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| Cannabis | ||||||||||||||||
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| Classification classique | ||||||||||||||||
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| Références | ||||||||||||||||
| ITIS 19108 | ||||||||||||||||
| classification phylogénétique | ||||||||||||||||
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| Nom binomial | ||||||||||||||||
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Une seule espèce |
Le cannabis est le nom latin du chanvre, utilisé par abus de langage pour désigner le chanvre indien
(Cannabis sativa ssp indica). Il est aussi connu (en tant que stupéfiant) sous le nom de marijuana ou
de haschisch ; c'est l'une des différentes plantes dont le principe actif principal est le delta-9 tetrahydrocannabinol, ou THC. Le cannabis fait partie de la famille
des Cannabinacées, et de l'ordre des Urticales. Il pousse sous la majorité des climats. La fibre résistante du cannabis porte le nom de chanvre et trouve de nombreuses applications, y compris la fabrication de vêtements, de
corde et de papier.
Le mot latin cannabis vient du grec κάνναϐις kánnabis, « chanvre » ; le mot grec pourrait être un emprunt au scythe ou au thrace, voire au sumérien kunibu.
La plante à aussi donné son nom à la célèbre avenue de la Canebière à Marseille. En effet, cannebière (avec 2 n) désigne une plantation de chanvre. Selon certains, il y avait culture de chanvre à cet endroit, selon d'autres, il ne s'agissait que de fabriques de cordes et de voiles liées aux activités du port. Au nord de la Loire, la plantation de chanvre est appelée chennevière, un terme que l'on retrouve dans des noms de lieux (Chennevières-sur-Marne) ou de personnes. Le terme employé aujourd'hui est chanvrière.
| Sommaire |
Bien que la principale substance psychoactive contenue dans le cannabis soit le THC, cette plante contient environ 60 cannabinoïdes au total. La complexité de ce mélange a conduit à spéculer sur la cause de la différence entre les effets de la plante et le dronabinol de synthèse.
L'herbe « normale » de cannabis contient habituellement entre 0,5 et 5 % de THC, bien que la sélection des variétés et des techniques de culture (telles que la culture hydroponique) aient produit des variétés contenant jusqu'à 25 % de THC. La teneur en THC est aussi affectée par le sexe de la plante : la plante femelle produit une résine contenant plus de THC que son homologue mâle. La Sinsemilla (de l'espagnol signifiant « sans graine ») est une plante femelle non fécondée par du pollen et a un taux de THC encore plus élevé.
Le cannabis est une substance psychoactive, c'est-à-dire qu'elle affecte l'esprit et/ou la volonté. Ses effets principaux comprennent un sentiment de douceur et de bien-être, une tendance à rire et, à court terme, un fréquent sentiment de fringale. Des doses plus fortes peuvent induire une augmentation de la perception auditive et visuelle, qui peuvent tendre éventuellement à de légères hallucinations (essentiellement auditives).
Les autres effets comprennent la paranoïa, une perte de la mémoire à court terme et des nausées, particulièrement si le cannabis est utilisé en combinaison avec l'alcool. Aucune surdose due au cannabis n'a été enregistrée en deux millénaires d'histoire médicale. La dose létale estimée du cannabis est de 20 000 à 40 000 fois le niveau d'une dose normale. En comparaison, les médicaments les plus prescrits ont une dose létale autour de 10 fois la dose normale.
Bien que la drogue puisse provoquer une légère dépendance, elle n'est généralement pas perçue comme addictive. Pourtant certaines personnes peuvent contracter une dépendance psychologique. Il existe une certaine corrélation entre l'usage prolongé du cannabis et la dépression ainsi que l'aggravation des troubles mentaux, notamment la schizophrénie, déjà présents à l'état latent ou non. Les effets à long terme du cannabis ont encore besoin d'être étudiés. Parmi les dangers qu'il implique, le plus important est sans doute sa forte concentration en goudrons (surtout lorsqu'il est utilisé mélangé à du tabac), qui entraîne un risque accru de cancer du poumon.
