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Partage d'un entier

Sommaire

Partage d'un entier

Un partage d'un entier strictement positif n est une façon d'écrire n comme une somme d'entiers strictement positifs. Deux sommes qui diffèrent seulement de l'ordre de leurs opérandes sont considérées comme étant le même partage. Une opérande dans un partage est aussi appelée une partie.

Exemples:

Les partages de 4 sont listés ci-dessous :

Voici les partages de 8 :

Parmi les 22 partages du nombre 8, 6 d'entre eux contiennent seulement des parties impaires :

Curieusement, si nous comptons les partages de 8 en « parties distinctes », nous obtenons aussi le nombre 6 :

Est-ce seulement un coïncidence, ou est-il vrai que pour tout entier strictement positif, le nombre de partages en parties impaires est toujours égal au nombre de partages ayant des parties distinctes ? Ce type de résultats et d'autres peuvent être obtenus à l'aide d'un outil visuel, le graphe de Ferrer.

Graphe de Ferrer

Le partage 6 + 4 + 3 + 1 de l'entier strictement positif 14 peut être représenté par le graphe suivant :

o o o o
o o o
o o o
o o
o
o
6+4+3+1 

Les 14 cercles sont alignés sur 4 colonnes, chacune ayant la grandeur d'une partie du partage. Les graphes pour les 5 partages du nombre 4 sont listés ci-dessous :

o o o o o o o o o o o o
o o o o o
o o
o
4 3+1 2+2 2+1+1 1+1+1+1

Maintenant, si nous effectuons une symétrie du graphe du partage de 6 + 4 + 3 + 1, par rapport à la diagonale principale :

o o o o o o o o o o
o o o o o o o
o o o --> o o o
o o o
o
o
6+4+3+1 4+3+3+2+1+1

En transformant les lignes en colonnes, nous obtenons le partage 4 + 3 + 3 + 2 + 1 + 1 du nombre 14. De tels partages sont dits conjugués l'un de l'autre. Dans le cas du nombre 4, les partages 4 et 1 + 1 + 1 + 1 sont conjugués, ainsi que les partages 3 + 1 et 2 + 1 + 1. Le partages 2 + 2 présente un certain intérêt, puisqu'il est son propre conjugué. Un tel partage est dit auto-conjugué.

Proposition Le nombre de partages auto-conjugués est le même que le nombre de partages en parties impaires distinctes.

Schéma de la démonstration: Le fait essentiel est que toutes les parties impaires peuvent être « pliées » en leur milieu pour former un graphe auto-conjugué :

o
o
o --> o o o
o o
o o

Nous pouvons alors construire une bijection entre l'ensemble des partages en parties impaires distinctes et l'ensemble des partages auto-conjugués, comme l'illustre très bien l'exemple suivant:

 o * x o o o o o 
 o * x o * * * * 
 o * x <--> o * x x 
 o * o * x 
 o * o * 
 o * 
 o * 
 o 
 o 
 
 9+7+3 5+5+4+3+2 

impair distinct auto-conjugué

Des techniques similaires peuvent être employées pour établir, par exemple, les égalités suivantes :

Nombre de partages

Le nombre de partages d'un entier strictement positif n est donné par la fonction partage p. Le nombre de partages de n en exactement k parties est noté pk(n).

Les techniques des graphes de Ferrer nous permettent aussi de prouver des résultats comme le suivant :

Référence bibliographiques

Une introduction élémentaire à la notion de partage d'un entier, incluant les graphes de Ferrer, peut être trouvée dans l'ouvrage suivant :

Miklós Bóna, A Walk Through Combinatorics: An Introduction to Enumeration and Graph Theory, World Scientific Publishing, 2002. ISBN 9810249004.


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