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Guerre israélo-arabe de 1948

La Guerre Israélo-Arabe de 1948 est appelée Guerre d'Indépendance par les Israéliens et al Naqba, « la catastrophe », par les Arabes. Cette guerre, première d'une série de conflits israélo-arabes, a établi l'indépendance de l'État d'Israël et a divisé les terres restantes du mandat britannique entre l'Égypte et la Transjordanie.

Sommaire

Contexte historique

Suite à la défaite de l'Empire Ottoman lors de la Première Guerre mondiale, la Société des Nations octroie aux britanniques un mandat sur la Palestine en 1922.

La Palestine est préssentie par le mouvement sioniste pour devenir un futur état juif. Elle connait alors une importante immigration de Juifs fuyant les persécutions en Europe. De nombreux conflits éclatent entre Juifs, Anglais et Arabes, dont la Grande Insurrection de 1936 à 1939, au cours de laquelle les Arabes entament une grève générale, et lancent des émeutes contre les Anglais et les Juifs. Cette insurrection est réprimée par les Anglais avec l'aide de troupes juives.

Le 29 novembre 1947, l'Assemblée Générale de l'ONU approuve le plan de partage de la Palestine en deux États : l'un juif, et l'autre arabe. La ville de Jérusalem doit quant à elle rester sous contrôle international. La majorité de la population juive accueille favorablement ce plan, mais les autorités arabes le rejetent.

Déroulement du conflit

Première phase : 29 novembre 1947 - 1er avril 1948

Au lendemain de l'adoption du Plan de Partage par l'ONU, un conflit armé prend place en Palestine. L'armée britannique intervient fréquemment dans un premier temps. Le nombre d'interventions diminue par la suite devant les attaques des groupes terroristes Irgun et Lehi et avec l'atténuation de l'implication britannique en Palestine.

Les Arabes consacrent leurs efforts à couper les routes menant aux ville juives et aux quartiers juifs des zones mixtes. Parallèlement, ils mènent une attaque contre les communautés juives du nord de la Palestine, sans succès. À la fin mars, la principale voie de communication entre Tel-Aviv et Jérusalem (où vit un sixième de la population juive palestinienne) est interrompue.

Trois semaines plus tard, les dirigeants arabes entament des recrutements parmi le peuple palestinien afin d'organiser des guérillas contre les forces juives. Le groupe principal, l'Armée de Libération Arabe, est créée par la Ligue Arabe et menée par le nationaliste Fawzi Al-Qawuqji.

La Haganah, l'organisation armée juive, se fournit en armes auprès de la Tchécoslovaquie et met au point le plan Dalet (lettre D en hébreu) visant à assurer la continuité territoriale du futur État.

Seconde phase : 1er avril 1948 - 15 mai 1948

Les forces juives contre-attaquent afin de libérer les routes vers les villes comme Jérusalem, assiégée par les Arabes. De nombreux convois de ravitaillement sont attaqués. Aidée par des civils, la Haganah mène l'Opération Nachshon et libère ainsi temporairement la route de Jérusalem le 10 avril.

Certains villages voisins de Jérusalem sont attaqués et détruits. Le 9 avril, le massacre du village de Deir Yassin suscite l'indignation des populations arabes et leur fournit une raison supplémentaire de faire intervenir les armées d'État.

Pour mettre fin au siège de Jérusalem, les forces juives (menées par David (Mickey) Marcus, colonel de l'armée américaine) construisent la Route de Birmanie à travers les montagnes entre Tel-Aviv et Jérusalem. Le nom de cette voie fait référence à la route construite par les forces alliées entre la Birmanie et la Chine lors de la Seconde Guerre mondiale. Elle permet aux forces juives de lever le siège arabe le 9 juin, quelques jours avant la négociation d'un cessez-le-feu par l'ONU.

Entretemps, une activité diplomatique effrénée prend place entre les intervenants. Le 10 mai, Golda Meir participe en tant que représentante du Yishuv à la dernière d'une longue série d'assemblées entre les Sionistes et le roi Abdullah de Transjordanie. Lors de cette assemblée, considérant l'accord tacite entre Sionistes et Transjordaniens contre la création d'un état palestinien, les zones arabes revenant aux Transjordaniens, Abdullah n'accorde aux Sionistes qu'une autonomie dans le cadre d'un royaume Hashemite élargi. Cette proposition est rejetée par les Sionistes. Néanmoins, l'armée transjordanienne s'abstient d'attaquer les zones juives de Palestine par la suite.

Le 13 mai, la Ligue Arabe se réunit et s'accorde pour envoyer les troupes d'État en Palestine dès l'expiration du mandat britannique. Abdullah de Transjordanie est nommé commandant en chef des forces arabes, cependant les différentes armées arabes resteront sans coordination véritable tout au long de la guerre.

Troisième phase : 15 mai 1948 - 11 juin 1948

Le mandat britannique arrive à expiration le 14 mai. David Ben Gourion, président du Conseil national juif, proclame l'indépendance de l'État d'Israël. Ce nouvel état est reconnu par l'Union soviétique et les États-Unis ainsi que par de nombreux autres pays.

