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En musique, l'harmonie est la science des accords de plusieurs sons différents et simultanés. Elle apporte à la musique relief et profondeur.
L'harmonisation est la
discipline qui consiste à harmoniser une mélodie, c'est-à-dire ajouter à la mélodie initiale des intervalles (tierce, quinte, septième, etc.), tout en respectant la tonalité du morceau, (voir mode, tonalité).
Pour comprendre la notion d'accord qui est l'élément premier de l'harmonie, il faut se reporter au phénomène sonore lui-même : chaque son émis par un objet sonore mis en vibration (corde, peau, métal, etc.) produit une note fondamentale que l'oreille perçoit et dont on peut aussitôt identifier la hauteur. Mais, dans le même temps sont émis des sons appelés harmoniques, que l'on peut entendre par exemple en écoutant un son sur un piano au cours de son évolution : les sons harmoniques deviennent progressivement perceptibles à l'oreille lorsque la fondamentale s'atténue. L'ordre d'apparition de ces harmoniques est pratiquement celui qui a fondé la hiérarchie des principaux accords dans la musique occidentale :
Sur cette question voir l'article sons, paragraphe 5-3 Harmoniques et accords.
L'explication des origines de l'harmonie par les harmoniques du son fondamental a ses limites : ainsi, dans la théorie de Rameau, l'accord parfait mineur — do mi bémol sol — est une sorte d'anomalie, puisque le mi bémol n'est pas une des harmoniques de do. On peut remarquer cependant que ces trois notes ont beaucoup d'harmoniques communs : ainsi la quatrième harmonique de mi bémol est le sol, qui est aussi une des harmoniques de do (et de sol, bien sûr).
La notion d'harmonie est également liée à une éducation de l'oreille, et soumise à une évolution historique : ainsi les auditeurs du XXIe siècle auront du mal à entendre un accord de neuvième comme dissonnant, alors même que ce type d'accord était proscrit à l'ère baroque. Ce n'est d'ailleurs qu'à partir du Moyen Âge que les intervalles de tierce (base de l'harmonie classique) ont été considérés comme consonants. Auparavant, seules l'octave, la quinte et la quarte l'étaient.
Enfin, l'harmonie n'est pas seulement une théorie statique qui vise à classifier les accords selon certaines règles, qu'elles soient naturelles — c'est-à-dire fondées sur des harmoniques communs — ou artificielles — fondées sur l'éducation de l'oreille et le goût d'une époque. C'est aussi l'étude des enchaînements d'accords, de la dynamique, qui, en utilisant notes de passage, retards, dissonances passagères, permet de structurer une pièce de musique tonale. Écrire l'histoire de l'harmonie, de Monteverdi à Schönberg, c'est quasiment écrire l'histoire de la musique tonale...