On étudie encore actuellement l'utilisation du cannabis dans certains traitements médicaux. Certains indices montrent qu'il peut avoir un effet positif sur les nausées consécutives à la chimiothérapie ou aux traitements du SIDA, et son effet de stimulation de l'appétit permet de combattre l'amaigrissement dû à ces types de traitement. Il peut également aider au traitement des glaucomes (pour lequel il est actuellement le meilleur traitement), en réduisant la pression des fluides dans les yeux de 25 a 30 pourcent, des recherches sont en cours aux pays-bas pour sélectionner des variétés specifiques pour diverses maladies.. Plusieurs études ont également montré qu'il permet de réduire les douleurs et les tremblements dans le traitement de la sclérose en plaques.
La marijuana est également testée en Grande-Bretagne comme anti-douleur naturel, pour soulager les patients souffrant de maladies incurables de la colonne vertébrale ou d'autres infections sévères. Lors de ces études, on fournissait au patient un vaporisateur d'extrait de cannabis, et le patient s'administrait lui-même l'anti-douleur selon ses besoins. L'un des buts de ces tests était de déterminer le dosage optimal du cannabis, de façon à obtenir les effets médicaux désirés, sans toutefois que le patient plane comme c'est le cas lors de l'usage habituel de cette drogue. Ce traitement eut un réel succès auprès de certains patients, alors qu'il n'eut aucune efficacité chez d'autres...
Les premières utilisations du cannabis semblent remonter au moins 5000 ans en arrière. Le plus ancien document connu y faisant référence est un texte médical chinois datant de 2737 av. J.-C. Il était utilisé en Asie et au Moyen-Orient comme médicament contre diverses infections.
Le cannabis était bien connu des Scythes. Depuis l'Antiquité, les peuples germaniques cultivaient le chanvre pour ses fibres – utilisées pour la fabrication de vêtements et de cordes pour les bateaux. Des gravures sur cuivre du XIXe siècle montrent que les berges du Rhin étaient, à l'époque, couvertes de grands champs de chanvre. Le plant de chanvre devait être détrempé afin de pouvoir récolter la fibre. Le liquide qui en résultait était utilisé comme boisson. Encore actuellement, en Allemagne, certains bars servent de la bière et du vin de chanvre.
On retrouve aussi à partir du XIe siècle et pendant tout le Moyen Âge, en Perse et en Syrie, l'existence des Hashâchine (ou « H'ashashine », nommés ainsi par les Croisés). Ces membres d'une secte shii'te ismaélite d'assassins, créée en 1094 et dirigée par Hassan al Sabah' (aussi appelé le « Vieux de la Montagne ») à Alamout au Sud-ouest de la mer Caspienne, consommaient du h'ashish fumé avant de réaliser leurs actes.
Au XIXe siècle, le cannabis était utilisé en occident pour ses vertus médicinales (voir plante médicinale), mais aussi comme teinture. Il fut utilisé pour soigner les douleurs menstruelles de la reine Victoria, et était même vendu dans le commerce aux États-Unis. Mais à la fin du XIXe siècle, son succès commença à décliner, suite à l'apparition et au fort succès d'autres médicaments tels que l'aspirine.
Le cannabis fut déclaré illégal aux États-Unis dans les années 1930.
Il joue un rôle religieux majeur pour certaines sectes de sâdhu et dans la religion rastafari.
Bien qu'il ait probablement été utilisé commme drogue occasionnelle durant son histoire, c'est parmi la scène jazz des années 1950 qu'on le vit devenir populaire, avec une forte augmentation de son utilisation pendant les années 1960.
C'est actuellement la drogue illégale la plus utilisée dans le monde.
L'usage occasionnel du cannabis a donné naissance à une sous-culture; preuve en est les noms divers donnés à cette drogue. Ainsi, en anglais, on la nommera pot, dope, weed, reefer, bhang, green, herb, ganja, sinsemilla, grass, mary jane, chronic, bud ; en français on la nommera herbe, beuh, marie jeanne, ganja; et bien d'autres noms encore...
Le cannabis peut se présenter sous plusieurs formes :
Généralement, le cannabis est fumé, sous la forme de joint (spliff en anglais) : les têtes (fleurs) séchées (éventuellement mêlées à du tabac) sont roulées dans une feuille de papier et fumées comme une cigarette.
D'autres techniques incluent l'utilisation de pipes (ou bangs, pipes à eau) pour fumer le cannabis tout en refroidissant la fumée et, dans le cas des bangs, en éliminant certaines des impuretés (le goudron entre autres).
