| Liste Articles: [0-A] [A-C] [C-F] [F-J] [J-M] [M-P] [P-S] [S-Z] | Liste Catégories | Une page au hasard | Pages liées | ||||||
Le commandant Hélie Denoix de Saint Marc ou Hélie de Saint Marc est né en 1922 à Bordeaux.
| Sommaire |
Pendant la Deuxième Guerre mondiale, il entre dans la Résistance à dix-neuf ans. Arrêté en 1943, à vingt ans, il est déporté au champ de Buchenwald. Il découvre un monde rude qui lui apprend à « juger les hommes par ce qu'ils ont au plus profond d'eux-mêmes » et que « vivre n'est pas exister à n'importe quel prix ». Il y est protégé par un mineur letton qui volait de la nourriture pour lui et faisait l'essentiel du travail qu'ils avaient tous les deux à faire.
Il part en Indochine en 1948 avec la légion étrangère. Il tombe immédiatement amoureux du pays et du peuple vietnamien. Il vit comme les partisans Vietnamiens, apprend leur langue et parle de longues heures avec les prisonniers Viêt-minh pour comprendre leur motivation et leur manière de se battre.
À partir du moment où il voit le poste chinois qui lui fait face, à la frontière, pris par les communistes chinois, il comprend que la France ne pourra pas gagner la guerre d'Indochine. C'est ensuite la chute de Diên Biên Phu en 1954.
Après la chute de Diên Biên Phu, le commandement l'oblige à abandonner le poste de Talung qu'il administrait depuis dix-huit
mois. Les militaires Français sont évacués, comme presque tous les partisans mais pas les villageois. « Il y a un ordre, on
ne fait pas d'omelette sans casser les œufs » lui répond-on quand il interroge sur le
sort des villageois.
C'est sa première tentation de la désobéissance.
Son groupe est obligé de donner des coups de crosse sur les doigts des villageois et partisans voulant monter dans les camions.
« Nous les avons abandonnés ». Les survivants arrivant à les rejoindre leur racontent le massacre de ceux qui avaient
aidé les Français. Il appellera ce souvenir des coups de crosse sur les doigts de leurs alliés sa « blessure
jaune ».
Lorsqu'il est envoyé en Algérie, il se rend vite compte que l'Histoire risque de se répéter pour les populations civiles et que les soldats sont envoyés dans une embuscade, avec son lot d'horreurs, notamment la torture, à laquelle il s'oppose jusqu'à passer devant un tribunal militaire.
La roue tourne, la France s'enlise et abandonne les Harkis. Hélie de Saint Marc est sûr qu'ils seront massacrés.
Le général Challe lui demande s'il souhaite se joindre à lui pour se mutiner contre la décision de la France de quitter l'Algérie. Lui reviennent les images « des camions qui allaient partir, des mains qui s'agrippaient aux ridelles de ces camions et des crosses qui s'abattaient sur ces mains pour les faire lâcher prise ».
Il passe alors en avril 1961 de l'état d'un officier discipliné à l'état d'officier rebelle passible du peloton d'exécution en le suivant avec son premier régiment étranger de parachutistes dans le putsch des généraux qu'il appelle plutôt la révolte des généraux.
Alger est rapidement prise mais ce succès se transforme rapidement en échec. Entre le suicide, la fuite et la comparution devant un tribunal, il choisit la troisième solution pour couvrir les huit cent hommes qui l'avaient suivi. Le tribunal d'exception militaire le condamne à dix ans de réclusion criminelle.
Il restera en prison cinq ans à se battre contre la « destruction morale », plus difficile à supporter pour lui que le camp de concentration de sa jeunesse.
http://www.lecri.net/~desinfo/biographie/Helie_Denoix_de_Saint_Marc.htm
Hélie de Saint-Marc, de Laurent Beccaria, édition Perrin, 1989
http://www.lecri.net/~desinfo/biographie/Helie_Denoix_de_Saint_Marc.htm : une biographie plus précise.


