Harmonie tonale élémentaire
Dans la musique
occidentale, l'harmonie tonale est le procédé d'écriture des simultanéités sonores, spécifique au Système tonal.
- Cette technique de composition musicale est née dans le courant du XVIe siècle, en même temps que la musique tonale qui lui
est indissociable. C'est à cette époque en effet, que l'harmonie a progressivement remplacé le contrepoint, procédé plus ancien dont elle est dérivée. Alors que le contrepoint qui se rattache à la musique modale, ignore la notion d'accord et donne la primauté aux
lignes mélodiques, l'harmonie au contraire, tente d'unir les principes d'horizontalité (la mélodie) et de
verticalité (les accords).
Caractéristiques de l'harmonie tonale
- L'harmonie tonale considère l'accord comme une structure
organisée à part entière, une unité synthétique, avec ses propres règles de disposition et d'enchaînement. En conséquence, on
peut dire que le terme d'harmonie (de préférence, sans majuscule) signifie également « l'ensemble des règles
permettant la disposition et l'enchaînement des accords ».
- Ces règles n'ont rien d'arbitraire : elles résultent des constatations faites par des générations de musiciens qui se
sont appuyés (certains, sans le savoir) sur les lois de l'acoustique, et
principalement de la décomposition harmonique des sons. Concernant ces règles, il faut toujours garder en tête que, ce qui est simplement
acceptable, doit être banni « lorsqu'il est possible de trouver mieux », et ce qui est interdit, doit être
considéré comme possible, « quand on ne peut pas faire autrement ».
Notion de mouvement
- La première difficulté de l'harmonie, est qu'un accord est le résultat de la combinaison de mouvements mélodiques (principe d'horizontalité) et de
mouvements harmoniques (principe de verticalité).
Un travail sérieux sur cette discipline ne peut faire l'économie d'une étude préalable de tels mouvements, qui constituent en
quelque sorte la « matière première » de l'harmonie.
Notion d'accord
Avant d'étudier les trois grandes classes (ou familles) d'accord, il convient d'établir une distinction entre, d'une part, la
disposition verticale des accords (en d'autres termes, les accords au repos), d'autre part, l'enchaînement des accords (c'est-à-dire, les accords en mouvement).
Une fois établis les principes généraux de disposition et d'enchaînement, il convient d'aborder l'étude des trois
grandes classes d'accords :
- la classe des accords de quatre notes (ou
accords de quatre sons), dont les notes réelles sont celles d'un accord de trois notes, plus une
septième ;
- la classe des accords de cinq notes (ou accords de
cinq sons), dont les notes réelles sont celles d'un accord de quatre notes, plus une neuvième.
- L'harmonie scolastique ignore les familles d'accords de plus de cinq notes. Les accords dits de onzième ou de
treizième tonique, dont les appellations semblent suggérer des accords de six et sept notes sont respectivement des
accords de quatre et cinq notes placés sur la tonique.
La présente section est donc consacrée aux accords classés sans notes étrangères, c'est-à-dire, à ce qu'on désigne
traditionnellement sous le terme d'harmonie naturelle.
Notion de note étrangère
On entend par note étrangère, une note qui s'ajoute ou se
substitue à une note réelle d'un accord
(fondamentale, tierce, quinte, septième ou neuvième). Précisons que de telles notes sont étrangères à cet accord, mais
pas nécessairement étrangères à la tonalité. Toute note étrangère modifie la couleur de l'accord primitif en amenant une tension
(une dissonance le plus souvent) : elle
doit donc être considérée comme une note attractive. Normalement, la note qui la précède fait fonction de préparation (ou
note préparatoire), et la note qui lui succède amène la résolution (ou note
résolutive).
En fonction de leurs caractéristiques, on peut regrouper les différentes notes étrangères en trois catégories.
- Lorsque la note étrangère se substitue définitivement aux notes constitutives, on a affaire à un accord avec note altérée.
- Lorsqu'un ensemble de sons simultanés ne peut être analysé comme un accord classé (avec ou sans notes étrangères), il
convient de désigner celui-ci sous le vocable d'agrégat. L'étude des agrégats sort bien évidemment du cadre de
l'harmonie tonale.
L'étude des accords classés modifiés par diverses notes étrangères est traditionnellement appelée harmonie dissonante
artificielle.
Recommandations élémentaires
L'harmonie enseignée dans les écoles de musique et les conservatoires, appelée harmonie scolastique, a pour
but de former la plume, et surtout l'oreille, de l'élève musicien. Elle est composée de directives, de
consignes, de règles, devant être scrupuleusement respectées par l'élève, dans le but de rechercher, non pas la soumission
absolue à un certain nombre de contraintes abstraites, mais plutôt, un ordonnancement fondamental devant faciliter l'accès à la
musique tonale occidentale dans ses trois dimensions, rythmique, mélodique et harmonique.
- L'harmonie scolastique suppose acquise la connaissance du solfège (en
particulier la théorie générale de l'intervalle), ainsi que celle de l'analyse musicale élémentaire (gammes, degrés, modes, tonalités, armures,
transposition, etc.).
Les recommandations suivantes concernent surtout les voix pour lesquelles sont écrits
les devoirs d'harmonie. Ces derniers sont généralement prévus pour les quatre parties d'un quatuor vocal mixte, mais on peut trouver parfois un nombre de parties
supérieur ou inférieur à quatre.
Désignation, étendue et notation des différentes voix
Les parties extrêmes sont d'une part, la partie la plus grave, la basse, d'autre part, la partie
supérieure, (le soprano dans un quatuor vocal mixte). Les parties intermédiaires
sont : toutes les autres parties (précisément, le ténor et l'alto dans un quatuor vocal mixte).
- Leur étendue est la suivante.
- - Soprano : du do N°3 au la N°4
- - Alto : du sol N°2 au ré N°4
- - Ténor : du do N°2 au la N°3
- - Basse : du fa N°1 au ré N°3
- Traditionnellement, les clés utilisées sont les suivantes : clé d'ut
1re, pour le soprano, clé d'ut 3e, pour l'alto, clé d'ut 4e, pour le ténor, et clé de fa 4e, pour
la basse. Cependant, les partitions pour voix sont depuis longtemps notées ainsi : clé de sol 2e, pour les voix de
femmes (soprano et alto), clé de sol 2e transposée, pour le ténor, et clé de fa 4e, pour la basse :

- Nos exemples seront cependant notés en clé de sol 2e et clé de fa 4e.
Autres recommandations
- Il convient de rester le plus possible dans le médium des voix, et n'utiliser les notes extrêmes (très aiguës ou
très graves) que dans les cas difficiles.
- Lorsqu'une voix passe au-dessus de la voix immédiatement supérieure, on dit qu'il y a croisement (par exemple, si le ténor passe
au-dessus de l'alto) : il est préférable, du moins au début, de ne pas utiliser de croisement.
- Les parties que l'on perçoit le plus sont : d'abord la voix supérieure, ensuite, la basse, enfin
seulement, les parties intermédiaires. Il résulte de ce phénomène que les parties extrêmes doivent être surveillées avec
le plus de vigilance. Les parties intermédiaires, au contraire, bénéficient souvent de nombreuses licences.
Articles connexes
Harmonie
Solfège
Musique