Dans les jours qui s'ensuivent, des armées composées d'environ 1 000 Libanais, 6 000 Syriens, 4 500 Iraquiens, 5 000 Égyptiens et entre 6 000 et 9 000 Transjordaniens se joignent aux forces arabes civiles et font face à une armée sioniste de 30 000 à 35 000 hommes. Au cours des mois suivants, chaque partie voit s'accroître ses forces mais les armées arabes restent devancées par les Sionistes.

L'affrontement le plus décisif a lieu à Jérusalem et sur la route Jérusalem / Tel-Aviv. Abdullah donne l'ordre à Glubb Pasha, chef de la légion arabe transjordanienne, de prendre Jérusalem d'assaut le 17 mai. Entre le 19 mai et le 28 mai, la légion arabe mène des opérations de force dans les foyers de Jérusalem et expulse les Israéliens des quartiers arabes. Les troupes iraquiennes, après un échec contre les bases juives, prennent des positions défensives dans les environs de Jenin, Nablus et Tulkarm.

Au cours des mois suivants, l'armée syrienne, les forces civiles palestiniennes et l'Armée de Libération Arabe sont repoussées. Au sud, l'armée égyptienne réussit à percer les défenses civiles de plusieurs kibboutzim israéliens et à en tuer les habitants. Son attaque est stoppée près d'Ashdod.

Les milices israéliennes réussissent non seulement à maintenir leur zone de contrôle des territoires juifs, mais aussi à l'étendre.

Première trêve : 11 juin 1948 - 8 juillet 1948

Le 29 mai, les Nations Unies déclarent une trêve qui prendra effet le 11 juin et durera 28 jours. Le cessez-le-feu est supervisé par le médiateur de l'ONU Folke Bernadotte. Un embargo sur l'armement est déclaré afin qu'aucune des parties ne profite de la trêve. Mais les Israéliens parviennent à se procurer illégalement des armes auprès de la Tchécoslovaquie alors que les forces arabes ne s'équipent pas de manière flagrante. À la fin de la trêve, Folke Bernadotte présente un nouveau plan de partage accordant la Galilée aux juifs et le Negev aux Arabes. Le plan est rejeté par les deux parties et le 8 juillet, les forces égyptiennes reprennent le combat et relancent la guerre.

Quatrième phase : 8 juillet 1948 - 18 juillet 1948

Les dix jours entre les deux trêves sont dominés par une vague d'attaques des Israéliens et une attitude défensive des Arabes. Les trois offensives israéliennes qui ont lieu ont été préparées durant la première trêve. L'Opération Dani, la plus importante, vise à sécuriser et élargir le couloir israélien entre Jérusalem et Tel-Aviv en capturant les villes étapes Ramle et Lydda (renommée plus tard Lod). Lors d'une seconde phase de l'opération, les villes annexes Latrun et Ramallah sont aussi capturées.

La seconde offensive, l'Opération Dekel, a pour objectif la capture de la Galilée, incluant la ville arabe Nazareth. Enfin l'Opération Kedem, qui se voit attribuer le moins de ressources, vise à sécuriser les vieux quartiers de Jérusalem. (plan des attaques )

Opération Dani

Lydda est protégée principalement par l'armée transjordanienne, mais dispose aussi de milices palestiniennes et de l'Armée de Libération Arabe. La ville est attaquée au nord via Majdal al-Sadiq et al-Muzayri'a et à l'est par Khulda, al-Qubab, Jimzu et Danyal. Pour la première fois dans le conflit, des bombardiers sont utilisés dans l'attaque de la ville. Le 11 juillet 1948, la ville est aux mains des Israéliens.

Ramle est capturée le jour suivant, le 12 juillet 1948.

Les 15 et 16 juillet, une première attaque contre Latrun échoue. Le 18 juillet, la Brigade Yiftach mène une seconde attaque désespérée avec des véhicules armés (dont deux chars Cromwell) mais aboutit à nouveau sur un échec. Malgré la seconde trêve prenant place le 18 juillet, les forces israéliennes continuent leurs attaques contre Latrun jusqu'au 20 juillet.

Une fois Ramle et Lydda capturée, les habitants surprennent les dirigeants israéliens en ne fuyant pas la ville. Ne pouvant se permettre de laisser là une si importante population ennemie, les forces armées israéliennes expulsent 60 000 habitants de leurs foyers à partir du 14 juillet.

Opération Dekel

Pendant que l'opération Dani prend place dans le centre du pays, l'opération Dekel est menée au nord. Nazareth est capturée le 16 juillet. Le 18 juillet à 19h, alors que la seconde trêve est déclarée, Israël capture le sud de la Galilée, de la baie d'Haifa au lac Kinneret.