Le cannabis peut aussi être cuisiné, pour préparer des plats tels que le Space Cake, la Pot Pie ou les Hash Brownies. Néanmoins, lorsqu'il est ingéré, les effets du cannabis ne se déclarent pas avant 30 minutes, ce qui peut perturber les usagers dans la régulation de leur consommation.
La vaporisation est une autre méthode d'ingestion. On peut extraire les résines de cannabis (le THC et les autres cannabinoïdes) sous forme de vapeur en chauffant légèrement la plante sans la brûler. Cette méthode a l'avantage de ne pas extraire les substances toxiques contenues dans la fumée du cannabis et du tabac lors d'une combustion normale. En chauffant le cannabis à environ 190°C, les résines s'évaporent, mais la plante ne brûle pas encore. La vapeur produite peut alors être inhalée, avec un effet aussi immédiat que si la drogue est fumée. La vaporisation est la technique préférée des personnes cherchant à éviter les dangers liés au tabagisme.
Le cannabis peut également être pris en solution dans du lait, ce que l'on nomme un bhang.
Au début du XXe siècle, la marijuana fut mise hors-la-loi dans la majorité des pays du monde. Néanmoins, les raisons de cette criminalisation semblent avoir été différentes de part et d'autre de l'Atlantique (bien que l'influence des prohibitionistes américains semble determinante).
En Grande-Bretagne, le cannabis fut déclaré illégal en 1928, après que l'Angleterre eut ratifié la Convention Internationale de l'Opium, adoptée à Genève en 1925.
Aux États-Unis, la principale loi est le Marijuana Tax Act de 1937, qui ne fut en fait que la fédéralisation de plusieurs autres lois votées dans différents États américains les années précédentes. Il se peut que cette loi ait été une réponse au lobby des fabricants de fibre synthétique, qui faisait concurrence au chanvre.
La culture, la possession pour usage privé et la distribution sont généralement règlementées. Les lois varient néanmoins d'un pays à l'autre. Parmi les cas les plus typiques, citons les Pays-Bas où l'usage et la revente de cannabis sont tolérés; il peut être acheté dans des magasins ayant une licence spéciale pour ce commerce (ces magasins sont nommés les coffee shops), et l'Allemagne où son usage a été dépénalisé.
En Belgique, la loi a été modifiée le 2 juin 2003. Cette nouvelle loi, votée le 16 mai 2003 à la majorité, modifie les textes alors en vigueur. Elle précisait certains points, tant pour le consommateur que pour l'instance judiciaire.
Plus d'arrestation ni de procès verbal pour les consommateurs possédant moins de 5 gr de hashisch (résine) mais un « enregistrement policier anonyme ». Une tolérance pour la culture limitée à un plant femelle par consommateur. Mais le tout est assorti d'une interdiction formelle de le faire hors de son arrondissement judiciaire. D'autres notions d'interdiction sont « l'usage problématique », à connotation plus sociale, ou la consommation en présence de mineur.
Le ministre de la Justice en fonction, Marc Verwilghen (parti VLD), n'étant pas d'accord avec cette loi, fait, le jour-même une nouvelle directive ministérielle, restreignant encore la nouvelle loi et créant un flou juridique car non-avalisée par les Procureurs Généraux.
Dans de nombreux pays, la police exerce un pouvoir discrétionnaire, mettant en garde les usagers, ou confisquant le cannabis, même en petites quantités à usage privé ou médical.
Récemment, par exemple, la police de Brixton (Angleterre) déclara qu'elle n'arrêterait plus les personnes en possession de cannabis, mais qu'elle se limiterait à donner un avertissement au contrevenant, tout en confisquant néanmoins la drogue. Suite à cela, le secrétariat d'État recommanda en 2001 que le cannabis ne soit plus classé parmi les drogues de classe B, mais plutôt de classe C.
L'État d'Australie du Sud et le territoire de la capitale australienne ont dépénalisé la possession de faibles quantités de cannabis, ainsi que la culture restreinte pour usage personnel; dans le reste du continent australien, il semble que les autorités n'accordent que peu d'attention aux détenteurs de cannabis, ainsi qu'à ceux qui le cultivent pour leur propre usage.
Depuis les années 2000, le Canada et plusieurs autres pays ont commencé à distinguer l'usage médical du cannabis, de la possession simple de cannabis.
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| Federal Bureau of Narcotics : Affiche diffusée fin des années 30, et pendant les années 40 |
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