les faibles se caractérisent par un prétérit formé par l'adjonction d'un suffixe en dentale -da / -ta, comme au participe passé, / -t, tandis que les forts utilisent pour le prétérit un jeu d'alternances vocaliques (modification de la voyelle du radical) et / ou de redoublement de la première consonne du radical (comme en grec et en sanskrit pour le parfait) sans suffixe particulier. Cette dichotomie se retrouve en allemand, anglais, islandais, entre autres langues germaniques :

La flexion verbale possède deux diathèses (ou « voix »), l'actif et le passif (dérivé d'un ancien moyen), trois nombres, singulier, duel (sauf à la troisième personne) et pluriel, deux temps, présent et prétérit (un ancien parfait), trois modes personnels, indicatif, subjonctif (un ancien optatif) et impératif, ainsi que trois séries de formes nominales du verbe, un infinitif présent ainsi qu'un participe présent actif et passé passif. Tous les temps et toutes les personnes ne sont pas représentés à tous les modes et toutes les voix, la conjugaison utilisant pour certaines formes un système de supplétion.

Enfin, l'existence de verbes dit « prétérito-présents » est notable : il s'agit d'anciens parfaits indo-européens qui ont été réinterprétés comme des présents. Ainsi wáit, de l'indo-européen *woid-h2e (verbe « voir » au parfait), trouve son répondant exact en sanskrit véda et en grec Ϝοἶδα, qui signifient tous étymologiquement « j'ai vu » (sens parfait) donc « je sais » (sens prétérito-présent). Le cas est similaire en latin avec nōuī : « j'ai su » donc « je sais ». Parmi les verbes prétérito-présents, l'on compte aussi áihan (« posséder »), kunnan (« connaître », cf. allemand kennen), etc.

Divers

Bibliographie

Articles connexes

Liens externes


60px Cet article a été défini comme article de qualité faisant honneur à l'encyclopédie Wikipédia libre, universelle et gratuite. Pour toute information complémentaire, consulter sa page de discussion et dans la liste des articles de qualité.


This site support the Wikimedia Foundation. This Article originally from Wikipedia. All text is available under the terms of the GNU Free Documentation License Page HistoryOriginal ArticleWikipedia