Opération Kedem

Prévue dans un premier temps pour être menée par Irgun et Lehi le 8 juillet, juste après la première trêve, l'opération Kedem est reportée par David Shaltiel. En effet celui-ci met en doute leurs chances de succès suite à l'échec de la capture de Deir Yassin sans l'aide de la Haganah.

Le plan est prévu comme suit : les forces d'Irgun, commandée par Yehuda Lapidot (Nimrod), doivent entrer par la porte Bab al Jedid, Lehi par le mur partant de Bab al Jedid et par la porte Jaffa, enfin le bataillon Beit Hiron par le Mont Sion.

La bataille est prévue pour débuter au Shabbat, le vendredi 16 juillet à 20h, un jour avant le second cessez-le-feu. Cependant l'organisation tourne mal et l'opération est reportée à 23h puis à minuit, pour en fin de compte commencer à 2h30 du matin. Irgun réussit à se frayer un chemin par la porte Bab al Jedid mais les autres escouades échouent dans leurs objectifs. À 5h45, David Shaltiel est contraint d'ordonner la cessation des hostilités et de replier ses troupes.

Seconde trêve : 18 juillet 1948 - 15 octobre 1948

Le 18 juillet à 19h, la seconde trêve du conflit prend effet après d'intenses efforts diplomatiques de l'ONU.

Le 16 septembre, Folke Bernadotte propose un nouveau plan de partage de la Palestine dans lequel la Transjordanie annexerait les zones arabes comprenant le Negev, al-Ramla et Lydda. Ce plan prévoit également un état juif occupant l'entière Galilée, le passage de Jérusalem sous contrôle international et le rapatriement (ou dédommagement) des réfugiés. À nouveau le plan est refusé par les deux parties. Le lendemain, 17 septembre, Bernadotte est assassiné par Lehi et est remplacé par le député américain Ralph Bunche.

Durant cette seconde trêve, les Israéliens nettoient les villages capturés encore peuplés et de nombreuses habitations sont dynamitées pour raisons militaires.

Cinquième phase : 15 octobre 1948 - 20 juillet 1949

En décembre 1948, l'Assemblée Générale de l'ONU fait passer la Résolution 194 qui déclare « qu'il y a lieu de permettre aux réfugiés qui le désirent, de rentrer dans leurs foyers le plus tôt possible et de vivre en paix avec leurs voisins, et que des indemnités doivent être payées à titre de compensation pour les biens de ceux qui décident de ne pas rentrer dans leurs foyers et pour tout bien perdu ou endommagé lorsque, en vertu des principes du droit international ou en équité, cette perte ou ce dommage doit être réparé par les Gouvernements ou autorités responsables. »

Cette résolution est par la suite sommairement ignorée par Israël.

Conséquences

Accords d'armistice 1949

En 1949, Israël signe des accords de cessez-le-feu avec l'Égypte (le 24 février), le Liban (le 23 mars), la Transjordanie (le 3 avril) et la Syrie (le 20 juillet). L'état israélien occupe alors 70% de la Palestine mandataire, soit 50% de plus que ce que l'ONU lui avait alloué. Les frontières de cet état, tracées par les Israéliens, sont par la suite connues sour le nom de « Ligne Verte ». La Bande de Gaza et la Cisjordanie sont occupées respectivement par l'Égypte et la Transjordanie.

Démographie

Ce conflit engendra environ 750 000 réfugiés Palestiniens (plan ), qui constituent finalement une véritable diaspora et plus de 600 000 réfugiés juifs (plan ). Alors que les réfugiés juifs originaires des terres arabes migrèrent en Israël, les réfugiés arabes furent contraints de rester dans des camps qu'ils occupent encore à l'heure actuelle.

L'humiliation des armées arabes devant les forces juives ainsi que la montée du nationalisme contribuèrent à établir une haine des Juifs au sein des nations arabes. Le statut des Juifs dans les états arabes évolua et devint très hétérogène. Leurs libertés individuelles furent réduites et devinrent souvent bien inférieures à celles des citoyens musulmans. Par exemple, au Yémen, on leur interdit le port d'arme, y compris les couteaux traditionnels portés par une grande partie des Yéménites. Après avoir vécu pendant plus de deux mille ans parmi les arabes, les communautés juives eurent soudain le sentiment de n'avoir pas d'autre choix que de quitter leurs foyers pour rejoindre Israël. Ce sentiment était principalement lié aux événements encore récents de la Shoah, achevée avec la chute de l'Allemagne nazie trois ans avant la déclaration de l'État d'Israël.

Les Arabes Palestiniens établirent une marche de protestation (commémoration de la Nakba) le 15 mai de chaque année, un jour après l'anniversaire de la déclaration d'indépendance d'Israël. Le nombre de participants à ces manifestations varia au cours des années, bien que la montée du sentiment anti-israélien au sein du Moyen Orient fit récemment grimper le taux de participation. Lors de la seconde Intifada, après l'échec du Camp David 2000, l'intensité de ces protestations contre Israël monta de manière exponentielle.

Annexes

Articles connexes

Bibliographie

Liens externes



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