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Le gouvernement provisoire de la République française est l'institution de sortie de la Seconde Guerre mondiale.
Il succède au Comité français de libération nationale (CFLN), organe politique de la
Résistance, qui se proclame Gouvernement provisoire de la
République française (GPRF) le 2 juin 1944.
Il fut présidé successivement par :
Le premier acte du GPRF est de s'opposer à la mise en place d'une administration militaire américaine intérimaire, l'AMGOT.
Ce gouvernement, venu d'Alger, assume la réalité du pouvoir à partir de la fin de l'été 1944, à la suite de la Libération de la France. Composé de communistes, de socialistes et de
MRP, il déclare nulles et non avenues toutes les décisions du Régime de Vichy, qu'il considère comme une parenthèse illégale dans le
fonctionnement de l'État. En témoigne le refus de De Gaulle de proclamer la république du balcon de l’hôtel de ville de Paris libérée, le 25 août. Selon lui <<La république n’a jamais cessé d’exister. La
France libre, la France combattante, le comité français de la libération
nationale l’ont tour à tour incorporée>>.
Pour rétablir l’autorité républicaine, le GPRF envoie dans tous les départements libérés des commissaires de la république.
Ceux-ci se heurtent aux comités locaux de la résistance, souvent noyautés par les communistes, et qui regimbent à céder un
pouvoir acquis de facto suite à la libération. Par ailleurs plusieurs organisations issues de la résistance disposent d’éléments
armés pouvant être utilisés par les communistes dans l’éventualité d‘une révolution (FFI,
COMAC, milices patriotiques).
Pour parer ce danger et malgré la mauvaise volonté du CNR et des communistes, le GPRF s‘efforcera de les incorporer à l’armée régulière comme
pour les FFI, le 23 septembre ou de les dissoudre comme pour les milices patriotiques le 28 octobre.
Le gouvernement provisoire crée l'École nationale d'administration (9 mai 1945), dans l'espoir de démocratiser la haute
fonction publique. Il accorde surtout le droit de vote aux femmes en 1946.
Il met en place la sécurité sociale (ordonnance du 19
octobre 1945) et des allocations familiales (loi du 22 août 1946)
Il poursuit la guerre et organise l'épuration (procès de Philippe
Pétain en juillet 1945) tout en refrénant les excès. Cette épuration légale fait suite à une épuration sauvage, commencée des la libération, souvent menée
par des résistants de la dernière heure et qui avait conduit à de nombreuses exécutions sommaires et à la tonte des femmes
soupçonnées d‘avoir eu des liaisons avec l‘ennemi. L’épuration a touché environ 10000 français et son bilan est controversé. Bien
que les responsables politiques et les intellectuels pétainistes aient été jugés et condamnés, les responsables industriels, les
cadres de l‘administration et de la police et la magistrature furent peu inquiétés.
En août 1945, une insurrection éclate en Indochine.
La France reconnaît l'indépendance de la république démocratique du Viêt-Nam, mais elle refuse d'inclure la Cochinchine, ce qui provoque une guerre qui ne se terminera, en ce qui concerne la
France, que beaucoup plus tard, avec la séparation du Viêt-Nam entre le Viêt-Nam du Nord et du Sud, en 1954.
Un des autres objectifs principaux du GPRF, sous la houlette du général De Gaulle fut de rendre la parole au peuple en organisant
des élections législatives et un référendum qui eurent lieu le 21 octobre
1945. Les élections voient la victoire des 3 partis résistants (SFIO, PC, MRP) qui
recueillent les ¾ des voix et le référendum consacre, avec 96% des votants, la fin de la Troisième République. L'assemblée constituante issue des
élections est chargée d'instaurer la Quatrième
République.
Le 20 janvier 1946, Charles de Gaulle démissionne en désaccord avec le projet de constitution et, les ministres
communistes.
Un premier projet de constitution est rejeté par référendum le 5 mai 1946. Le projet monocamériste devient bicamériste. Une nouvelle
assemblée constituante est élue le 2 juin et la
constitution de la Quatrième République est
définitivement adoptée par référendum le 13 octobre 1946.
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