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Henri Rol-Tanguy dit Colonel Rol-Tanguy (Morlaix, 12 juin 1908 - Paris, 8 septembre 2002) fut un chef de la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale et un militant communiste.
Fils d'un officier marinier et d'une blanchisseuse, il est ouvrier métallurgiste dès l'âge de quatorze ans. En 1929, il fait son service militaire au 8ème régiment de zouaves.
Militant communiste, il devient en octobre 1936 secrétaire du syndicat des travailleurs de la métallurgie CGT de la région parisienne. En 1937, il sert en Espagne dans les rangs des Brigades Internationales.
En 1939, de retour en France, il est mobilisé comme soldat de première classe. Démobilisé en août 1940, il rejoint les rangs de la Résistance avec son épouse Cécile, puis rentre dans la clandestinité. Il participe à la mise sur pied de l'Organisation Spéciale OS, mouvement communiste chargé de l'action directe et du sabotage. Il crée aussi avec Raymond Losserand un petit groupe armé.
Début 1942, Henri Tanguy est nommé chef des Francs-Tireurs et Partisans (FTP) il échappe de peu à son arrestation (mais pas ses compagnons Raymond Losserand et Gaston Carré qui sont fusillés). Il change de zone pour raison de sécurité, devenant chef des FTP de la région Poitou-Anjou, puis revient en région parisienne en mai 1943 (chef FTP) et crée avec sa femme le journal clandestin : le franc-titreur Parisien
En septembre 1943, il est nommé représentant FTP au Comité d'Action contre la Déportation (qui sabote les départs au STO). Fin 1943, il participe à la mise en place de l'état major des Forces Françaises de l'Intérieur ( FFI ) (il est sous-chef de l'état-major)
En Juin 1944, il devient chef de l'état-major FFI de la région parisienne. Promu lieutenant-colonel, il prend le nom de Rol, en hommage à un officier des Brigades Internationales, Théo Rol, tué en 1938. Il se consacre alors entièrement à la préparation de la libération de la capitale en liaison étroite avec le Comité d'Action Militaire du Conseil National de la Résistance (COMAC) et le délégué militaire national Jacques Chaban-Delmas.
Le 10 août 1944, l'avance des Alliés en Normandie donne le signal de l'insurrection : des grèves éclatent dans les administrations parisiennes : Poste, police ; le 18 août, c'est la grève générale. Le même jour, Rol-Tanguy fait afficher l'ordre de mobilisation générale des parisiens. Dès le lendemain, les barricades commencent à fleurir dans tous les arrondissements.
Le 20 août, l'état-major FFI est installé en sous-sol place Denfert-Rochereau (dans les catacombes) et la préfecture de police est prise. Le colonel Rol-Tanguy réalise dans les journées du 20 au 24 août, avec 100 000 hommes placés sous ses ordres, une manœuvre générale libérant les 9/10e de la capitale. Le 25 avec l'appui de la 2ème DB du général Leclerc, le colonel Rol reçoit et signe l'acte de reddition sans condition des forces allemandes du général Von Choltitz.
Il est ensuite affecté à la 1ère Armée Française du général de Lattre de Tassigny et participe aux combats du Rhin au Danube où il se fait remarquer par sa valeur. Après la capitulation de l'Allemagne, le 18 juin 1945, il est décoré de la Croix de la Libération par le Général Charles de Gaulle et devient militaire d'active.
En avril 1947, il est affecté au cabinet militaire du Ministre de la Défense Nationale. De 1948 à 1951, il est chef du 3ème bureau de l'État Major de la subdivision du Mans, puis part à la retraite en 1962.
De 1962 à 1987, il est membre du comité central du PCF.
Le 13 septembre 2002, ses obsèques sont présidés par Jacques Chirac aux Invalides.
Le 23 août 2004, une avenue Henri Rol-Tanguy est inaugurée à Paris XIVe arrondissement (près de la place Denfert-Rochereau).


