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Guelfes

Les Guelfes tirent leur nom de l'allemand Welf, désignant la dynastie rivale des Hohenstaufen, ces derniers étant plus communément désignée par le mot : « Gibelins », de Waiblingen, en allemand. À partir d'un conflit proprement allemand, l'opposition entre Guelfes et Gibelins va se répandre dans diverses parties d'Europe à des époques successives.

Sommaire

Guelfes et Gibelins

Au Moyen Âge, le conflit entre Welf et Hohenstaufen se transposa en Italie. L'Empereur Frédéric II, régnant sur la Sicile et sur l'Italie, était un Hohenstaufen. Plus tard, lorsqu'eut lieu l'opposition entre Papauté et Empire, les partisans du pape se nommèrent naturellement « guelfes », en italien : guelfo, par référence aux opposants aux Hohenstaufen en Allemagne. Le conflit fut particulièrement violent dans la ville de Florence, en Toscane, où il avait pour base la querelle entre deux familles, les Buondelmonte et les Arrighi, qui s'identifièrent vite respectivement aux Gibelins et aux Guelfes.

Les Guelfes étaient partisans du Pape en même temps qu'ils avaient des revendications nationalistes. En 1249, ils sont soumis à un exode massif, lorsque le fils de Frédéric II, Frédéric d'Antioche, pénètre à Florence accompagné de ses cavaliers allemands. Mais à la mort de Frédéric II (1250), les Gibelins perdent du terrain et sont obligés à leur tour de laisser Florence en 1258 pour se réfugier à Sienne, en espérant une intervention du deuxième fils de Frédéric, Manfredi. Les Guelfes, alors revenus en force, sont à nouveau défaits lors de la bataille de Montaperti. Ils prennent leur revanche en février 1266, à la bataille de Bénévent. En avril de l'année suivante c'est ainsi Carlo d'Angio, principal allié du Pape, qui rentre à Florence avec ses cavaliers et chasse définitivement les Gibelins de la ville. Le gouvernement guelfe durera de 1267 à 1280. C'est à cette époque que le pape Nicolas III, inquiet de la prédominance croissante de la France, envoie à Florence le cardinal Latino, afin d'établir un gouvernement également partagé entre Guelfes et Gibelins.

Guelfes blancs et Guelfes noirs

À la fin du XIIIe siècle, le parti guelfe se divise en deux factions : les blancs et les noirs. À l'origine de cette division est encore une querelle de clans, celle qui oppose les Cerchi (blancs) aux Donati (noirs). Cette division est également sociale, les Cerchi étant proches du peuple et les Donati de l'élite florentine. Ces derniers entendent s'opposer aux Ordonnances de Justice émises par Giano della Bella. En 1300, sur la Place de la Sainte Trinité à Florence, éclate une bataille qui marquera un clivage définitif entre les deux partis. Les Guelfes noirs, très proches de Boniface VIII vont prévaloir sur les blancs incapables de se défendre convenablement, et Charles de Valois, venu de France en appui du pape, investira Florence sans rencontrer aucune résistance. Dès janvier 1302, on commence d'exiler les blancs. C'est le comte de Gabrieli de Gubbio qui règne alors sur la ville.

Dante et le Guelfisme

On considère souvent que Dante, qui vécut pleinement ces évènements, puisqu'il faisait partie de diverses assemblées politiques florentines, fut guelfe blanc. En effet, il fut exilé le 27 janvier 1302, à la suite d'un voyage officiel à Rome, pour y rencontrer Boniface VIII, et où il sera emprisonné, puis dont il s'évadera. Mais si les vicissitudes politiques de son temps et de ses relations l'obligèrent à s'allier à plusieurs partis, il est clair que d'un point de vue doctrinal, Dante fut gibelin, comme le prouve son traité De Monarchia, qui plaide très clairement en faveur d'un empereur, unique souverain, régnant de Rome, avec la bénédiction du pape. Il mit d'ailleurs ses espoirs de rénovation impériale en la personne de l'empereur romain Henri VII, qui mourut trop tôt pour accomplir ce que Dante attendait de lui.

Montaigne

Dans ses Essais, Montaigne indique que l'homme qui cherche à garder son autonomie de jugement sera toujours considéré comme « Gibelin par les Guelfes, et Guelfe par les Gibelins ».



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