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La guerre de Hollande se déroula de 1672 à 1678. Elle opposa la France et ses alliés (Angleterre, Bavière, Suède) à la Quadruple alliance comprenant les Provinces-Unies, le Saint-Empire, le Brandebourg et
l'Espagne.
Après la guerre de Dévolution, et malgré des finances françaises difficiles, Louis XIV chercha à étendre son territoire et à venger ses revers face à la Triple alliance. Le 28 mars 1672, Charles II d'Angleterre déclara la guerre aux Provinces-Unies. Rapidement, l'allié anglais s'avéra inefficace face à la puissante flotte hollandaise de l'amiral Ruyter.
Au contraire, la campagne terrestre fut couronnée de succès pour Louis XIV. Les armées françaises, commandées par Turenne, contournèrent les Pays-Bas espagnols et passèrent le Rhin à Tolhuis. Dans la foulée, elles prirent une quarantaine de villes. Les Hollandais durent se résoudre à ouvrir les écluses protégeant Amsterdam pour stopper l'avance française. Malgré tout, les Hollandais tinrent bon. Ils étaient stimulés par le Grand Pensionnaire Johan de Witt, et surtout le stathouder Guillaume de Nassau, prince d'Orange. Ce dernier fut rapidement nommé capitaine et amiral général à vie, assurant ainsi un commandement militaire unique. Il forma le 30 août 1673 une coalition avec l'Espagne, le duc de Lorraine et l'Empereur.
Parallèlement, la France avait remporté de nouveaux succès. Ainsi, Vauban avait pris Maastricht le 30 juin 1673. Les Français prirent également Colmar, Sélestat et Landau. Néanmoins, ces victoires furent sérieusement relativisées par l'arrivée des Impériaux, commandés par Montecuccoli. Peu à peu, tous les princes allemands firent défection, à l'exception de la Bavière. L'Électeur de Brandebourg, Frédéric-Guillaume, entra même en guerre le 1er juillet 1674. D'autre part, le Parlement anglais força Charles II à faire la paix avec les Provinces-Unies en février 1674. Il était en effet persuadé que le roi cherchait par ce biais à rétablir le catholicisme.
La France se retrouva donc quasiment seule face à la coalition. Elle continua néanmoins à attaquer en Franche-Comté, comptant sur Turenne et Condé pour protéger le royaume au Nord et à l'Est. La Franche-Comté céda finalement. Turenne traversa de nouveau le Rhin le 16 juin 1674. Il pilla le Palatinat pour terroriser les princes allemands. Peu après, le 11 août, Condé barra la route à Guillaume d'Orange, en route vers Paris. À la fin de l'année, les Impériaux et les Lorrains pénétrèrent en Alsace. Turenne passa par les Vosges en plein hiver et les força à repasser le pont de Kehl.
Au début de l'année 1675, la Suède entra en guerre, poussée par la France. Elle attaqua le Brandebourg mais fut repoussée. Parallèlement, l'amiral français Duquesne attaqua la flotte espagnole avec son escadre de Méditerranée. Il s'agissait d'aider Messine, révoltée contre l'Espagne. Duquesne écrasa les Espagnols au large du Stromboli, puis la flotte hollandaise venue en renfort, devant Agosta (22 avril 1675). Ruyter trouva la mort dans la bataille.
En Rhénanie et dans les Pays-Bas espagnols, la guerre s'enlisait. Turenne fut tué par un coup de canon le 28 juillet 1675. La France évacua Philippsbourg mais prit sa revanche à Cassel, où s'illustra Monsieur, frère de Louis XIV. En 1677, Marie d'York, nièce de Charles II, et son héritière en l'absence de descendance, épousa Guillaume d'Orange, marquant ainsi le rapprochement entre l'Angleterre et les Provinces-Unies.
Louis XIV décida de faire un dernier coup de force. Faisant converger ses armées, il prit Gand puis Ypres. Il fut ainsi en mesure d'imposer un dénouement à la guerre. Ce fut la paix de Nimègue, signé le 10 août 1768. La France y obtenait la Franche-Comté ainsi que diverses places-fortes sur la frontière du Nord, en échange de son évacuation de Maastricht et de la principauté d'Orange.


